SE DONNA AU CHRIST
Les peuples ici-bas s'agitent ; Dieu les mène ; La puissance est à lui, qui la donne ou reprend ; Il élève, il abat toute grandeur humaine,
Comme il lui plaît : Dieu seul est grand.
Les Teutons menaçaient les Francs : sous leur étreinte Les Francs allaient fléchir ; quand vers le Roi des cieux Clovis, en qui la foi s'éveille avec la crainte, Tendit les bras, leva les yeux.
" O Dieu, toi qu'à genoux Clotilde adore et prie, Sauve-nous ; à mon tour, je proclame tes droits ; Je te donnerai tout, mes jours et ma patrie ; 3auve-nQUS, Jésu§ | çt je crçiQ,"
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Plus d'effroi ; les guerriera retrouvent leur courage; L'espérance renaît sur les fronts, dans les cœurs ; Les Francs, comme un torrent qui roule un jour d'orage, Ecrasent leurs sanglants vainqueurs.
Tes vœux, ô roi des Francs, le Christ les réalise ; Triomphe ! ... Et ta parole, ô roi, tu la tiendras ; Va, Clovis, courbe- toi sous le joug de l'Église ; L'évêque, à Reims, t'ouvre ses bras.
Quels sont ces étendards dans le temple ? . . . O mystère ' Près de l'autel du Christ se courbe un roi puissant ; Les guerriers ont suivi le prince au baptistère ; Après lui, le peuple y descend.
Rome, tressaille ! et vois quelle gloire est ia tienne • O reine, ô mère, étends ton royaume en tout lieu, Ayant teçu la foi de la France chrétienne. Qui devient le peuple de Dieu.
Elle est ta Fille aînée ; il faudra qu'autour d'elle On respecte sa Mère et protège ses droits . . . Peuple fier ! Son honneur sera d'être fidèle  Pierre, le premier des rois.
Regarde ses héros qui s'en vont d'âge en âge ; Le vainqueur du farouche Astolphe ouvre leurs rangs. Lui, gardien du Pontife et du saint apanage Que lui fit le glaive des Francs.
Il vient, il venge Rome ; et, deux fois, la victoire L'accompagne a a travers des Alpes. Et sa main Délivre l'Italie, et taille un territoire
Qu'il donne au monarque Romain.
Là-bas, autres exploits, autre lutte sublime : Les P'rancs ont combattu : que leur triomphe est beau ï Ils ont vengé le Christ dans les murs de Solyme, Et reconquis le gaiut Tomlje^u.
En un siècle de deuil, quand la France chancelle, Dieu, qu'elle a défendu, la relève et défend ; Dieu, pour elle, combat par Jeanne la Pucelle : Il la sauve, par une enfant.
Calvin brise le joug du Christ ; sa frénésie Veut étouffer les cœurs dans ses dogmes étroits ; La noblesse de France arrache à l'hérésie Le peuple et le trône des rois.
France, comme aux beaux jours de ton antique histoire, Viens, au berceau de Reims, renaître et rajeunir! . . . C'est l'heure, va, célèbre encore la victoire, Pour revivre un long avenir.
Mais prends garde ! En ton ciel des nuages funèbres Vont obscurcir l'éclat et l'honneur de ton front ; L'erreur pèse sur toi ; prends garde ! ou ses ténèbres Sur tant de gloires s'étendront.
Que le Christ soit toujours ton roi ! Que dans les âmes Il éteigne la haine aux criminels efforts ! Plus d'esclave enchainé dans les sectes infâmes ! Soyez unis ; vous serez forts.
La vie, elle est en toi ; qu'elle se renouvelle ! Les siècles ont passé, mais ton cœur est vivant. Courez, fils de la France, aux rives de la Vesle* Pour marcher ensemble en avant.
Aux échos d'Orient ton nom résonne, ô France; Va, sur ces bords lointains que ton pas ébranla, Avec la foi du Christ, porter la délivrance, Plante la croix, et défends-la.
Avec la foi du Christ, tout vit, grandit, prospère; Sans elle tout languit et meurt — Va ton chemin ; Toi qui fus, par le Christ, si grande, ô France espère ! Tu le seras encore demain.
* Cette rivière traverse Reims, qui fut poi«r la France le berceau de la foi,
La dévotion du Poète-Pontife à la sainte Vierge a commencé avec son enfance, sucée avec le lait de sa nourrice et par la tendre sollicitude de sa mère terrestre, et portée à la maturité par les bons prêtres à qui son éducation fut confiée. Sa lyre fut souvent montée pour chanter ses louanges, et il faut bien dire que ceux qui connaissent le mieux Léon XIII, savent qu'il dit lui-même que son heure dernière serait embellie et éclairée par la pensée d'être consolé par sa sympathie et son secours. C'est cette pensée et cette espérance qui a inspiré le poème suivant, intitulé Ex tréma Leo?iis Vota.
Ex tréma Leonis Vota Extremum radiât, pallenti involvitur umbra,
Jam jam sol moriens : nox subit atra. — Leo. Atra tibi : arescunt venae, nee vividus humor
Perfluit ; exhausto corpore vita perit.
Mors telum fatale jacit ; velamine amicta Funereo, gelidus contegit ossa lapis.
Ast anima aufugiens excussis libera vinclis, Continuo setherias ardet anhela plagas ; Hue celerat cursum ; longarum hsec meta viarum ;
Expleat oh clemens anxia vota Deus !
Oh cœlum attingam ! supremo munere detur
Divino seternum lumine et ore frui.
Teque, o Virgo, frui ; matrem te parvulus mfans
Dilexi, fiagrans in sene crevit amor.
Excipe me cœlo ; cœli de civibus unus
Auspice te, dicam, prœmia tan ta tuli.