‹ Vie de Léon XIIIChapitre 83 sur 148 · FÊTES DE FAMILLE. — TIEKS ORDRE DE S'-FRANÇOIS · texte numérisé non relu

FÊTES DE FAMILLE. — TIEKS ORDRE DE S'-FRANÇOIS

allumé SOUS votre gril; et faites que les hommes qui tourmentent sans cesse l'Église par leurs complots soient impuissants à vaincre son pasteur et radmirent malgré eux ! »

Quand on se rappelle (|ue Pie IX repose aujourd'hui dans l;i basilique de Saint-Laurent hors les Murs, à Home, et que son successeur sur la croix est encore en butte aux complots des sectes infernales et force ses ennemis eux-mêmes à l'admirer, on est frappé de celte prière de tout un peuple.

Une autre consolation non moins douce fut accordée au

Fig. 42. — L'Église sort des plaies du CUrist. Uibl. du Xill* siècle.

cœur si éprouvé du cardinal-évèque de Pérouse. En IHTo, Pie IX lui confia le titre de protecteur du tiers ordre de saint Françoisvd'Assise, et la mission de raviver parmi le peuple la dévotion à ce grand saint. Tertiaire lui-même, comme sa mère l'avait été avant lui, le cardinal Pecci ne demandait pas mieux que de répandre partout en Italie la connaissance de celui qui fut la lumière et la gloire de ce pays, au treizième siècle. Il se rendit à Assise, le 2G novembre de celte année, pour prendre possession de sa nouvelle charge. Ce fut, dans la ville natale de François et de Glaire, une fêle mémorable. L'homélie que le cardinal protecteur adressa aux tertiaires, le zèle qu'il déploya depuis pour faire refleui'ir le tiers ordre,

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et le relenlissement que sa parole et son exemple eurent clans le reste de l'Italie, stimulèrent le zèle et la piété des fidèles.

Nous savons ce que Léon XIII a fait depuis pour exalter et glorifier saint François d'Assise , et pour établir le tiers ordre dans toute la chrétienté (l).

Ce fut pour l'évêque de Pérouse un bonheur inefTable de pouvoir de temps en temps au milieu de se^occupations pastorales, cultiver dans l'âme du peuple la foi vive , la fervente piété et les douces vertus de ses ancêtres. Telle serait, dans l'ordre naturel, la joie de celui qui recevrait d'en haut la mission de couvrir de verdure ces masses volcaniques et stériles qui entourent Chiusi et Orvieto, et d'y ramener la fertilité, l'abondance et la prospérité.

Depuis son enfance, Joachim Pecci avait conçu pour les franciscains un respect et une admiration qu'il conserva toujours Sa mère le conduisait avec elle, dès ses plus tendres années, aux réunions publiques des tertiaires, dans l'église des observa ntins de Carpinelo. Son amour s'accrut encore quand sa position et son ministère lui permirent devoir de plus près les fils de saint François.

Leur ordre était partout en butte aux persécutions acharnées de l'esprit antichrétien, qui avait été l'âme de la révolution française, et qui anime la secte maçonnique, aujourd'hui maîtresse en Italie. Le ridicule voltairien avait affaibli et presque éteint dans les hautes classes toute aspiration vers le tiers ordre. Jamais cependant la société clirélienne n'en avait eu un besoin si piessant.

M^"^ Pecci n'a pas cessé un seul instant de croire qu'un des moyens les plus ellicaces de réformer le monde chi'étien, de rétablir partout la paix sociale, serait de propager parmi les. laïques de tous les rangs le liers ordre de saint François, et de remettre en honneur ces vertus chrétiennes que plus de cinq cent mille tertiaires cultivaient à l'époque où vivait l'illustre disciple du Sauveur crucifié.

De nos jours, la pratique est plus puissante que la parole.

(1) Vûii- l'oiicycliquc que Léon XJII a publiée sur lo tiers ordre de Sauil- Fiançois. Celte encyclique est reproduite eu tête du Saint François cdilc Dur les soins des RR. PP. Arsène et I.ouis-Antoinc et de M. l'abbé Brin,

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et l'exemple plus cfïiJeace que la pvfxUcalion. Si jamais, dans un avenir éloigné ou prochain, les ron-lrées où régnait le catholicisme doivent revenir au Christ, leur conversion s'eiïcctuera non par Téloquence d'un Bossuet, d'un Bernard ou d'un Paul, mais par l'exemple des vertus qu'ont pratiquées

»-i^. 13. — Saint Franrois fpouse ia Pauvn-t*-. D'.iprés une fresque deGiotio. dans la basilique d'Assise. XIV- siocic.

les François d'Assise, et par le spectacle d'une pauvreté, d'une pureté et d'une abnégation plus héroïques, s'il est possible, que celles dont furent témoins les siècles apostoliques.

Ceux qui savent jusqu'à quel point les désordres de toute nature avaient compromis, à la fin du douzième siècle et au commencement du treizième, les progrès de la civilisation chrétiiMine, ne s'étonneront pas que la Providence ail choisi

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l'illuslre pauvre d'Assise afin de reproduire dans sa vie et dans sa personne l'image de Jésus-Christ crucifié. Il lui fut dit, lorsqu'il reçut les stigmates, que ces marques glorieuses lui étaient imprimées pour qu'il devînt le porte-étendard du divin Maître.

C'était une croisade d'un nouveau genre que devait prêcher le fils de Bernardone; et quelle armée se leva bientôt pour le suivre !

Le théâtre de ses exploits en Italie et en Espagne s'étendit des collines qui dominent Bologne et les bords de l'Arno jusqu'à Florence, de Florence à Rome, de Rome à Barcelone, sur toute la route que suivaient les pèlerins du moyen âge pour aller à Compostelle.

Des hommes comme Charles Dickens et Frédéric Ozanam (I) savent apprécier les légendes poétiques qui s'attachent à la vie toute surnaturelle de François d'Assise, de même que les plantes gracieuses et brillantes des tropiques s'entrelacent sur les beaux arbres des forêts. De tels génies peuvent comprendre ce que l'on dit, dans la province de Vich, d'un vallon stérile 0Ù le saint se retirait pour méditer : ce vallon devint, sous les pieds de cet homme angélique, une terre couverte dç fleurs, et la fontaine où François calmait les ardeurs du feu céleste qui l'embrasait, eut le don de guérir toutes les infirmités-du corps. Peut-on s'étonner si les pieds qui, plus tard, furent jugés dignes d'être percés par l'amour divin des mêmes "blessures que les pieds du Sauveur, faisaient germer des fleurs divines sur notre terre qui a tant besoin de sainteté, de pau^ vreté, de charité et d'esprit de sacrifice !

Ce sont de tels hommes que nos vœux appellent encore. Nous en aurons besoin dans le^ mauvais jours que le monde doit traverser. C'étaient des hommes de cette trempe que M^'' Pecci voulait former dans l'Ombrie et dans toute l'Italie. Ce seront ces générations héroïques que la parole de Léon XIII évoquera plus tard.

(1) Les Poètes franciscains, par Fr. O^anani.

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