‹ Vie de Léon XIIIChapitre 53 sur 148 · ilili · texte numérisé non relu

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le» maux réels de chaque province cl y porter plus proniplcment et plus sûrement remède. Dans un mois, il devait arriver à Pérouse.

Celte ville, par sa situation élevée au-dessus de la plaine, ressemblait assez, en 18^41, à la ville française de Laon. Des routes, qui montaient en ligne droite, conduisaient au pied de ses murs. M^"" Pecci vit au premier coup d'œil ce qu'il y avait à faire. Aussitôt il mit ingénieurs et ouvriers à l'œuvre, et en vingt jours un nouveau chemin, large et commode, rendait l'accès de la ville facile à tous les voyageurs. Le peuple fut très satisfait et comprit dès lors ce que le nouveau délégué allait entreprendre non seulement pour la capitale, mais pour la province entière.

Le prélat, sachant la prochaine arrivée du souverain pontife, disposa tout pour lui faire une magnifique réception. Il avait reconnu déjà les réformes les plus importantes qu'il fallait soumettre au saint-père; mais avant tout il voulait gagner ses bonnes grcâces en lui faisant un accueil en rap[)ort avec sa dignité.

Grégoire XVI entra dans la capitale de l'Ombrie par la nouvelle route qui, à partir de ce jour, porta son nom. La ville était en fêle. Le délégué avait su communiquer son ardeur aux habitants. Pendant le séjour qu'il fit dans celle cité pour laquelle il avait une prédilection toute particulière, le souverain pontife goûta les douces émotions que causait à son âme la touchante vénération d'un peuple fidèle. Il admira les magniliques spectacles que Ion découvre à chaque pas dani l'enceinlede la vieille cité.

Avant de quitter Pérouse, le pape ne put contenir l'expression de sa vive satisfaction. ^' Monseigneur, dit-il au délégué, au cours de mon voyage dans les provinces, j'ai été quelquefois reçu en moine; en certaines villes, on m'a fait l'accueil cérémonieux dû à un cardinal; à Ancône et à Pérouse, j'ai été vraiment reçu en souverain (1). » Aï^' Pecci accompagna Sa Sainteté jusqu'à Citlà délia Pieve, où le pape se reposa trois

(1) Mss. Cl Ncl mio viaggio in alcuni luoghi sono stalo ricevuto da frate; in niolti altii convenicntcmentc, ma da cardinale; ia Ancona e Perugia vcranicnto Oa sovTono. »

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jours. Là le souvernin pontife remit au délégué de Pérouse un grand nombre de présents et de décorations pour les citoyens les plus méritants de l'Ombrie; puis il ajouta : « Sous peu, Monseigneur, quand je serai de retour à Rome, je me souviendrai aussi de vous (l). »

Le délégué se trouva libre, après le départ du sainl-père, de s'occuper avec activité des affaires de son gouvernemenL 11 donna d'abord ses suins à la capitale. 11 voulut ensuite visiler en personne toutes les villes, toutes les communes de rOmbrie, examinant avec attention les actes des administralions locales, se rendant compte' des griefs et des besoins du peuple, instituant partout les réformes nécessaires pour la prospérité du pays. Aussi fut-il accueilli de tous avec joie; on avait une haute idée de son intelligence pratique, de son amour éclairé de la justice et de l'ordre; on savait qu'il obtiendrait des autorités supérieures toutes les améliorations qui procureraient le bien-être général.

M^'^ Pecci renouvela dans l'Ombrie ce qu'il avait fait à Bénévent : il ôta tout prétexte à la rébellion et aux menées séditieuses, en accordant satisfaction aux justes demandes des ]topulations, sans paraître toutefois céder à la pression des demagogues ou des agitateurs. 11 régla l'administration de la justice et mit fin aux interminables délais des magistrats, en réunissant >dans un même édifice toutes les cours de la capitale. Celte mesure lui permettait de suivre plus facilement la marche des affaires contentieuses. Le zèle qu'il apporta dans toutes ces réformes était à la fois si ferme et si plein de tact, que tout lui réussit; et un jour vint où les prisons de Pérouse ne renfermaient plus un seul criminel.

Non content de prendre les moyens convenables pour développer l'industrie dans les villes, M^"" Pecci donna tous ses soins à l'établissement d'une caisse d'épargne à Pérouse, fournissant lui-même une partie des capitaux nécessaires. Il montrait ainsi combien il, s'intéressait au sort de l'artisan et du simple ouvrier.

L'éducation publique ne pouvait manquer d'attirer l'atten-

fl) Ibidem. « Fra brève, Monsiguore, lonialo che saio in Roma, penscro anche a voi. »

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lion d'un homme aussi cultivé et aussi convaincu delà nécessité d'une instruction solide et profondément chrétienne pour la pr-ûspérité d'un pays. Le collège Rosi, de Spello, réclamait, des réformes. Le délégué en fut nommé visiteur par le souverain pontife. 11 s'y rendit aussitôt^ examina tout, s'informa des ressources et des besoins de l'établissement et ne quitta la ville qu'après avoir relevé les études, rétabli la discipline et remis en bon état les finances de la maison. Ces changements ramenèrent la confiance publique, et les familles de l'Ombrie et des Marches s'empressèrent d'envoyer leurs fils au collège de Spello.

Les auti-es maisons d'éducation delà province reçurent, sans aucun doute, des marques d'intérêt de la part de M=' Pecci; car il n'avait rien plus à cœur que cet apostolat de l'instruction. Mais au moment oiî il projetait d'autres mesures pour le bonheur de lOmbrie, le souverain pontife le fit rentrer à Rome.

Ainsi Grégoire XYI tenait la promesse faite à Citta délia Pieve; il se souvenait du jeune délégué de Pérouse. Voyons maintenant pourquoi il le rappelait près de lui.

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