IBS LIBERTÉS DE LÉGLISE ET LA FAMILLE CHRÉTIENNE
ment l'enregistrement des actes civils dans la province des "Romagnes. »
Le cardinal prie le roi « de jeter un coup d'reil sur ce qu'il
Fig. 3S. — Le pouvoir sjiiiituel , qiii émane tlircclement de .lésus-CHrist, ne peut, être soumis au pouvoir temporel. Mosaïque du IX" siècle dans le triclinium de Saint-Jean de Latran.
a VU s'accomplir en 1851 et en 1852, quand le projet de loi sur le mariage civil fut porté devant les chambres piémontaises. L'histoire a enregistré quatre monuments insignes du zèle et de la sagesse de l'illustre episcopal de la Savoie (1).. Tous
(1) Juin 185-2. Novembre 1852.
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s'accordent, dans un langage également plein d'autorité, à poursuivre le même but : empêcher la profanation du mariage chrétien et la profonde blessure qu'on voulait infliger à la foi des peuples. Mais, entre toutes ces protestations, la plus digne 'de mémoire est bien la réponse, sur le même sujet, que Votre Majesté a reçue de Pie IX, à la date du 19 septembre 1852. « Une loi civile, dit le pontife, supposant que, cla7is le mariage, « le sacrement est, aux yeux des catholiques, separable du con- <-- trat, et voulant régler la validité de ce contrat, est en opposition « avec la doctrine de l'Église, usurpe des droits inaliénables, et, « en pratique, met le concubinage au niveau du sacrement de <i mariage, et les déclare également légitimes. »
« Si Votre Majesté avait la patience de parcourir avec soin les quelques pages de notre Déclaration, elle n'aurait pas de p€iDe^ à voir que le projet fait pour l'Ombrie est empreint du même^sprit , et que , pour sa portée religieuse , il ne reste guère au-dessous du décret de 1852.
(( C'est ce que prouve clairement Cidée fondamentale de cet acte; il s'appuie sur le principe que, de fait, le contrat peut se séparer du sacrement. Un tel projet, en dépouillant le mariage dç^ tout élément religieux , lui donne une physionomie et un caractère tout humain ; et , pour laisser de côté l'institution et l'économie divines , qui règlent le mariage dans son essence même, il se charge de déterminer, à lui seul, ses éléments intimes et constitutifs, comme s'il s'agissait d'un contrat d'origine et de compétence purement civiles.
« Sous prétexte d'affermir la plénitude de la juridiction de l'Etat sous le masque du progrès et de la. civilisation , on entend changer l'œuvre de Dieu dans sa forme et on ordonne aux consciences d'accepter un lien factice, que le dogme chrétien déclare illicite et criminel sans le sacrement.
« On sait se prévaloir des grands mots liberté de conscience , séparation de V Église et del'État, pour rompre les engagements religieux, donner du crédit à l'indifférentisme et flatter l'hétérodoxie et l'incrédulité en adaptant le mariage à leur manière de voir.
« Le message traite le sacrement de mariage comme un abus, une entrave, et jette par là le blânfie et le mépris
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sur les lois vénérables du droit chrétien, sur les sages institutions de l'Église, approuvées par les conciles et affermies par la pratique constante de tant de siècles.
« C'est pourquoi l'illustre pontife, en terminant sa lettre, dit à Votre Majesté que la loi neiit pus catholique, qiie le clergé doit en informer les fidèles, dàl-il s'exposera des dangers : « Sire, <( nous vous parlons aussi aie nom de Jésus-Christ dont nons <( sommes le vicaire,, malgré notre indignité; en son très saint a nom nous vous disons de ne pas sanctionner cette loi, qui con- (( tient les gertnes de mille désordres... Volontiers nous nous lais- « sons aller à l'espérance de vous voir soutenir les droits de « r Eglise, protéger ses ministres, la religion et la moralité de « vos États, et préserver votre peuple du danger dont le me- « nacent des lois qui portent en elles-mêmes le caractère de la dé- « cadence. »
Le cardinal parle ensuite des eflets produits dans l'Ombrie par l'exécution du décret dictatorial du commissaire , et il trace un éloquent tableau du désordre des consciences et de l'immoralité publique. Au concubinage, légalisé par un projet de loi , il faut joindre la tyrannie non moins déplorable exercée contre les curés. On les forçait à sanctionner par leur présence l'acte civil , quand les parties voulaient ensuite contracter mariage devant le prêtre. Le cardinal termine par un appel à Sa Majesté; il la supplie de « rendre au mariage chrétien sa liberté religieuse et sa grandeur surnaturelle ». 11 est superflu d'ajouter à ces extraits des passages de la Déclaration dont M^''-Pecci accompagnait sa lettre au roi.
Un écrit aussi magistral est digne de l'encyclique Arcanum divinx sapientix consilium qui devait donner à l'univers catholique, sur le même sujet, un enseignement doctrinal si complet, si élevé, si opportun.
Il n'y a pas d'ombre dans la vive lumière queM'"" Pecei répand à flots sur l'Ombrie d'abord , puis sur les peuples des deux liémisphères. Nous voyons cet infatigable pasteur ranimer dans son troupeau la foi que l'impiété travaille à détruire , et les vertus morales que la licence révolutionnaire met partout en péril.
En 1800, c'était, on le sait, sa belle instruction pastorale
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sur le Domaine temporel des papes; en 1861 et en 1862, la lutte qu'il soutint contre le gouvernement en faveur du mariage chrétien et du clergé, soit séculier, soit régulier, lui fournit l'occasion d'adresser à ses diocésains et à tous les habitants de rOmbrie les lettres que nous venons d'analyser.
Avec les armées piémontaises et la révolution, la propagande protestante était entrée à Pérouse et dans les villes de rOmbrie. A force de répandre les bibles et de déclamer contre le pape, les moines et les prêtres, elle n'avait pas peu contribué à démoraliser un peuple troublé déjà par les bouleversements politiques et religieux. Elle mettait à profit la pauvreté des parents et leur corruption morale pour les décider à envoyer leurs enfants aux é(foles qu'on fondait de toutes parts. On sait, aux Étals-Unis et dans la Grande-Bretagne, quelles sommes considérables furent mises à la disposition des sociétés bibliques, afin de pervertir l'Italie et de renverser l'Église romaine. Il ne faut pas s'étonner si les sentinelles vigilantes, comme lévèque de Pérouse, poussèrent le cri d'alarme en voyant entrer dans la bergerie des loups cachés sous la peau des brebis.
Le 24 février 1863, le cardinal Pecci écrivait à « son peuple bien-aimé » : « Il vient d'arriver au milieu de nous des étrangers professant une fausse doctrine. Ils ont ouvert une académie et lui ont donné le nom d'évangélique : ce n'est qu'une école protestante. De malheureux solliciteurs vont leur chercher des élèves; ils mettent en avant des prétextes captieux... et prennent toute sorte de moyens pour attirer les imprudents. Nous nous sentons profondément ému de cet attentat impie contre notre sainte religion...
« Leur entreprise a pour but de vous enlever le plus précieux trésor, la vraie foi; de vous ravir votre plus grande gloire , l'imité caiholique; de corrompre vos esprits en les imprégnant de l'erreur la plus pestilentielle , le protestantisme , qui, sous le nom spécieux de pur Evangile, contient en réalité les deux funestes germes du schisme et de Vhérésie,' et, avec eux, la révolution et l'anarchie religieuses.
« Ces propagateurs de l'hérésie circulent partout; ils accoui'ent^ sous divers déguisements, à Toppel d'un de leurs co-
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ryphées qui leur crie : Venez, hàtez-vous, il est temps d'évangéliser Tltalie. Toutes leurs forces sont au service de l'entreprise. Ils calomnient l'Eglise catholique et son sacerdoce; ils taisent les vertus des nôtres , déplorent des abus , promettent des réformes. Pour gagner des prosélytes, ils produisent l'argent de l'étranger; ils bercent leurs adeptes des perspectives
Fij;. 37. — L'Église proscrit le divorce et proclame l'unité du niaringo. — {.[(;■ men'. VU. Ce poutife a condamne Henri VIII. Medallion en mosaïque de Saini- Paul hors les Murs.
de belles fortunes et de progrès sociaux; ils profilent de nos troubles politiques pour jeter dans le sol de la catholique Italie les germes du protestantisme qu'ils se flattent d'y faire prendre racine...
« Aujourd'hui, quand l'erreur se répand de tous côtés, il y a donc une nécessité réelle de s'instruire à fond des vérités et des devoirs de la véritable religion, comme, du reste, ce devrait être en tout temps le premier soin de chacun... d'autant plus qu'un des mensonges favoris des prédicateurs protestants
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consiste à faire croire que notre Église catholique veut retenir ses enfants dans l'ignorance. Mais quel moyen néglige-t-elle pour les bien instruire (1)?
Pendant que les émissaires et les colporteurs des sociétés protestantes' -distribuaient partout leurs bibles, et comptaient parmi leurs adeptes les familles qui les acceptaient et ne les lisaient jamais, les sectes maçonniques avaient soin de répandre aussi la Vie de Jésus. Les deux propagandes travaillaient au même but : la ruine du catholicisme. Mais les protestants aidaient , sans y réfléchir, les adversaires mêmes du nom de Jésus-Christ.
Le cardinal Pecci, à la nouvelle des efforts tentés pour introduire dans rOmbrie les blasphèmes de M. Renan , ne put pas même se résoudre à attendre le carême. Le 20 novembre 1863^ il publia une lettre pastorale sur ce livre pestilentiel : « La guerre cruelle et impie, dit-il, que l'esprit d'erreur fait aujourd'hui à votre foi, bien-aimés enfants, nous tient toujours dans l'affliction et la crainte la plue douloureuse. Vous faites , il est vrai, notre consolation en repoussant avec dédain et horreur les doctrines et les artifices du protestantisme, en traitant ses émissaires comme ils le méritent," néanmoins, notre cœur est effrayé des efl'orts énergiques que tente l'impiété et des pièges qu'on vous dresse. Il faut l'avouer, nous avons lieu de craindre que la pureté de votre foi ne reçoive quelque atteinte d'un livre nouvellement publié, rempli de blasphèmes et d'outrages à la majesté de Dieu , de témérités et d'absurdités...
« En ce moment, le ministère que nous remplissons auprès de vous, au nom du Seigneur, celui de diriger vos âmes, d'y conserver intact le dépôt de la foi , nous impose aussi le devoir de vous adresser encore une fois la parole pour vous mettre en garde contre l'œuvre impie de ce nouvel Arius. Nous ne saurions vous dire combien ce livre est propre à rendre efficaces les machinations infernales de l'incrédulité moderne, du rationalisme et du libertinage. »
Après un court mais éloquent résumé des preuves de la di-
(i) Scella.
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vinité du Sauveur, le cardinal Pecci pose cette question : <' Si Jésus-Christ n'est pas Dieu , comme l'affirme Renan, que dire de Jésus-Christ? La langue se refuse à dicter, la plume à écrire la réponse..; Vous entretenir plus longtemps des démonstrations rationnelles serait faire injure à votre foi, blesser votre conscience déjà troublée de voir vendre publiquement ce livre effronté et blasphématoire au sein d'une ville illustre par son antique foi. Vous désirez plutôt , enfants bien-aimés , que voire pasteur vous invite à réparer solennelleroent l'outrage fait à voïre Sauveur par ce nouvel Arius. Nous vous y invitons en terminant cette exhortation (1). »
En 1864, parut la lettre pastorale sur les « Erreurs en vogue contre la religion et' sur la conduite du chrétien ».
Ce langage à la fois si pur et si noble , cette doctrine si élevée et si catholique rappellent les Pères de l'Eglise. On croirait entendre un Ambroise , un Augustin , un Jérôme , un Grégoire , en un mot un de ces hommes qui perpétuent à travers les âges les divins enseignements de Jésus-Christ et de ses apôtres. C'est un honneur et une sécurité , à notre époque, de voir un tel pontife occuper la chaire de saint Pierre.
(1) Scella, 03-70.
La mer assiège en, vain l'Église. — Miniafnre dw-XUP sidclc.