‹ Vie de Léon XIIIChapitre 49 sur 148 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ÉDUCATION SUPÉRIEUUE. — PRETRISE.

Vincent Pecci se consacre au service de Dieu. — Il commence ses cours tie théologie et se prépare au sacerdoce sous la direction des jésuites. — Sa supériorité sur ses condisciples. — H entre au collège des Nobles. — Hautes éludes de droit canonique et de théologie. — L'université de la Sapience. — Saintes, amitiés de collège. — Joncliim Pecci mérite Ja bienveillance et l'afleclion des cardinaux Sala et Pacca. — Il est nommé prélat domestique et auditeur dans la congrégation de haute administration. — Il reçoit le sousdiaconat, le diaconat et la prêtrise.

L n'est point surprenant que Vincent Pecci, accoutumé dès ses plus tendres années à vénérer les humbles fils de François d'Assise, se soit senti un attrait invincible pour une vie d'abnégation et de sacrifice. La lecture de la vie du saint laite à un âge plus mûr, alors que le cœur est plus capable de goûter la suave poésie dont cette histoire abonde; la connaissance des travaux entrepris pour Dieu, en Italie et dans tout l'univers, par cette grande fasiiille de missionnaires et d'apôtres dont le séraphique disciple deJcsus-Christ est le père (1); tout devait pousser le fils d'Anna. Pecci à se vouer au service de Dieu seul-

Lorsque, dans ses premières années de Collège , Vincent eut devant les yeux les exemples de cette première génération de jésuites qui venaient reprendre les traditions de l'ordre rétabli par Pie VII; quand leurs vertus, plus encore que leur science,

(1) Saint François d'Assise, publié en 1885 par les soins des îiK. PP. Arsène et Louis-Antoine et do M. l'abbé Brin.

reurent rempli d'admiration à A'iterbe et à Rome; enfin à partir du moment où il eut le bonheur de contempler la douce et sainte figure de Pie VIT lui-même, entourée de l'auréole de la souffrance, Tattrait vers le service de Dieu grandit dans son cœur. La vue de Léon XII , successeur de Pie VII , parcourant , en 1823, les rues de Rome, les pieds nus, portant les insignes de la pénitence et de l'humiliation , n'eut pas moins d'influence sur lui; l'amour et la vénération qu'il conçut pour ce pontife vénérable l'entraînèrent sur les traces de tant d'âmes d'élite. La Providence ne l'appela pas à suivre son frère Joseph chez les jésuites; elle lui réservait dans les rangs du clergé séculier un vaste champ pour travailler et pour combattre.

En 1830, il fut inscrit sur les registres du Collège romain parmi les étudiants de théologie. La Société de Jésus, rétablie depuis seize ans, comptait dans son sein un grand nombre d'hommes éminents. Si elle mettait à la tête de ses classes, dans les facultés de lettres, de philosophie ou de science, des professeurs célèbres, ceux qui occupaient les chaires de théologie ou d'Ecriture sainte ne leur cédaient en rien. Les noms de Perrone et de Patrizzi suffisent pour dire quels maîtres eut alors Vincent Pecci.

Pie VIII, qui ne fit, pour ainsi dire, qu'apparaître sur le trône pontifical laissé vide par la mort de Léon XII, était un des hommes les plus cultivés de l'Europe; Grégoire XVI, qui lui succéda au mois de janvier 1831 , était un savant qui excitait l'élonnement et l'admiration du cardinal Wiseman. C'était vraiment, au delà comme en deçà des Alpes, une époque de renaissance qui succédait à la période révolutionnaire. Un noble esprit d'émulation anima les grands ordres religieux sous le pontificat des papes dont nous venons de parler. L'étude des sciences sacrées et profanes avait toujours été en honneur dans les belles familles monastiques alors même que la patrie et l'Eglise étaient sous la domination d'une puissance étrangère. Aussi, quand la liberté religieuse futrendue à l'Italie, une foule d'hommes d'un rare mérite sortirent de ces ordres pour occuper les chaires de toutes les facultés de Rome- Léon XIF, à peine monté sur le trôrie de saint Pierre , se hâta de réorganiser l'enseignement secondaire et l'etiseignemenl

Page 1