DÉLÉGATION A BÉNÉVENT
W Pecci gouverneur de province à vingt-sept aus. — Difficulté de sa situation
— MS"- Pecci gravement malade. — Le peuple tout entier prie pour sa guérison.
— Administration énergique et intelligente. — M^' Pecci se montre homme dTitat. — Il cstrapcléàRome.
OUÏE la vie de M^"" Pecci est désormais consacrée au service du saint-siège. Son inclination le portait à rester à Rome et à s'occuper des matières purement ecclésiastiques. Le cardinal Sala, qui connaissait bien les désirs et les capacités de son protégé, l'avait fait agréger aux congrégations de la Propagande, des évéques et réguliers et du concile. De plus, le cardinal Lambruschini, qui n'avait pas une moindre estime du jeune prélat, le fit nommer membre consulteur d'une autre congrégation importante, le mettant sous la direction particulière des doctes prélats, depuis cardinaux, Frezza et Brunelli'(l).
Il dut donner à ses protecteurs, si intéressés au développement de son intelligence, des motifs tout spéciaux de satisfaction, car Grégoire XVI, qui connaissait l'art de gouverner et savait choisir ses hommes, le nomma, au mois de février 1838, délégué ou gouverneur civil de la province de Bénévent et lui ordonna de se rendre à son poste sans délai.
M^'' Pecci assumait bien jeune encore la terriîile responsabilité de commander aux hommes et d'administrer toute
(n Mss.
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une province. Il n'avait pas encore achevé sa vingt-huitième année.
La petite principauté de Bénévent était devenue la possession des papes grâce à la générosité de ses anciens propriétaires. Elle était enclavée dans le royaume de Naples, à peu dé distance de la capitale. Cette situation, durant le règne de Grégoire XVI, était en partie cause des graves désordres que les délégués précédents n'avaient pu réprimer.
Les criminels échappés à la justice et les conspirateurs politiques trouvaient dans la province de Bénévent un refuge facile contre les poursuites de la police napolitaine. Les contrebandiers fourmillaient aux frontières. Ce qui aggravait et compliquait la confitsion et le désarroi, c'était l'état de choses dont le gouvernement pontifical avait hérité de l'occupation française et du règne de Murât.
Talleyrand (I), qui avait été le mauvais génie del>^apo]éon P'', avait, s'il faut en croire Crélineau-Joly (â),- conseillé à l'empereur de s'emparer des États du pape. C'était une misérable vengeance et un funeste conseil. Quoi qu'il en soit, Talleyrand fut nommé prince de Bénévent, et il eut pour un temps cette petite province en partage.
Tout le monde connaît la guerre incessante que les Français eurent à soutenir dans toute l'Italie méridionale contre le brigandage et le carbonarisme. Les efforts que le gouvernement de Napoléon et celui de Murât avaient faits pour étouffer la révolte étaient restés sans résultat, semblables à des travaux qu'on aurait entrepris pour éteindre les feux du Vésuve ou de l'Etna.
Le brigandage, pendant l'occupation française, et le carbonarisme, au commencement de ce siècle, avaient pour fin principale de résister à la domination étrangère et de protéger contre elle les gens des campagnes.
Quand l'invasion française se fut retirée de la péninsule, les brigands et les carbonari continuèrent à régner en maîtres sur les Deux-Siciles. Depuis le retour de Pie VII de Fontainebleau, ces deux associations semblèrent s'établir et se retrancher de
(1) Histoire du Consulat et del'Eininre,\}^v M. Thiers.
(2) L'Église romaine en face de la révolution.
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préférence dans laprovinée de Bénévent. Elles s'allièrent bientôt avec les contrebandiers et donnèrent volontiers asile aux Criminels fugitifs et aux conspirateurs.
Ainsi en 1838, quand Me"- Pecci fut nommé gouverneur de Bénévent, le territoire de la province était un nid de brigands, de contrebandiers, de criminels et de conspirateurs politiques. L'inviolabilité dont jouissait le sol de la principauté, et dont tant d'hommes dangereux et remuants abusaient, avait donné lieu à de sérieux débats entre les cabinets de Rome et de Naples. Plus d'une famille noble faisait du château de ses ancêtres une espèce de forteresse où, au mépris de toutes les lois, elle défiait les autorités publiques et jouissait d'une parfaite sécurité.
Les habitants paisibles et amis de l'ordre étaient terrifiés pxir ces hardis malfaiteurs, qui prélevaient trop souvent sur eux une taxe assez lourde, sous prétexte de les garantir contre des outrages plus atroces.
Tels étaient le {lays et la population que M^' Pecci futappclé à gouverner.
Il dutquitterRome pendant qu'il goûtait encore les premières douceurs de son sacerdoce et savourait ces délices spirituelles qu'on se rappelle plus tard dans la vie, comme le voyageur du Sahara, au milieu dessables, sesouvient des matinées du printemps, des riantes prairies et des ruisseaux limpides du pays natal.
Soit qUe le jeune gouverneur eût emporté avec lui de Rome les germes d'une fièvre typhoïde très maligne , soit qu'il l'eût contractée dans le trajet de Rome à Naples, il tomba gravement, malade peu dejours après son arrivée.
Sa réputation semblait l'avoir précédé à Bénévent. Peut-être pendant les ravages du choléra, peu de mois auparavant, avait-on entendu nommer avec éloges le jeune prélat qui avait rendue la ville éternelle des services signalés. Sans nul doute, les principaux personnages de la province avaient dû s'informer des antécédents et du mérite du gouverneur envoyé parmi eux en des circonstances exceptionnelles.
Le peuple, qui a l'œil si exercé et l'oreille si fine quand il s'agit d'observer la personne et d'apprendre l'histoire de ceux
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qui viennent exercer l'autorité sur lui, fut agréablement frappé en voyant entrer à Bénévent ce jeune prêtre, grand, pâle et maigre, à l'air noble et modeste. Le plus, M^"" Pecci avait dès lors acquis le don de bien dire et de charmer par des paroles, gracieuses et bien appropriées à la circonstance. Le voir, et l'entendre, c'était se sentir attiré vers une nature noble, droite et accomplie.
Les Bénéventains, qui espéraient beaucoup d'un prélat si distingué, furent douloureusement surpris, consternés même, d'entendre dire, trois jours après son arrivée, qu'il était gravement malade, au point que l'on dut faire venir de Naples le docteur Benoît Vulpès, directeur général des hôpitaux de cette ville.
La science la plus sûre pouvait bien peu de chose contre la fièvre. Le mal eut trop de prise sur un corps affaibli, épuisé par de longues études, et peut-être par des austérités que les saints prêtres exercent souvent sur eux-mêmes. Aussi les ravages de la maladie furent-ils rapides et effrayants.
On ordonna des prières dans toutes les églises; le peuple ne s'en contenta pas. Le péril avait rendu le jeune délégué plus cher encore à ces cœurs méridionaux, si francs et si expressifs dans leurs affections. On fit une procession solennelle au sanctuaire vénéré de Notre-Dame des Grâces, dans 'les environs de la ville.
Il y avait aussi à Bénévent un collège de jésuites. Le recteur, le père Tessandari, homme vénéré à cause de sa sainte vie, était accouru au bruit du premier danger.
Les jésuites étaient fiers de leur brillant élève d'autrefois; et, du reste, ils avaient son frère Josepli enrôlé dans leur milice.
Le père Tessandari avait une très grande dévotion û saint François de Géronimo, l'un de ces hommes apostoliques que Dieu suscita en Italie dans les deux derniers siècles afin de pré munir la foi des peuples contre les épreuves dont nous avons parlé. Il appliqua au malade une relique du bienheureux, et il la laissa sur sa poitrine pendant qu'il implorait sa guérison par de ferventes prières. Le saint fit-il un miracle? C'est le secret de Dieu. Toujours est-il certain que le malade fut sauvé.
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La sagacité du docteur Vulpès, de son côté, contribua sans doute à la complète guérison (1). Ainsi s'exprime notre Mamiscrit , et il faut en respecter la réserve.
Nous ne pouvons passer sous silence le vif intérêt que prit Grégoire XVI aux phases de la maladie et de la convalescence. H donna ordreau cardinal Gamberini, secrétaire de l'intérieur, de le tenir chaque jour au courant de l'état du malade.
l-k'. lu. — Grégoire XVI. Médaillon de Saint-Paul hors les murs.
Cette guérison inattendue combla de joie non seulement le souverain pontife, mais tout le peuple de Bénévent. AussitcH tfue le délégué fut rétabli, il voulut réparer le temps perdu, en étudiant à fond l'état de la province et les besoins des populations confiées à sa sollicitude.
Son premier acte public fut de bénir solennellement au nom du cardinal Bussi, archevêque de Bénévent, la première pierre d'une nouvelle église dédiée à Noire-Dame des Grâces. Cet
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édifice fut conslruil à l'occasion d'un vœu solennel fait par les Bénéventains pendant que le choléra ravageait Naples et ses alentours. Bénévent et son territoire en furent préservés; faveur singulière qui fut attribuée à leur patronne.
M^'' Peçci fut doublement heureux de présider celte pieuse cérémonie; il pouvait ain>«;i remercier de sa guérison celle qu'il aima toujours de l'amour le plus filial, et témoigner au peuple combien il était reconnaissant des prières qu'on avait offertes pour lui dans l'ancien sanctuaire de la Vierge.
C'était aussi une occasion favorable pour lui de rencontrer ensemble, comme face à face, les masses populaires dont il avait les intérêts à cœur, et les'personnes des hautes classes contre lesquelles il allait avoir à lutter, afin de rétablir le règne de l'ordre et de la justice.
Les brigands et leurs protecteurs s'étaient d'abord imaginé, en voyant arriver parmi eux ce jeune prélat qui avait pâli sur les livres-, qu'ils en auraient facilement raison. Sa première apparition en public, sa- faiblesse corporelle et sa maladie récente les affermirent dans leur espoir. Ils ne pensaient pas que la victoire pût leur échapper. Cette; illusion ne fut pas de longue durée.
Le délégué s était fait rendre un compte exact des localités infestées par les criminels, du centre d'opération des contrebandiers, des familles où se cachaient les étrangers qui voulaient se soustraire à la recherche de la justice. El, quand il eut bien afrêté tous ses plans, il les fit exécuter avec un ensemble et une vigueur qui déjouèrent tous les calculs. Un nommé Pascal CoUetla avait pour retraite et forteresse la villa Mascambruni, d'où, à la tête de quatorze brigands habitués à tous les crimes, il faisait de fréquentes excursions dans le pays. Tout le monde le redoutait.
M^"' Pecci fit cerner la villa à l'improviste par la gendarmerie pontificale. Pas un des malfaiteurs ne lui échappa. Le lendemain, Pascal Colletla et ses complices furent conduits chargés de fers à travers les rues, et jetés en prison. Ils ne troublèrent plus le repos du pays ni le sommeil des gens de bien. Ainsi furent délogées successivement de leurs repaires toutes les bandes de brigands qui avaient été si longtemps la terreur
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du pays et avaient fait le désespoir des gouverneurs. Les contrebandiers furent traités avec la même rigueur.
Le délégué se montrait d'une grande sévérité envers tous ceux qui s'étaient souillés de crimes, qui avaient été le fléau dés pauvres, des innocents et des gens paisibles. Il donnait cependant l'attention la plus scrupuleuse et la plus infatigable à l'examen' de tous' le^ témoignages apportés en faveur des accusés; mais, sa décision une fois prise, il était inflexible.- Il fallait que l'ordre fût rétabli, que la sécurité publique ne fût plus troublée par les complots, que le plus pauvre pût se sentir à l'abri de toute vexation et de toute violence, enfin, que la province entière respirât en pleine liberté
Les coupables d'un rang supérieur, ou élevés par l'éducation au-dessus du niveau commun, avaient plus à redouter sa sévérité que les ignorants ou les hommes séduits par l'ascendant du mauvais exemple Aucune intervention de parents ou d'amis puissants et riches ne pouvait soustraire aux coups de la justice ces tyrans de village, qui se conduisaient comme si les lois n'étaient point faites pour eux
Les agitateurs et les criminels des États napolitains surent bientôt que la province de Bénévent ne leur servirait plus d'asile. Aussi se hâtaient-ils de repasser la frontière plutôt que de Courir le risque d'être expulsés de vive force ou livres à la justice qui les réclamait Bénévent cessa par là même d'être un foyer d'agitation et de conspiration politique. Le roi Ferdinand fut très satisfait et fit exprimer son contentement à M^"" Pecci par son ministre , le marquis de Carelto.
Un opuscule publié en 1878 raconte en substance les faits que nous allons rapporter, et auxquels nous pouvons ajouter des détails authentiques (1).
Un jour, pendant que les citoyens de Bénévent et le peuple de la province étaient en émoi à cause du succès qu'obtenaient fiés mesures de répression, RF"" Pecci vit entrer chez lui un noble de haute lignée qui s'était fait le protecteur des criminels et avait bénéficié de leurs méfaits. Celui-ci se plaignit amèrement de ce que les gendarmes pontificaux n'avaient,
(I) Quifst Lion XUI, et quelle sera sa poliliqîie ? New-York, ^8"8
dans leurs perquisitions, ni respecté son écusson ni considéré son château comme un lieu inviolable. Le délégué essaya de lui montrer que la loi est faite pour tout le monde et que les personnes de la classe élevée doivent donner le bon exemple à leurs inférieurs, en observant avec scrupule les ordonnances du pape.
L'arrogant visiteur ne voulait pas entendre les choses de cette façon* II s'oublia au point, de dire qu'il partirait à l'heure même pour Rome et qu'il n en reviendrait pas sans un ordre du souverain pontife relevant M^'' Pecci de ses fonctions de gouverneur. « Vous pourrez partir quand il vous plaira, Monsieur le marquis, lui répondit le délégué avec dignité; mais je vous préviens qu'en arrivant à Rome vous passerez par le château Saint-Ange, avant de vous rendre au Vatican. » M. le marquis comprit, ne partit pas, et finit par se soumettre.
Afin d'opposer une barrière efficace à la contrebande qui s'élait si longtemps pratiquée, le délégué organisa sur les frontières, de distance en distance^ des postes de douane, et les établit à la portée des garnisons pontificales; il plaça ce réseau sous l'autorité d'un officier, nommé Sterbini, qui l'avait déjà secondé dans son œuvre de pacification et de restauration générale.
Son plan n'était pas seulement de supprimer le crime et d'expulser les auteurs du désordre, il déploya beaucoup d'énergie pour développer les ressources agricoles et industrielles de la province. Il fallait des routes larges, commodes, praticables,pourfaciliterla communication avecCampo-Basso, Molise, Terra di Lavoro et Avellino. Ces voies nouvelles ouvriraient aux Bénéventains les marchés de Naples, et attireraient sur les marchés de la province les agriculteurs des campagnes napolitaines.
M^"" Pecci se rendit à Rome sans perdre un instant, et il exposa au souverain pontife et à ses ministres les détails de son projet. Grégoire XVI lui donna son entière approbation et lui permit d'exécuter sans délai ce qu'il avait conçu pour Je bien du peuple. Les routes furent faites et donnèrent de nouveaux débouchés au commerce local et un nouvel essor à l'industrie.
Saint Joachim, patron de Léon XIII, d'après Albert Oiii
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Le délégué fît plus. Le peuple était écrasé par les impôts et les taxes, depuis l'invasion étrangère. Aux taxes et aux impôts s'étaient ajoutées les exactions militaires. Lorsque le gouvernement pontifical fut rétabli , la patience du peuple était à bout et les ressources du pays à peu près épuisées. Le trésor du pape, au lieu de se trouver garni, était grevé par la dette que l'occupation française lui avait léguée en héritage. Toute la bonne volonté de la cour romaine ne pouvait remédier, sinon bien lentement, à ces maux invétérés.
j^jçr Pf.pci obtint du grand cœur de Grégoire XVI pleins poirvoirs pour abolir le système d'impôts, et par là, plus encore que par l'ouverture des voiies de communication avec le royaume de Naples, il donna une nouvelle impulsion à l'agriculture et à l'industrie.
En un mot, tout prospéra sous l'administration du jeune délégué qui, dévoué avant tout à Dieu et à son devoir, ne se distinguait pas moins par le cœur que par l'intelligence, quand il s'agissait d'accomplir une œuvre de zèle.
Il avait saisi la situation de la belle province soumise à son autorité, il avait compris les nécessités matérielles et morales de ses habitants, et il ne s'était pas donné de repos avant d'avoir porté au mal un remède efficace.
Dans les campagnes et dans les hameaux les plus isolés, comme dans les villes, chacun put vaquer à ses occupations sans craindre les attaques des brigands pendant le jour, ou leurs surprises durant la nuit. La loi protégeait également les petits et les grands. L'ordre, la tranquillité, le travail çt la prospérité régnaient partout. C'était une véritable transfornialion.
Sur ces entrefaites, le roi de Naples avait commencé avec la cour de Rome de sérieuses négociations qui avaient, pour but la cession de la principauté de Bénévent en retour de territoires plus spacieux et plus voisins des Etats romains.
Le cardinal Lambruschini consulta M""" Pecci et lui demanda son avis sur un tel échange. Ce dernier s'y opposa de toute son énergie et fit valoir, dans un rapport détaillé, les sérieuses considérations qui motivaient son sentiment. Elles se fondaient sur de graves raisons politiques et religieuses.
DDLEGATIÙN A BENEVENT.
M''' Pecci insista .spécialement sur les motifs de l'ordre moral. Le siège métropolitain de Bénévent, disait-il, n'avait pas moins de quatorze sufîragants, et devait rester sous la dépendance immédiate du saint-siège (1). En effet, les intérêts spirituels du peuple étaient incomparablement mieux protégés sous le gouvernement paternel des papes qu'ils ne pouvaient l'être sous une puissance séculière. De pitis, les réformes administratives si heureusement opérées par le délégué luimême ne laissaient aux Bénéventains rien à désirer sous le rapport matériel et politique.
Les raisons de M""" Pecci prévalurent à Rome, et les négociations furent abandonnées. Ce service fut le dernier que le prélat rendit au peuple dont il était chargé. Le gouvernement de la principauté était désormais une tâche facife pour quiconque en serait charge. Tout délégué plus désireux d'être le représentant d'un souverain paternel que jaloux de sa propre autorité serait le bienvenu à Bénévent.
Grégoire XVI, voyant l'opinion qu'il s'était formée sur le jeune prélat de vingt-huit ans justifiée par les faits, allait trouvera ses talents un champ plus vaste et plus difficile.
M^"' Pecci fut subitement rappelé à Rome. 11 laissait après lui des regrets profonds et universels, et un nom que les Bénéventains n'ont cessé de bénir
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