A. «ALLER
léttxe, mon collègue 9 le docteur Rosen , médecia du roi , entre et m'apprend votre mort , qui serait, tssore-tHXx^ arrivée en Avril dernier; j'ai hësité , livré que j'étais au doute et à la crainte , si jje ferais partir ma lettre. La mort d'un père, d'uâe épouse ou d'un fils unique, ne m'affligeait pas davantage. Si cette nouvelle était vraie , comment auiais-je pu ne pas la voir dans les feuilles publiques ? j'attends donc de meilleures nouvelles. » Le la Janvier 1744? Linné se félicite d'avoir reçu de HàUer une preuve matérielle d'existence. « Dieu soit loué, écrit-il, vous êtes plein de vie et bien portant ; votre lettre m'en donne l'assurance. Lorsque je vis volare signature je ne me sentis pas de joie. Nous avions Ums déploré sincèrement votre perte , et moi bien plus que les autres. La société roycde m'avait diargé d'écrire votre vie dans ses mémoires -, me voilà , gt»ce au ciel , délivré de cette tâdie. »
Nous négligeons , à dessein , d'analyser diverses lettres qui ne renferment rien d'intéressant, pour aarriver à une réponse de Haller , qui laisse éclater ifn violent dépit et qui prâLude à une rupture complète. Linné , en publiant sa Flora sueeica , avait inséré ci et ii plusieurs remarques dictées par l'amour de la science. Rien d'amer ne s'y faisait voir , el; le nom de Haller était toujours accompagné d'màë épithète honoraUe. Nous avons lu avec une grande attention là Flora tuecica , et pesé scÂgneus^nènt toutes les expressions qu'elle renfeitee ; notre étdâinement n'a point connu de bornes, en acquérant la certitude que Haller aurait dû plutôt remercier Linné que le blâmer aussi amèrement. L'jexplicatiein 4^ cette acmduîte se tiouve dans un voyage que
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Rosen , ennemi secret de Linné , fit à Berne , vers la même époque.
Haller, préyenu contre son correspondant, prit de l'humeur et lui écrivit en ces termes : ( lettre du . 8 Avril 1746. )
« J'ai vu dernièrement votre Flora suectca , et j'ai observé avec plaisir les nombreuses plantes dont vous y faites mention. Il ne m'a pas été aussi agréable de me voir si fréquemment, et si exclusivement réfuté dans un ouvrage aussi court; et de lire une foule de phrases qui ne sont rien moins qu'amicales. Ce n'est pas de la sorte que j'en use avec vous 9 lorsque nous différons d'opinion. Croyez-moi , en vous comportant ainsi , vous servez la cause de vos ennemis, qui sont nombreux et moins impuissans que vous ne le supposez. L'attachement de vos amis les plus dévoués reçoit toujours quelque atteinte de l'injustice de vos critiques. J'ai dernièrement plaidé votre cause avec quelques-uns de vos adversaires, et j'ai été vivement blâmé de mon trop grand dévouement à votre personne. Vous m'attaquez sans cesse, et avec une intention évidente de me blesser. Mais considérez , mon cher Monsieur , combien il me serait aisé de faire tourner ces critiques contre vous-même, qui n'avez sans doute tenu mon livre que quelques minutes entre vos mains. »
Suivent une vingtaine d'observations que Haller relève comme inexactes. La mauvaise humeur de cet illustre savant l'a tellement aveuglé que , loin de se justifier aux yeux du lecteur impartial, il met en évidence la bonne foi et la sage retenue de son correspondant.
Linné dut être sans doute vivement peiné de
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recevoir la lettre dont nous venons de parler, quoique déjà sa correspondance lui eût appris combien il était difficile de conserver la bonne harmonie avec un savant aussi susceptible ; il vit dès-lors qu'il perdait un ami. Dédaignant de se justifier d'imputations injurieuses , il rangea cette lettre parmi celles auxquelles il ne répondait pas; toutefois, faisant une juste distinction entre l'honune prévenu et le savant , Linné continua de correspondre , accusa réception de la lettre, et donna, comme par le passé, à Haller, conmiunication de tout ce qui avait rapport aux science6,que tous deux cultivaient avec tant de distinction ; pourtant Linné ^e montra sensible aux plaintes de Haller et en donna une preuve éclatante dans sa préface de Ia Flora zeylaniea , où il mit ces phrases destinées à consoler Fami trop susceptible. « En Allemagne, et parmi les botanistes suisses, Haller est distingué comme un second Boerhaave. Il a entrepris de nous faire connaître les
Alpes et la Germanie tout entière Le célèbre
Haller est connu du monde entier comme le plus infatigable des savans, et il est aujourdliui sans rival dans la médecine et l'anatomie. Considéré comme botaniste , il a certainement examiné et décrit un plus grand nombre de plantes que toute autre personne. C'est bien injustement que l'on m'a accusé d'avoir écrit contre cet excellent homme. Je désire que tout le monde sache que je tiens, et que j'ai toujours tenu ses publications et remarques en haute estime, et que je suis même chaque jour occupé à les étudier. Jamais travaux plus importans n'ont paru dans aucune partie de l'Allemagne. » Haller ne fut point satisfait de cette réparation. Ce professeur ( lettre du 27 Juin 1746 ) revint encore «ur ses prétendus griefe et