IT
Tl
-fec#-
ïoS LtrON XlII.
dire. Plusieurs de Ces actes sont imprimés, et un bon nombre portent les signatures de tous les cvèques de l'Ombrie (1). »
Dans la collection intitulée V Episcopato é la Revoluzione in Jlalia, Atli collettivi dei vescovi italiani, figurent les actes suivants :
18G4 : contre la conscription des clercs; contre l'ingérence diL gouvernement dans les séminaires;- contre le décret soumettant la nomination des administrateurs spirituels et des vicaires de paroisses au placet royal; 1865 : contre le projet de loi supprimant les ordres religieux.
Dans le Scelta di atti episcopali del cardinale Gioachino Pecci (2) , on trouve neuf actes collectifs signés de lui et des autres évêques et neuf remontrances adressées au roi Victor-Emmanuel ou à ses subalternes, ayant pour but les intérêts religieux menacés parles réformes piémontaises.
« En outre, au rapport d'un témoin oculaire, M^"" Pecci fit. preuve d'une grande énergie pour défendre contre l'omnipotence révolutionnaire ses curés persécutés et emprisonnés, et pour préserver des plus violentes mesures et de l'expulsion instantanée les communautés religieuses : dominicains, barnabites, ermites camaldules, missionnaires et oratoriens. Il s'interposa de même pour protéger les communautés cloîtrées de femmes, pour empêcherque Tonne fermât au culte ou ne profanât les églises, et que l'on n'ouvrît des temples protestants.
« En toutes ces occasions, le ton de sa correspondance avec les autorités fut uniformément digne et modéré, tout en restant plein de force et de conviction. Les officiers du gouvernement ne pouvaient que respecter et admirer le prélat, bien que ses remontrances ne réussissent pas à empêche'r l'exécution des lois funestes contre lesquelles il protestait.
u Ce même ton de dignité, -de force, d'éloquente conviction se retrouve dans ses instructions au clergé en ces difficiles conjonctures, surtout lorsqu'on enleva les registres des paroisses et que parurent les lois sur le mariage civil, sur l'abolition des dîmes, etc. (3) »
(l)Mss.
(•2) Voir ccsdommeiils d'une grande importance dans le Scella
(3) Mss.
LE BIENFAITEUR DE PÉROUSb: ET DE l'oMBRIE. 159
La voix que nous avons écoutée dans ce récit est comme une voix venant de Pérouse; elle est douce, calme et grave, elle nous redit quelques faits seulement de cette grande vie épiscopale. Nous aurons à examiner de prés quelques-unes des circonstances plus importantes sur lesquelles lanarration précédente passe si rapidement. Ainsi, par exemple, nous avons à peine signalé les travaux de l'évêque de Pérouse en faveur de l'éducation populaire. Pie IX, qui appréciait le savoir du prélat aussi bien que son zèle et sa sagesse pratique, l'avait nommé, dès son arrivée à Pérouse, visiteur apostolique de l'université de cette ville
Le cardinal Pecci fit pour ce grand établissement ce qu'il avfiit exécuté dans son séminaire. Il en réorganisa toutes les facultés, appela à Pérouse les professeurs les plus^-enommés , et travailla de fout son pouvoir à rendre à cette ancienne institution l'éclat qu'elle avait dans les siècles où elle rivalisait avec Bologne etPavie,
Il rendit les mêmes services aux collèges Pio délia Sapienza et de Todi. Non seulement il réforma le corps enseignant de l'un etvde l'autre, éleva et élargit le plan des études, mais il rétablit la disciplir^e et remit les finances dans un état prospère.
L'éducation des'femmes ne lui fut pas moins redevable que celle des hommes. M-'" Pecci, pressentant le rôle que la mère chrétienne aurait h remplir dans les nouvelles conditions sociales que la révolution allait créer en Italie et dans le reste de l'Europe, mit, s'il est possible, plus de zèle encore à réformer, à perfectionner et à fonder des écoles pour les filles qu'il n'en avait déployé pour le séminaire et l'université.
Il y avait à Pérouse une fondation appelée le Conservatorio Pio, que les évêques du diocèse n'avaient pu jusqu'alors utiliser, à cause des malheurs de la première moitié du dix-neuvième siècle. Cette fondation eut sa première origine en 1816, quand Pie VII ordonna d'employer \(^ patrimoine de deux monastères supprimés à l'établissement; d'une académie pour l'éducation des filles de bonne famille, et d'une école gratuite pour les enfants des pauvres et des classes ouvrières. On ouvrit cette dernière en 1819; mais on n'avait pas trouvé moyen d'établir l'autre avant l'arrivée de M"-" Pecci.
IGO " -^ÉON XIII.
Dans l'espace de quelques mois, cet homme, que Ion croirait complètement absorbé par les études littéraires et philosophiques, acheta un des plus beaux emplacements de la ville et y fit commencer un édifice spacieux, capable de contenir en même temps l'académie et l'école gratuite.
11 mit à la tète de cette maisîon les Dames du Sacré-GcEùr. Il savait que les filles de la vénérable mère Barat considèrent l'instruction des enfants pauvres comme une œuvre privilégiée. Il plaça l'établissement sous la protection de sainte Anne, en souvenir de la grande sainte que sa mère bien-aimée lui avait appris à vénérer. L'établissement prospéra au delà de ses plus chères espérances, et ceux qui ne connaissaient pas les merveilles que peut opérer le zèle d'un homme de Dieu furent agréablement surpris.
Pendant que cette fondation fut l'objet de ses soins, il ne manqua jamais de prodiguer, surtout à l'école gratuite, les marques les plus assidues de sa paternelle affection. II savait que les maîtresses accomplies qui dirigeaient l'académie ne négligeraient rien pour bien instruire et bien élever leurs pensionnaires. Mais le cœur de l'évêque songeait surtout à la nécessité de donner aux filles du peuple l'instruction la plus solide, l'éducation la plus chrétienne et la mieux appropriée à leurs besoins. Il avait même établi des récompenses extraordinaire? pour celles qui seraient les plus avancées dans la science du catéchisme. Il leur donnait une dot complète. Aussi était-il aimé et vénéré de ces enfants, qui le voyaient souvent au milieu d'elles. Ses visites étaient attendues avec une grande impatience. Tel était le divin Maître au milieu des petits en-« fants de la Galilée.
M'^'" Pecci, sachant combien les filles du pauvre et de l'ouvrier sont exposées, en avançant en âge, fonda le Conservatorio Graziani^ dont il fit une école industrielle digne d'une grande capitale. Cette fondation fut suivie de celle d'un asile pour les repenties. II confia l'une et l'autre aux sœurs de la Providence, qu'il avait vues à l'œuvre en Belgique, et qu'il fit venir de Champion, dans la province de Namur. D'autres écoles du même genre, qui existaient avant son arrivée, prirent une nouvelle vie sous le souffle de son zèle prévoyant et éclaire. Il
LR BlF.NFAlTRIMî liR I'RHOCSR KT ni: l.'o.MI'.HIR. 161
seinbl.iilavoir le don de faire prospérer toiiles les œuvres dont il .ivait à s'occuper.
La même charité qui le portait à protéger l'innocence et à encourager le repentir, lui inspira le dessein de fonder une maison pour les enfants abandonnés, l'asile Anlinori, à la tête duquel il plaça les sœurs des Stigmates de saint François. Il afFecta l'hospice Uonnini aux personnes atteintes de maladies chroniques et incuraldes.
Les besoins des jeunes gens de la classe .ouvrière ne lui échappèrent pas non plus. 11 étaldit pour eux des écoles du sdir où il voulut que les meilleurs maîtres donnassent des leçons adaptées à rinlolligence et aux occupations da^ ouvriers; car il aimait à voir l'artisan pourvu d'une instruction capable défaire honneur à sa modeste profession.
Nous avons déjà parlé des jardins de Saint-Philippe de Néri destinés, sous la (Hrection des oratoriens, à l'usage de cette même jeunesse. Le cardinal engagea le clergé de la ville à seconder ces religieux dans leur grande œuvre d'éducation et de sanctification.
Ainsi tous les âges, tous les sexes, toutes les classes de son [leuple étaient égaiemont l'objet de sa constante sollicitude. Il se préoccupait même de l'état i)eu prospère où se trouvaient, à Pérouse et dans toute l'Ombrie, l'industrie et le commerce. Il fonda, rétablit ou développa les monts-de-piété, qui n'étaient pas encore tombés en Italie entre les mains de ces petits spéculateurs sans entrailles qui vivent des- gains d'un peuple laborieux, mais en proie au besoin. Ce fut. lui également qui inspira aux habitants de Pérouse la-pensée de créer une banque d'épargne, et il fournit lui-même une partie des capitaux néeessaires à cette fondation.
Il ne faut pas croire, cependant, (pie le cardinal J^^cci omît pour cela le plus pelit détail de l'administration diocésaiiu;, le moindre d(îvoir de sa charge pastorale. Un homme «jui ne donne rien aux satisfactions de l'ainour-propre, à ses aises et à ses plaisirs, et qui est tout à Dieu, trouve le temps d'alunenler toutes les œuvres.
Il ne négligea jamais la visite pastorale, pendant qu'il gouverna le diocèse de Pérouse.. Il la faisait toujours régulière-
LEON Xllf.
rnent. Elle était d'ailleurs attendue avec impatience; car le peuple aimait sa parole si pleine à la fois d'élégance, d'élévation et d'onction évangélique, et surtout sa bonté inaltérable qui était à l'épreuve de toutes les fatigues et se faisait sentir même aux plus grands pécheurs. C'était la .visite d'un père de t'amille à ses enfants chéris.
Il avait trouvé, à son arrivée à Pêrouse, \ni orphelinat de garçons dans une situation précaire. C'était une de ces œuvres diocésaines qu'il aimait à recommander en faisant sa visite pastorale. Voyant, à mesure qu'il prenait connaissance de l'état des populations, combien il importe de procurer un métier aux enfants, surtout dans les familles les plus pauvres, il résolut de faire de son orphelinat une grande école industrielle, et il y réussit. Il avait vu à Malines les frères de la Miséricorde, fondés par le chanoine Scheppers, opérer des prodiges avec leurs écoles. Il en demanda une colonie; et, grâce à leurs soins, l'orphelinat changea d'aspect et devint une pépinière de bons artisans et d'excellents chrétiens. Les sœurs de. la Providence adoptèrent pour leurs petites filles la même méthode.
De cette sorte, le cardinal Pecci voulait que les enfants de son peuple fussent, dès leurs plus tendres années, non seulement soustraits aux dangers de l'ignorance, du vice et de l'oisiveté, mais si bien élevés que, parvenus à l'âge mûr, ils n'eussent pas trop à redouter le besoin et la séduction.
Le saint prélat, tout en édifîant.àla gloire de Dieu des temples spirituels dans l'âme des enfants et des adultes, n'avait pas moins de zèle pour les temples matériels. Si l'on considère combien étaient limitées ses ressources et celles de ses diocésains, même avant 1860, on aura peine à croire le nombre d'églises qu'il a construites, restaurées ou embellies.
Tout le monde connaît la réputation artistique de l'Ombrie. Raphaël et le Pérugin ne sont pas les seuls grands artistes qui aient illustré cette religieuse contrée. Pérouse même était une de ces villes libres du moyen âge créées par les forces réunies de la religion, du travail et de la liberté. Prêtres et ouvriers, de concert, avaient rebâti Milan ruinée tant de fois par les barbares; ils avaient créé Florence el Bologne» Sienne et Pise, Lucques et Gênes, Arezzo et Assise, et tant