LC BIENFAITEUR DE PÉROUSE ET DE LOMBRIE
rempereur Napoléon III et de son armée, au printe.nps de 1859 produ.sU dans les Etats du pape une commotion qJi ressemblait dans 1 ordre moral, aux terribles secousses, signes
avant-coureurs de ces révolutionsqm abaissent les cominenî et soulèvent du fond de TOcéan des terres nouvelles Le.
esprits turent , frappés de vertige.
Alors le caMinal Pecci c< eut occasion de donner de nouvelles preuves de sa paternelle et patriotique charité pour son
roupeau. Il se servit des arguments les plus persuasifs pour < .s^uader de leurs projets funestes ceux qui, dans TOmbrie dirigeaient 1 insurrection. Ce fut en vain Le conflit du 20 juin
859 qu on devait appeler le « massacre de Pérouse .., se produisit maigre les efforts de son zèle. La voix de l'évêque ne
fut pas écoutée ; les chefs du mou vement séditieux clans la Jill,: elaient pousses. par des conspirateurs plus haut placés. Mtnste de son- impuissance à prévenir l'effusion du sang qui s ensuivit M- Pecci s'employa à secouri. les malheureuses lotîmes. Plus tard, il intercéda auprès du souverain pontifV tn^ faveur de ceux qui s'étaient compromis, et obtint leur grace, ainsi qu une indemnité pour toutes les personnes dont les propriétés avaient souffert dans ce triste combat ([) ..
Les événements de 18G0 sont trop connus pour qu'il .oit nécessaire de s'y arrêter longtemps. Après la chute d'Ancûn. et la capitulation des débris de la petite armée pontificale dans les Marches et à Spolète, le général Fanti apparut dans Ombr.e. avec un corps de l'armée piémontaise, et se montra tout a coup sous les murs de Pérouse La ville était gardée
nVta r\,.r''' -M '"''"'1 '" '''''' ^"^ '''''^'^^'^ ^^-^-e trop pet.t nombre pour garnir les murailles, qui, du reste n auraient pu résister à l'artillerie moderne. Les Piémont i^
cl." ::;;''""' "^T'^^' ^^^^^"^ ^^^-^ -"^-^^ -^'•-i-
ans cette guerre deplorable, ils n'eurent aucun égard pour le. lois qui règlent les conflits entre les nations chrétiennes ou même simplement civilisées Des Italiens, marchant sous le drjipeau d un ro. se disant catholique, entraient sur les do
()).i;ss.
maines de la papa^ulé et traitaient les habitants, surtout .l^es ministres de la religion, comme si une soumission de dix siècles au pouvoir du père commun des fidèles et une constante vénération pour sa personne eussent été des crimes. Tous ceux quiétaient seulement soupçonnés de demeurer attachés à leurs principes et à leurs convictions furent poursuivis comme les ennemis du genre humain.
Voici ce que dit notre illainiscrit sur l'entrée à Pérouse : « La garnison suisse fut attaquée àl'improviste et de grand matin : après avoir repoussé plusieurs fois les assaillants, elle fut écrasée par la supériorité du nombre et se réfugia dans la citadelle Pauline. Alors on négocia. Mais, pendant les pourparlers, les Piémontais, brisant les portes à coups de hache, entrèrent de vive force dans le palais episcopal, la résidence du chapitre et le séminaire, sous prétexte que les soldats pontificaux y étaient cachés. Le gros de leur armée, avec une artillerie formidable dressée à la porte même de la cathédrale, se préparait à bombarder la citadelle et à lui livrer assaut. Si les assiégés répondaient à ce feu, c'en était fait de la ville ; elle allait être remplie de morts et de décombres.
« Alors le «ardinal-évèque et le gonfalonier demandèrent une entrevue au général Fanli, qui commandait en chef et était, en même temps, ministre de la guerre. Ils voulaient le détourner du funeste dessein de bombarder le fort. La sollicitude pastorale du cardinal Pecci éprouva un dur refus, car on commença aussitôt le bombardement avec une grande furie, et l'assaut qui suivit ne fut pas moins violent.
« L'intervention de l'évêque réussit néanmoins à préserver les citoyens des mauvais traitements. Elle empêcha aussi une plus grande effusion de sang, et contribua à obtenir pour la garnison des conditions de capitulation plus favorables.
« Quelque pénibles qu'eussent été les impressions produites sur l'âme du cardinal par les scènes sanglantes du 14 septembre, il eut le lendemain une cause de douleur plus vive encoi^e dans la mort imméritée de don Baltassar Santi, un des curés de la ville. Cet excellent prêtre fut accusé bien faussement d'avoir porté les armes dans la défense de la ville. Pendant la
LE BIENFAITEUR DE PÉP.OUSE ET DE' l/OMIîlUE- lo5
nuit, on le fit comparaître devant un conseil de guerre, et il fut condamné cà être fusille le lendemain.
<( Le cardinal Pecci apprit celte nouvelle le 13 septembre, de grand matin, et s'empressa de solliciter une audience du général de Sonnaz, commandant de la place. Il le supplia de surseoir à l'exécution de celte sentence précipitée, et de prendre sur l'inculpé de plus sérieuses informations; car le bon prêtre avait en sa faveur une grande réputation de vertu et plusieurs autres présomptions d'innocence.
« Mais le cardinal eut le cbagrin, cette fois encore, de voir sa médiation durement repoussée et tous les efforts de sa charité épiscopale demeurer impuissants...
« De ce jour data pour lui une longue série d'épreuves amère^s et de vexations résultant de rétablisseiHent d'un nouveau pouvoir dictatorial qui gouvernait TOmbrie, transformait ou renversait toutes les institutions ecclésiastiques (1). »
La lutte que M^"" Pecci avait depuis si longtemps prévue et ù laquelle il avait préparé avec tant de sollicitude son clergé et son peuple, commençait donc, mais plus terrible et plus sanglante qu'il ne l'avait pressentie et annoncée.
Toutefois, avant de décrire dans les chapitres suivants les péripéties de cette lutte , il sera utile de suivre notre Manuscrit dans la rapide enumeration qu'il fait des principales œuvres que le bon et courageux pasteur entreprit sous la domination même de l'impiété.
A peine les troupes piémontaises se furent-elles emparées de l'Ombrie, que Pérouse se vit inondée par les exilés politiques qui. avaient trouvé asile dans le royaume de Sardaigne. Après avoir longtemps vécu dans la pauvreté, ils avaient hâte de se partager les dépouilles du gouvernement pontifical et de ses adhérents , de l'Église et des prêtres, qu'ils regardaient surtout comme les ennemis irréconciliables de leurs projets sur l'Italie.
« Ces patriotes, martyrs de la cause commune, étaient soutenus aux dépens du trésor, c'est-à-dire des provinces et de leurs populations, à mesure que celles-ci tombaient au pou-
voir de la révoluUon. Ceux qui étaient natifs de l'Ombrie avaient plus d'un compte à régîer avec leurs compatriotes, spécialement avec le clergé... Le nombre de ces exilés était encore augmente par les anciens compagnons de Garibaldi et de ses lieutenants, qui avaient suivi l'armée piémontaiseet se permettaient de tout prendre et de tout faire, sans demander permission à personne.
« On peut imaginer combien le concours à Perouse de ces éléments mauvais devait tendre à renverser l'ordre public, à pervertir les mœurs, à détruire tout sentiment de respect pour la religion et ses ministres,
« Tout à coup on promulgua lès lois subversives qui avaient été décrétées en Piémont; et, le' 31 octobre 1860, parut un décret du commissaire royal imposant à toute l'Ombrie l'institution du mariage civil avec des dispositions pénales dirigées contre le clergé paroissial et une injonction formelle aux curés de donner aux autorités civiles tous les registres de baptêmes, de mariages et de décès.
« Alors on combla de faveurs les prêtres mal famés et apostats qui revenaient, eux aussi, de l'exil, et les bons prêtres, au contraire, qui avaient toujours été fidèles à leurs devoirs, se virent efi butte aux soupçons et aux menaces et furent assujettis à la surveillance de la police. Ils furent victimes de calomnies et de dénonciations malicieuses ; oii les accusa devant les tribunaux, on les emprisonna, on les interna dans les villes eli les villages, ou bien même on les chassa de l'Italie.
« Le cardinal-évêque, de Pérouse ne pouvait échapper .a celle nouvelle espèce de persécution. En 1862, on lui intenta un procès, l'accusant de combattre les institutions nationales, parce qu'il avait réprim;andé certains prêtres qui avaient signé une adresse au fameux père Passaglia. Il fut acquitté cependant; et, alors, il déploj^a un nouveau zèle pour défendre les intérêts de la religion el donner à son clergé une direction sage et ferme au milieu des circonstances périlleuses où il se trouvait.
« Une longue série d'actes épiscopaux et de remontrances adressées aux fonctionnaires du nouveau gouvernement, de 1860 à 1878, atteste la vérité de lout ce que ijous venons de
Tt
iz
fD/
aq