LÉON MU
ter. Aussi plus d"un élève du séminaire, plus d'un membre du jeune clergé réussit à reproduire, dans des compositions destinées à célébrer ce grand jour, la bonne latinité du cardinal-évêque. Les inscriptions qu'on lisait le 19 janvier 1871 sur le portail de la cathédrale en fournissent un témoignage. Elles sont dues à la plume de M'''"' Rotelli , actuellement archevêque de Pharsale et nonce à Paris.
Le saint-père, qui, cette même année, allait célébrer ses noces d'or de prêtrise, envoya des félicitations à l'évêque de Pérouse. Plusieurs prélats romains, les membres de la famille Pecci, les évêques de l'Ombrie et un bon nombre d'autres amis et admirateurs du cardinal vinrent rehausser par leur présence l'éclat de la solennité. Dans tous les cœurs régnait une joie tempérée sans doute par les tristesses de l'heure présente, mais profonde et recueillie.
A dix heures du matin, Son Eminence célébra la messe pontificale. Quand la cérémonie fut terminée, le clergé, accompagné d'un glorieux cortège de laïques, se réunit au palais episcopal pour offrir à son évèque une adresse de felicitation bien sentie, et lui présenter en même temps, tomme souvenir de ce jour et comme gage de l'amour de son peuple, une statue en bronze de Marie hiimaculée. Elle était l'œuvre du sculpteur pérousin Cecchini, et l'année précédente, à Rome, elle avait mérité le premier prix.
Toute la journée, le peuple des campagnes et de la ville ne cessa de se presser devant l'autel du saint Sacrement. On sentait le besoin et l'efficacité de la prière. Deux des inscriptions placées sur le portail de la cathédrale exprimaient d'une manière remarquable des vœux pour ainsi dire prophétiques. La première portait ces paroles : « Marie, mère de la Grâce, vous qui êtes la protectrice, l'honneur et la joie du peuple de Pérouse, donnez un jour une couronne de gloire à notre cardinal-évêque, en retour de la couronne d'or dont il ceignit autrefois votre front virginal. » On lisait sur la seconde : « Saint Laurent, vous qui avez triomphé des forces de la nature, nous vous supplions d'accorder toujours au cardinal, notre pasteur, la force avec laquelle vous effrayâtes au trefois vos bourreaux, pendant que vous enduriez le feu lent