ATTITUDE DE L" UNIVERS. — 1^" ACTES PONTIFICAUX
« Plus les ennemis de la religion sont actifs- à enseigner aux ignorants,^aux jeunes gens surtout, ce qui ne fait qu'obscurcir et fausser IMntelligence et corrompre les mœùrè:, plus vous devez vous efforcer d'établir non seulement un système d'instruction solide et bien adapté aux besoins de votre peuple, mais une méthode et une discipline conformes en tout à la fol catholique spécialement en ce qui regarde la philosophie, de laquelle dépend la vraie direction des autres sciences. Ce doit être une philosophie qui prépare les voies à la! révélation divine, au lieu de la renverser, qui défende la Vérité révélée, comme l'ont fait par leur? exemples et leurs écrits le grand Augustin, le Docteur angélique et lés autres maîtres de la sagesse chrétienne.
« Mais la meilleure manière de former la jeunesse, celle qui sert à conserver dans leur intégrité et la foi et les mœurs, c'est l'éducation qui commence au foyer domestique et avec les premières années. Malheureusement, la famille chrétienne a été bien bouleversée de nos jours, et ne saurait recouvrer sa dignité qu'en se replaçant sous le^ lois qui lui ont été données dans l'Église au nom du divin Auteur.
« En élevant le contrat matrimonial, dans lequel il voulait que l'on vît le symbole de son union avec l'Église, à la dignité de sacrement; il n'a pas seulement sanctifié l'union du mari et de la femme, mais il a fait prpvision de gvscces efficaces et pour les parents et pour les enfants, afin de les aider à remplir leurs devoirs mutuels et de leur fajre acquérir ainsi plus facilement le bonheur de la vie présente et de la vie future.
« Des lois impies, iie tenant aucun compte de la sainteté de ce grand sacrement, l'ont placé au niveau des contrats purement civils, et le résultat déplorable en a été, que les citoyens, profanant la sainte dignité du mariage, ont vécu dans le concubinage légal, au lieu du mariage chrétien... Le tronc vermoulu d'un arbre ne peut que JDOusser des rejetons dégénérés et produire des fruits stériles. Ainsi le mal moral qui infecte la vie domestique devient une contagion qui communique à la société son poison mortel. Au contraire, là où les familles chrétiennes sont régies par la loi de Jésus-Christ, tous leurs membres s'habituent par degré à aimer la rehgion et la
piété, à regarder avec horreur les doctrines erronées et pernicieuses, à pratiq'uer la vertu, à obéir à leurs supérieurs, à réprimer cette tendance à l'égoïsme, qui est le principe de l'abaissement et de la dégradation de la nature humaine.
« Vous trouverez, pour obtenir ces résultats, un grand secours dans les pieuses associations, fortement encouragées et bien dirigées, qui se sont formées en notre temps au grand avantage du catholicisme. Ce sont là des choses au-dessus du niveau ordinaire, qui demandent, pour être accomplies, des efforts surhumains; néanmoins nous espérons et désirons les voir se réaliser. En efTet, Dieu a créé les nations guérissables et il a fondé son Eglise pour le salut du genre humain (1)... »
Tels sont les sujets qu'aborde Léon XIII dans sa première encyclique. II semble y tracer la roule qu'il se propose de suivre et il place des jalons de distance en distance pour se guider lui-même et nous aider à le suivre.
Note. — Pour bien se convaincre que Léon XIII, dans ses pluseolennels enseignements, comme dans l'ensemble de ce que l'on peut appeler sa" politique, a pour but principal de combattre la grande conspiration antichréticnne et biaçonnique contre l'Êgltsc, la ■papautéj V ordre social tout entier et là civilisation ch'éticnnc, il si<flira de lire l'extrait suivant d'une circulaire du Grand Orient d'Italie à toutes les loges de la Péninsule, publiée au commençemi?nt d'avril 1888, dans la Revue de la Maçonnerie italienne :
" Jamais comme aujourd'hui, dit la circulaire, la nécessite absolue d'un travail collectif ne s'est imposée aux loges italiennes. Nos ennemis 1res fortement organises, obéissant à un seul mpt d'ordre qui, parlant du Vatican, est communiqué' à tous les centres cïéricausf du monde, même les plus petits et les plus obscurs, tentent de suffoquer l'esprit de la Maçonnerie, c'est-à-dire, de la liberté, de la civu.isation
et de LA SCIENXE. »
Nous soulignons ces derniers mots afin de montrer clairement que les conspirateurs ont la parfaite intelligence du but poursuvi par Léon XIII; afin, aussi, que le lecteur comprenne la tactique perfidement habile de tous ces Grands Orients, qui, substituant au génie divin du christianisme Vesprit de la Maçonnerie, s'efforcent de faire accepter celui-ci comme l'esprit de la véritable liberté, de la civilisa' tion et de Za science.
(1) Acta, ibidcitt.
ATTITODK DE L UNIVERS.
ACTES l'ONTlFlCAUX.
Ainsi ces audacieux ennemis de Dieu, de la vérité et de tout bien, ne craignent pas de pervertir le sens propre des mots et d'appeler du nom de justice ['imquitc elle-même.
" Les loges maçonniques, ajoute le Grand Orient, ne peuvent se contenter d'arides discussions j^cadémiques; mais doivent entrer en champ clos et travailler toutes' à atteindre notre idéal. Il faut donc combattre l'œuvre inique des cléricaux, qui voudraient relâcher les liens de l'unité politique de l'Etat.
« S'inspiranl de ces considérations, le Grand Orient d'Italie entend et ordonne que toutes les loges :
Veillent sur la manière dont les œuvres pies sont administrées;
S'occupent assidûment des élections admjnistuatives;
Contrôlent la conduite des maires;
Etudient la situation et la direction des écoles élémenlaires ;
Et examinent les besoins de leurs contrées respectives.
>' Les loges sont par conséquent invitées à constituer cinq commissions permanentes pour répondre à ces divers besoins, etc. »
La Revue annonce ensuite que les ordres du Grand Orient ont déjà été suivis, et que les commissions sont nommées presque partout.
Correspondance de V Univers du 6 avril 1888.
Ainsi se trouve confirmée en avril 1888, au bout de di.v années de luttes incessantes, l'existence de celte conspiration antichrétienne dénoticée par Léon XIII en avril 1878. Et ce ne sont pas seulement les loges de la péninsule italienne que la Maçonnerie emploie comme instrument docile et aveugle dans l'accomplissement de son œuvre impie, mais le gouvernement italien avec toutes les forces morales et matérielles dont il dispose.
En France, personne n'ignore que la Maçonnerie poursuit ouverjcment et impitoyablement le même but avec les mêmes moyens.