LE BIENFAITEUR DE PÉROL'SE ET DE L* OMBRIE
'd'autres villes célèbres. Ce ne sont pas assurément les pape; qui ont usurpé ou accaparé le pouvoir dans ces républiques où la religion avait élevé l'ouvrier et sanctifié son travail, où elle l'avait atTranchi et armé en lui apprenant à défendre et à conserver la patrie qu'elle lui avait donnée. La cathédrale, dans chacune de ces cités ouvrières, était la maison que là commune avait bâtie en l'honneur du Tout-Puissant, la demeure où tous se réunissaient dans les circonstances solennelles. Aussi les ouvriers l'avaient-ils voulue admirable dr grandeur et de beaulé. Les arts, nés dans le sanctuaire du travail et de la religion, avaient prodigué leurs chefs-d'œuvre dans cette demeure de Dieu.
Pérouse a non seulement sa cathédrale, que la Renaissance a défigurée sans lui donner les nouvelles formes classiques qu'elle rêvait, mais encore son Palais du commerce que le Pérugin a orné de peintures remarquables. Ses églises et ses monastères, malgré la profanation qu'ils ont subie, attestent encore la piété de la vieille cité ouvrière.
Ms^ Pecci a fuit beaucoup pour embellir et compléter la cathédrale; il y a consacré généreusement ses propres revenus. En 18 W, il a remplacé l'ancien dallage par un nouveau en marbre. A la fin de son épiscopat, il a fait orner de nouvelles fresques la chapelle de saint Onofrio. Il n'a pas employé à ces restaurations moins de 20,000 (-cn^.
Aux portes de Pénnisc, il a élevé le beau san.lnairr ,lr iNotre-Dame de la Miséricorde j.our remplacer un I.MnpIe q„i, après avoir été autrefois l'objet de la vénération, était tombé en rume. Les besoins du culte et la commodité des fidèles l'ont déterminé à bâtir plusieurs nouvelles églises et à lestaurer entièrement celles qui étaient délabrées. Sous son administration, trente-six églises au moins ont été édifiées depuis les fondements; six ont été achevées; d'autres en plus grand nombre Ont été agrandies, réparées ou embellies. ^ L'exemple du généreux prélat excita l'émulation du peiq.le. (îràce au concours de ses diocésains, le cardinal put élever l'eglise de San Martino in Campo, qui coûta 12,000 ecus; la grande église de Châtillon-siu--Lac, qui en coûta 25,000.' Il serait trop long d'énumérer toutes ses œuvres.
Le sens pratique de l'évêque de Pérouse n'était pas moins remarquable que l'étendue de son savoir. Aussi put-il sauver d'une ruine que l'on regardait comme inévitable plusieurs maisons d'éducation et de bienfaisance : de ce nombre fut le vaste hôpital de la Miséricorde. M^'' Pecci, à titre d'évêque, revendiqua son droit de contrôle sur cet établissement, et il le retira de sa détresse. Un grand nombre de confréries du diocèse avaient aussi des propriétés considérables qui étaient administrées par des laïques. 11 affirma le droit de l'évêque dans leur gestion, et il finit par les placer toutes entre les mains d'une commission qui corrigea les divers abus et rendit à la religion et aux pauvres des revenus depuis longtemps employés à d'autres fins.
La révolution ne lui permit pas d'accomplir, pour la gloire de Dieu et le bien du peuple, tous les vastes projets que son esprit avait conçus et que son cœur désirait réaliser.
L'orage éclata et les vents furent déchaînés tandis qu"il labourait le champ du père de famille et y jetait la bonne semence; la fureur de la tempête rendit se< travaux el ses sueurs en partie inutiles.
Jésus bénit les péclieurs. Miniature du XIV* siècle.