M^B PECCI A LO.NDHES, A PARIS ET A ROME. ÎOJ
étaient accourus dans la capitale de l'Ombrie pour voir et saluer le pasteur bien-aimé que le clergé et le peuple s'étaient choisi, et qui devait être pour eux un nouvel Anibroise, les éclairant par ses écrits, les guidant par ses exemples et les défendant contre des ennemis cruels comme les Romains idolâtres, insidieux comme les héritiers de Théodosc.
La cathédrale gothique de Saint-Laurent, défigurée par les novateurs du seizième et du dix-septième siècle, était parée de ses plus beaux ornements pour recevoir un évèque qui avait juré éternelle fidélité à l'antique église de Saint-Hcrculan (1) et devait rester à jamais dévoué à ses plus chers intérêts. Le vaste édifice ne put contenir la foule immense dont les flots inondaient les rues et les places de la vieille cité, que le moyen âge sut rendre si belle et remplir de tant de chefs-d'œuvre.
Le chapitre, le clergé de la ville cl des campagnes, les autorités de la province et le conseil municipal, tous les corps du diocèse lui ofTrirent des adresses de felicitation. Le soir, la ville entière était illuminée, et, dans les bourgs et les hameaux des campagnes voisines, on apercevait des feux de joie allumés en l'honneur de celui qui venait au nom du Seigneur.
Mais un spectacle était plus cher au cœur du nouvel évêque que les adresses de felicitation, les parures magnifiques de la cathédrale, les décorations de la ville, les illuminations et la musique qui charmaient la foule des visiteurs; c'était l'altitude de ce peuple italien que la révolution, respecte si peu et que la religion, dans son amour maternel, s'est elTorcée d'instruire et de civiliser. M^^ Pecci savait que ce peuple l'aimait. Sa présence seule, avant même que sa parole frappât les oreilles, mettait la joie dans les cœurs et répandait sur tous les visages un éclat de lumière semblable au rayon de soleil qui, après l'orage, inonde la campagne.
Oui, ces populations dé rOmbrie aimaient leur jeune pasteur. Celui-ci, de son côté, allait leur montrer comment un évêque
(I) Saini Hcrculanus, disciple de saint Pierre, fut envoyé par lui dans rOmbrie Il y fonda l'Église de Pcrouse.
du dix-neuvième siècle, successeur de saint Constant, sait aimer son peuple et le diriger dans les voies du salut (1).
Slrophcs saphiques en riioniieur de saint Constant, prédécesseur de M?' Pccci sur le siège de Pérousc :
Divc, Postorem tua in ur"be quondam Infula cinctum, socium etlaborum, Queni piusfutiim per iter supeina
Luce regcbas.
Nunc Petri cyuihani tumiduin per rcquor Ducerc, et pugnai per acuta ccrnis Spe bona certaque levarc in alios
Luminn monies, Possit o tandem, domilis proccllis, Visere oplatas Leo victor oras; Occupet tandem vaga cyniba portum Sospitc cursu.
Cf. CarminaLconis XIII. P. M
Dieu donnant les dix commandements. Miniature d'un ms. du XIV« siècle.