LA PAPAUTE ET LA CIVILISATION
(i Nous révérons aussi eii vous le régulateur suprême de la discipline de i'Éylise, de qui seul le corps de l'cpiscopat et le clergé inférieur doivent dépendre, en tout ce qui regarde l'exercice de leur mission et les rapports de l'Eglise avec la société civile. Nous déplorons souverainement et cette prétention de la politique moderne de soumettre à son arbitre tous les offices ecclésiastiques , et l'aveuglement de ces prêtres qui , oubliant Ijiur auguste vocation, et se laissant séduire par la flatterie uu
Fig'. 34. — UélVnseur imisiblc de l'Église. D'après une miiiiulure d'un li\ie d'Iieui'es du W^ siècle.
les fausses promesses du siècle, se sont égarés loin du bercail de Jésus-Christ.
« Et, en ce qui regarde la souveraineté et le domaine temporel du saint-siège, l'objet et le but de tant de conspirations, nos pensées et nos déclarations sont celles de l'Église ellemême, celles qui obtiennent chaque jour le suffrage unanime de l'épiscopat catholique, celles que nous avons nous-mêmes proclamées dans nos lettres pastorales à nos diocésains et dans plusieurs adresses, sur le même sujet, déposées au pied du trône pontiûcal.
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« Nous reconnaissons et nous confessons, selon Jes définitions des conciles œcuméniques, rinviolabililé des donations sacrées faites au saint-siège et des possessions de l'Eglise; nous considérons cette souveraineté sacrée comme l'effet d'une disposition spéciale de la divine Providence qu'aucun pouvoir humain ne saurait légitimement violer. Cette disposition a pour but de protéger l'indépendance de l'Eglise et de garantir à son chef visible la pleine liberté nécessaire pour l'exercice convenable de la suprême autorité, que Dieu lui a donnée sur tout le monde catholique. »
M'^'' Pecci et ses collègues expriment, en terminant, la ferme résolution de rester fidèles au siège apostolique, malgré les dangers et les contradictions. « Et même, ajoutent-ils, plus les périls et les oppositions augmenteront, plus nous sentirons le besoin de nous trouver à côté de vous , Très Saint Père, et de puiser dans votre invincible constance, dans la sérénité de votre âme au milieu des tribulations qui s'accumulent autour de vous, une source et un accroissement de force pour bien remplir nos devoirs (1). »
Quand Pie IX aura disparu de la scène et que le gouvernement piémontais limitera au Vatican les possessions temporelles de son successeur, combien il sera doux à Léon XIII d'entendre ses frères dans l'épiscopat lui tenir un semblable langage! On a dit que les papes n'ont besoin que de la vérité (2). Disons aussi qu'ils ont toujours besoin de cet amour filial que la Ijrande famille chrétienne manifeste à son père sur la terré. Pie IX en eut sa large part au milieu de ses épreuves^ Son successeur, non moins éprouvé que lui, n'en manquera jamais.
(1) Voir les Actes de ripiscojjal du cardinal Pecci. (-2) Scella, p. 347 cl suiv.