‹ Vie de Léon XIIIChapitre 74 sur 148 · TA PAI'AUTÉ ET LA CIVILISATION · texte numérisé non relu

TA PAI'AUTÉ ET LA CIVILISATION

te peu de cas que l'on faisait des déclamations apologétiques de ces prévaricateurs, déclamations qui se perdaient dans les airs comme les sons d'une cloche, on a cru bon d'obtenir qu'un acte ministériel fût adressé aux évoques, afin d'ébranler leur fidélité.

« Cette lettre clierclie à nous détacher de vous et de la cause du pontificat suprême; renouvelant de vieilles accusations, elle essaie de nous arracher ime sorte d'approbation de l'ordre existant, une adhésion aux faits accomplis contre les lois inviolables de la justice et de la religion et contre les droits du saint-siège apostolique.

<( Vos ennemis prétendent faire accepter au clergé, en droit et en fait, le rétablissement si vanté d'une nationalité dans le sens compris par la révolution, rétablissement effectué par les conspirations, la fourberie, l'injustice et le sacrilège. Us veulent que le clergé, semblable à toute antre classe ou institutiort sociale, soit assujetti aux ordres de rp]tat en tout ce qui regarde l'accomplissement de sa mission; comme si le sacerdoce était une création du pouvoir politique, et que la mission de prêcher la vérité et d'enseigner les nations dérivât de ce pouvoir et non de Dieu lui-même.

« Ils font un crime au clergé de montrer tant de patience, tant de résignation à endurer les orages de l'adversité, les humiliations et les oppressions de toute espèce. Ils regardent comme le devoir du clergé de se faire le panégyriste et le collaborateur d'une politique que sa conscience condamne et que la loi de Dieu réprouve. »

Us lui promettent, pour l'acheter et le gagner, quon le laissera en paix dans l'exercice de son ministère... Ils lui proposent, comme base de conciliation, le système réprouvé et funeste de la séparation de l'Eglise, et de l'Etat, qui autorise, le divorce de l'Etat avec l'Église et pousse la société catholique à se soustraire à toute influence religieuse.

11 est facile de voir où mène cette dernière intrigue. On espère que le clergé inférieur violera ses devoirs et refusera d'obéir à ses pasteurs légitimes, surtout à son chef suprême; qu'il s'abaissera jusqu'à sanctionner les faits accomplis par la révolution et deviendra l'avocat (.'t le complice de la vio-

lation des droits sacrés de l'Église, dont on poursuit ouvertement, à cette heure, la destruction totale.

« Nous qui voyons avec une vive douleur à quels profonds artifices ces mêmes conspirateurs ont eu recours dans ces derniers mois, afin de mener leur entreprise à terme, nous avons éprouvé le besoin de nous rappeler, pour les fortifier, nos rapports de soumission et d'union à Votre Sainteté et à la chaire apostoUque. Voilà pourquoi, pendant que plusieurs de nos vénérables frères dans l'épiscopat manifestent publiquement," par leurs actes ou par leurs écrits , qu'ils réprouvent cette lettre ministérielle, nous, de notre côté, nous avons suivi l'impulsion de notre filiale affection\ en élevant vers vous nos yeux et notre voix dans cette nouvelle calamité; nous avons voulu de nouveau donner une solennelle et parfaite adhésion à vos enseignements et à la glorieuse résistance que vous n'avez cessé de faire pour le triomphe de la rehgion, de la justice et des droits sacrés du siège apostolique, au moment où vous êtes attristé et contrarié de tant de manières par vos indignes enfants.

« Cette déclaration pubHque de nos sentiments et de notre résolution, par laquelle nous signifions que nous voulons toujours être avec vous et pour vous, sera une réponse éloquente et péremptoire à toutes les propositions flatteuses, à toutes les sollicitations et à toutes les menaces. Fidèles aux obligations que nous avons contractées en recevant la charge episcopate, fidèles aussi au serment que nous avons fait le jour de notre consécration , nous reconnaissons en vous le successeur de saint Pierre, le vicaire de Jésus-Christ, le chef visible de l'Église, nous vénérons avec un respect inébranlable le centre de l'unité de la foi, le dépositaire et le maître infaillible de toutes les vérités révélées, qui regardent les éternelles destinées et le salut du genre humain. La société chrétienne emprunte à ce magistère divin sa lumière et sa forme. Et quand l'omnipotence du pouvoir séculier veut se substituer à ce magistère, quand elle a la prétention d'entrer dans le sanctuaire et d'imposer aux hommes une morale fausse et trompeuse, il est urgent qu'on nous entende dire : Il vaut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes.

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