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l'ig. "0. — s.-niii (li.inciit et saint Pierre, d'aprcs une mosaïque de l'Église Saint-Clément, à Rome. — C'est dans cette église que fut enseveli saint Cyrille, apôtre des Slaves. L(» successeur de saint Pierre, Léon xm, a étendu à l'Église universelle le culte do saint Cyrille.
sions sociales causées par d'insatiables cupidités, à donner à l'Eglise catholique cette liberté, qui ne pourrait manquer de taire naître la paix, la fidélité et ratlachemenl à votre personne dans le cœur de vos sujets.
. « Les sentiments de justice et d'équité que l'on reconnaît à Votre Majesté nous portent à espérer que nous pourrions
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nous entendre et nous accorder. Votre Majesté doit savoir que la religion catholique se fait toujours un devoir de répandre la paix dans tous les pays et de travailler à assurer la tranquillité des royaumes et des peuples.
« Avec la confiance que nos désirs, sur ce point, seront heureusement accomplis, nous prierons toujours de tout notre cœur le Dieu tout-puissant de vous préserver longtemps de tout mal, de vous inspirer de salutaires conseils et de vous unira nous dans une parfaite charité (l). »
Cette lettre, si on se rappelle la mort tragique de l'empereur, qui, moins d'une année plus tard, frappa d'indignation le monde civilisé, semble contenir un avertissement piophétique. Elle ne fut pas sans effet sur Alexandre II. Celui-ci envoya à Rome deux de ses fils, dans le cours de l'année. Peut-être que l'accord dont parle Léon XIII eût fini par s'établir, si la mort n'avait pasenlevé l'empereur. Mais la persécution a recommencé, et le monde chrétien apprend toujours avec le même élonnement et la même horreur qu'il se passe en Russie des scènes de cruauté et de fanatisme aussi inqualifiables que celles dont le colonel Mansfield nous trace le tableau
Léon XIII, tout en s'adressant aux souverains et à leurs ministres dans l'intérêt de l'Église et dans celui des États^ ne laissa pas de se servir d'un autre moyen d'arrêter la persécution et d'amener la paix religieuse : nous voulons parler de l'opinion générale. Personne, parmi les hommes d'État et les publicistes de notre époque, ne s'est formé une idée plus juste de l'influence de l'opinion publique pour propager la vérité ou flétrir l'injustice. Il a su cultiver cette opinion et s'en servir pour le plus grand bien de la religion et de la société.
Le pape avait sans doute en vue d'obtenir quelque adoucissement au sort des malheureux catholiques russes; mais il voulait encore- préparer le retour de toute la race slave à l'unité romaine. Cela peut, de prime abord, 'paraître^ un rêve. Mais de semblables retours sont des faits communs dans l'histoire de l'Église. Ils ne s'accomplissent pas subitement. Il est nécessaire, de les préparer; il faut gagner l'as^en-
(1) Leonis XIII, P. M., Ada, il, Cl, Ci
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liment universel yraduellemenl, et, par lui, agir sur l'intelligence et la volonté d'une nation. Ce ne furent pas les miracles seuls qui convertirent l'empire romain; la vie. sainte d&s prédicateurs et des disciples de l'Evangile forma peu à peu le jugement des peuples qui proclamèrent la divinité de la doctrine évangélique et la supériorité de la morale chrétienne.
Les encycliques de Léon XIII, ses lettres aux archevêques et aux: évoques des divers pays, aux souverains et aux personnages distingués, ses allocutions consistoriales, grâce en pailie à la perfection littéraire qu'il sait donner à des pensées élevées, à des sentiments toujours nobles et modérés, ont été autant de moyens d'influencer partout l'opinion générale. Lui, père de tous les chrétiens, pasteur de tout le troupeau, jugea que l'union de tous les esprits dans la vérité et de tous les cœurs dans la charité mettrait fin aux luttes entre les différentes races et les difTérentes nations.
Il fut un temps où l'Orient et l'Occident reconnaissaient. l'Eglise de Rome pour mère et maîtresse. Pourquoi ne pas travailler à ramener cette union? Le mahomélisme triompha de Constantinople, de l'Asie Mineure, delà Syrie, de l'Afrique, parce que Photius sépara les églises et les races par des haines nationales et des préjugés fondés sur le mensonge. Pourijuoi ne pas renverser ces obstacles, en faisant pénétrer la. vérité partout et en insinuant, avec la vérité, l'estime et la confiance mutuelles ?
L'Église peut suffire à ce travail, car elle est immortelle et stable comme Dieu. Un pontife commeru:e l'ieuvre de propagation et d'union, un autre la contirme, et ce saint héritage de ra[)Osl()lat |)asse de main en main, d'une génération, de chrétiens à une autre. Quand on poursuit un tel but avec les moyens dont l'Eglise disptjse, le succès ne peut être douteux.
Ce fut le souverain pontife qui envoya aux populations slaves de l'empire turc leurs deux grands apôtres, les frères Cyrille et Méthode. Ce fut le pape qui les encouragea et les soutint dans leur apostolat. Cyrille mourut à Rome le 14 février 869, et fut enseveli dans la basilique de Saint-Clément, pape et martyr, dont il avait lui-même rapporté le corps de Grimée. Son frère Méthode retourna cultiver le vaste champ
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de -son apostolat, et mourut en Moravie, dans le mois de septembre 880. Les races slaves leur doivent, outre la possession de la vérité évangélique, l'alphabet dont elles se servent, la liturgie et la littérature nationales. Ils traduisirent en slave non seulement les Évangiles, mais encore les livres liturgiques, les psaumes et les extraits de l'Ancien et du Nouveau Testament qui font partie de la messe et de l'office divin.
Léon XIII publia le 30 septembre son encyclique, Grande Munus, par laquelle il étendait à l'Église universelle le culte des apôtres slaves. C'est une des plus éloquentes productions de la plume du pontife; mais, avant tout, c'est une belle œuvre de pacification religieuse.
Les populations slaves répondirent avec enthousiasme à cette glorification de leurs apôtres et à l'honneur qui en rejaillissait sur elles-mêmes. Excepté dans l'empire russe, la fêle centenaire fut partout célébrée avec une grande solennité. Une multitude de pèlerins de la Bohême, de la Bulgarie, de la Servie, de l'Herzégovine et des provinces slaves dépendantes de la Turquie, accoururent à Home pour remercier le saintpère et se prosterner sur le tombeau de saint Cyrille. La franche dévotion de ces braves gens, que l'on peut appeler les prémices des nations auxquelles l'avenir réserve de grandes choses, consola le pontife de bien des tristesses. Tous ces pèlerinages édifiants devaient ouvrir les yeux aux révolutionnaires, et leur faire comprendre l'étendue de la puissance morale avec laquelle ils avaient voulu st; mesurer dans un duel à mort.
Pendant l'automne et l'hiver, il ne cessa d'arriver au Vatican des adresses de remerciement, des letties d'actions de grâces et autres témoignages de satisfaction, de la part des villes, des académies, de l'épiscopat et de? associations catholiques slaves.
Le saint-père avait touché au cœur une race encore vierge, douée d'une profonde sensibilité et de qualités qui demandent une occasion providentielle pour se développer. Léon XIII répondit à tous. Il saisissait chaque circonstance pour recommander l'union dans la foi et la charité, l'éducation chrétienne, les associations littéraires et charitables; en un mot,