Çi GOEBSBPOirDAirGE BE LHIirÉ
«l'obtint aucune rëpooee. liane, sans eesajar de se ya»tiâer 9 ^x)po8e à Haller l'échange de son portrait cour tfi^ là médaille que le eomte de Tessin Tenait de faire frapper en son honneur (24 Septembre même année) ; Haller accepta ^ et Linné lui adressa aussitôt des tp^ naercinaieiis dans ce style chaud et amical dont il fil «eul usage durant une aussi longue corresponda&ce , {21 Octobre iy^6). Six mois après Linné annonce à Haller qu'il yient de fedre paraître la Flora zeylatUoàf ei que, dans la pré£Bice de cet ouvrage, il a cherche i lui rendre une justice complète ; il ajoute que dans la relation de son voyage en West-Gothand , il l«i a donné de justes âoges en parlant de la postera ; et enfin que dans une dissertation sur quelques nouveaux Ipenres, il l'a mentionné avantageusement, et comme fi devait le faire. « Par ces trois publications, vous pou»rcK connaître , dit-il , mon dévouement à votre per«siHine et la préférence marquée que je vous accorde mâc tous les botanistes. J'ai résolu, par tous les moyens possibles, de me concilier votre faveur. » Comment penseton que Haller réponde i ces marques d'affection ? p&r des phrases amicales? non, sans doute ; mais par ce peu de mots : « ce n'estpas sans peine que j'ai lu votre lettre du 10 Avril. Vous décls^ez que vous m'aimez et que vous m'êtes dévoué^ pourtant j'ai vu dans votre dissertation que vous me blâmiez amèrement d'avoir réuni les poêsiflara et les Gucurbitacées , puis vous m'adressez une lettre pleine de phrases piquantes. Si c'est là votre maniée d'exprimer votre amitié , comment donc exprimez-vous votre haine ? » etc. , etc.
* Haller puMia peu de temps après, dans la Getettè Uité^ rtLire , tin compie rendu Ibrt avantageux de cette floi«.
A. HALLfiA. 1737 1766. I2S
(lettre du 25 Mai 1747) *• Inexplicable conduite lor^ que l'on apprend, quelques lignes plus loin, que Haller vient de prier son ami Koeler de cc^er la mëdaille firappëe à Stockholm en l'honneur de Linné. X]elui-ci apfHraid à HalLer, fks ordre de l'académie d'Upsal , qu'elle yient de le recevoir dans son sein , en qualité de correspondant (12 Mai 1747 ) ; Haller rem^cie par une très^courte lettre (8 Juin 1747)* Linné répond à la lettre du 25 Mai 1747 9 mais loin de relever^ comme Haller l'eût voulu sans doute , le gant q»e cdluirci lui jetait encore , il le remercie de ce qu'il fait copia: en Allemagne la médaille du comte de Tessin, et croit voir en cela une preuve non équivoque de la plus tendre amitié (23 Octobre 1747)- U est question, dans cette lettre, de Kalm qui, d'Angleterre, est passé au Canada, et de Temstrom (pii, après avoir été en Qiine , explore les Indes orientales ; c'est , dit-il , un excellent collecteur de plantes , mais rien de plus. Haller loue linnë de sa Flora zeylanica ( 27 OctolM*e 1747 ) 9 quant à lui , il néglige la botanique et s'occupe avec ardeur d'un Metikodus medendù Linné lui apprend ( 28 Mai 1748 ) qu'il vient de perdre son p^e y
* Haller écrivit à Rosen le même jour , a5 Mai i747» une lettre dans laquelle il exhale sa mauvaise humeur ; voici les termes qu'il emploie ; nous les conservons en latin pour ne pas les affaiblir par une traduction : Linnœo nuper per Utteras se purgandiy sed ita , ut malern ahstinerei purgatione^ kas Utteras trades , forte, rùsi ab tuniciorem sensum redièit, ultimas multum ipsi tribut , peperci erroribus , famam auxi : non im^nio eum meœ comitatisfructum , quem sperare poteram — Bdam deinde Germanicœ florœ prodromus , in quo de Linnœo ita agetur, ut intérim de me merébitur. Laboriosus certe homo est, et naturee cupiduSy hinc mihi car us, sed eiijus mores mecum nescio quid iaœfuabilê hobent et encensions H txtpenm^
124 COE&SSPOHDAlfGE DE UlTllé*
né le 1^ Juillet 1674 et mort le 12 Mai 1748 ; il en parle comme d'mi amateur de plantes rares , entièrement livre à leur culture*
Haller ëcrit de Gottingue (12 Août 1748) qu'il s'est trouve dans la nécessite denblâmer Hamberger^ de la chaleur que celui-ci mettait à défendre le système sexuel; il n'a pu, dit-il, se dispenser de montrer^ surtout à regard des graminées, combien son opinion différait de celle de Linné ; mais il espère que celui-ci ne s'en fâchera pas.Une réflexion se présente : ne doiton pas penser que Haller a sacrifié dans cette occasion linné pour avoir le plaisir d'attaquer Hamberger avec lequel il avait alors une violente polémique , relative à la théorie de la respiration , théorie qui n'est pas encore irrévocablement fixée. Linné ne se fâche point de cette conduite ; mais il donne à Haller ( i3 Septembre 1748) le conseil de n'écrire, ni contre Hamberger, ni contre qui que ce soit , afin de ne pas faire sortir de l'obscurité des hommes destinés à y rester toute leur vie* Il engage son ami à imiter leur digne maître le grand Boerhaave , qui jamais ne répondit aux attaques dirigées contre lui , et raconte à ce sujet l'anecdote suivante : a Boerhaave était sur son lit de mort lorsque j'allai le voir pour la dernière fois. Ce grand médecin me fit approcher et me donna cet utile conseil : mon cher ami, croyez-moi, ne répondez jamais aux écrits dirigés contre vous ; et, comme je me taisais , il ajouta : promettez-moi que vous n'y répondrez jamais. Je fis la promesse qu'il exigeait et je m'en suis bien trouvé. » Linné reproduit ensuite quelques-unes des idées émises dans la première de ses lettres*, il montre le dégoût le plus prononcé contre toutes les diseussions scientifiques et cherchée prou-
A. HALLEA. I737 I766. 125
ver que le vainqueur lui-même y perd toujours quelque chose. Le reste de la lettre est consacré aux matières botaniques. Lînnë écrivit sa derniùre lettre le 26 Septembre 1749 9 ^^ annonçant la publication de la Flora suecica, débarrassée de ce qui avait , et si in* justement pourtant , excité la colère de Haller. Je ne veux point avoir de querelle avec vous, lui dit-il 5 tels furent les derniers mots que traça la main de Linné dans sa correspondance avec Haller 5 celui-ci lui écrivit de Gottingue ( 23 Octobre 1749 ) et de Berne (10 Avril 1766 ), pour le remercier de l'envoi de quelques brochures; il ne paraît pas qu'elles dissent accompagnées de lettres. Ainsi se terminèrent les relations de deux hommes auxquels il n'a manqué peut-être , pour devenir amis et pour le rester toujours , que de s'être vus quelquefois et de s'être jugés sur leur physionomie y comme ils s'étaient jugés sur leurs écrits.
Et maintenant que nous voilà arrivés à la fin de notre tâche, écrirons-nous toutes les réflexionsque nous suggère la lecture de la correspondance de Linné avec Haller ? non sans doute : nous nous bornerons à dire que Linné nous parait sincère dans l'expression de son affection pour Haller, et que les prétendus griefs que celui-ci lui reproche avec tant d'amertume n'avaient aucim fondement et n'étaient point de nature à rien changer aux relations amicales qui s'étaient établies entr'eux. On chercherait vainement, dans tout ce que Linné a écrit , quelques expressions défavorables dirigées contre son ami ; ses lettres confidentielles , ses notes autographes, même celles qu'on a trouvées après sa mort , n'oflrent rien de semblable et témoignent au contraire de l'affection qu'il éprouvait pour Haller. Celui-ci n'imita pas cette conduite. Ses lettres
r^ofermeut des phrases pleines d'amertuine , et cepenàmi il aimait Linnë ! sa correspondance ayec Rosen , aree Gouan ^ et ayec une foule d^antres sayansr, lui donoa les moyens de faire éclater sa mauvaise humetor; il 6IÏ est de même de la plupart des ouvrages qu'il pil- Uîa aux différentes époques de sa vie. K l'on ajoute à ees faits là publication de la correspondance privée de Linné, du vivant même de son illustre correspondant ;, celle du pamphlet de Haller fils (ThéophBe- Emmanuel ) intitulé : Duhia contra Linnœum , dans lequel on croit reconnaître la main qui soutint la faiblesse du jeune critique, à peine alors âgé de seize an^, on sera dispensé d'établir un jugement, car il résultera du simple examen des faits. Que la postérité prononcîe donc , les pièces du procès sont devant ses yeux.
J. J. DiLLEKIUS.
Du i& Mai 1757 , au 10 Février 1746.
Jean Jacques Dillen , plus connu sous le nom de Dillenius , et que beaucoup de personnes croient Anglais , était Allemand. Il naquit à Darmstadt , vers l'année 1684 y et mourut , à l'âge de 63 ans, le 2 Avril 1747? dans le comté d'Oxford. Cet illustre savant avait fait ses études à Geissen , et il y pubK^ plusieurs ouvrages botaniques qui commencèrent sa réputation. Ses travaux, sur la propagation des mousses et des fougères, annoncèrent sa vocation pour l'étude de la cryptogamie, tout à-la-fois si attrayante et si difficile. Il fit paraître un catalogue raisonné des plantes qui croissent dan? le voisinage de Greissen y et. f vi^ année plus tard y
J. J* »ILLBNIU». 1737 — 1746* 137
( en 1739 9 ) il le compléta par un appendix. Willian» %ërœrd, homme opulent, qui ayait ëtë consul à Smjrne, et qui aimait passionnément l'histoire nsh tureUe, l'engagea à venir se fixer en Angleterre; il j Tint, en Août 1721 , et vëcut dans une étroite inti* inité arec ce protecteur éclairé des sciences, et dans celle de son firère , James Shérard , riche phar^ macien qui possédait un magnifique jardin à Eltham, pvèa dfOxford. Dillenius en publia le catalogue dans l'année 1733. Le consul Shérard mourut vers cette époque, après avoir fondé une chaire de botanique à Oxferd. Dillenîtis fut désigné pour l'occuper , et professa avec un grand succès* Entièrement livré à If étude des plantes , ce botaniste mit le sceau à s» reûOButnée en donnant , au monde savant , le plus bel ouvrage de cryptogamie qui eût encore été pu- Mié : je veux parler de VHisMia nvuscorum *, dont ii fit les dessins et grava les planches , avec une perfection et un talent admirables.
Dillenius était un très-grand botaniste, et chacun le ssôt; mais il est douteux qu'il fut un homme aimable; du moins est^-il certain que personne n'eut des idée» plus fortement arrêtées que lui , et que le style de ^ correspondance avec Linné , nous le montre sous les traits d'un c^seur sévère et souvent même cha* grin. Enthousiaste de Rai , dont il se disait le disciple^ on le vit , en toute occasion, s'efibrc^ de rabaisser le mérite de Tournefort , pour rehausser celui de son maître. Il ouvrit une polémique acerbe avec Rivinus ,
^ Historia muscorum in qua circUer sexcentœ species petere^ etnopœ ad sua gênera relaXœ describuntur et iconibus genuinis ilhistrantur , cum appendice et indice synqnymorum i opéra j,j, Villenii; ùxoftii 174*», a ^1. itl*'4*'«
I2ti G0E&E8P0KDAACB DV Ltmi»
dans la préface de quelques-uns de ses ouvrages , rcla* tiTement à l'importance de la corolle , considérée comme moyen de classification ^ Tlirelkeld l'attaqua y à son tour 9 en termes très-peu ménages; mais Dillenius dédaigna de répondre à ce rival , qu'il jugea indigne de ses coups. Nous ne doutons pas que si Linné n'eût eu toute la retenue que commandait l'âge de Dille-' niusy il ne se fût brouillé sérieusement avec ce savant^ qui, non content de l'avoir mal accueilli à Oxford 9 lui écrivit souvent en termes durs et peu ménagés* Linné avait pour Dillenius la plus haute estime $ il disait conununément de lui 9 qu'il était le seul ^ Europe qui sut bien ce qu'on devait entendre par genre; aussi écrivaitril à Haller ( i^** Mai 1737 ) : Dillenius et vous , êtes les deux seules personnes avec lesquelles je ne voudrais me brouiller à aucun prix* Dillenius avait trop de mérite pour oe pas sentir tout ce que valait Linné ; mais , arrivé i la fin de sa carrière scientifique 9 il ne voyait pas sans quelque humeur ce hardi réformateur apparaître et menacer de renverser l'édifice qu'il avait passé une partie de sa vie à élever. On rencontre pourtant çà et là dans sa correspondance avec Linné ^ à travers plusieurs phrases désobligeantes, quelques expressions aimables qui semblaient lui échapper à son insu, et nous trouvons 9 dans une lettre de Dillenius au docteur Kichardson , une preuve de l'estime qu'il avait conçue pour Linné, k Un nouveau botaniste )> s'est élevé dans le Nord , lui dit-il ; son nom est » Linné , et il est fondateur d'une nouvelle métliode » sur les étamines et les pistils. Il a déjà fait paraître » divers ouvrage tels que Fundamenta hotanica , » Bibliot1t£ca botanica, SyMlema naiurœ^ei il fait
J. j; MLLBIIIUS. 1757 — 1746. 13}
)> maintenant imprimer, en Hollande, ses Charae^ » tetêê et sa Flora lappanica. Cest un Suédois qui T» a yoyagë chez les Lapons ; il a un savoir profond » en botanique , mais je crains bien que sa mëthodt » ne puisse être adoptée ^ il yint ici dernièrement » et séjourna huit jours , après quoi il est retourna » dans sa patrie. »
hBL correspondance de Linné et de Dillenius s'ou* yrit par une lettre du naturaliste suédois , écrite le i~ ^Mars 1736 ; celui-ci n'avait pas encore trente aDS el Dillenius passait la cinquantaine : cette dififérefiee d'âge expliquerait au besoin la retenue de l'un des deux correspondans , et le ton dogmatique de l'antre» En lisant les lettres de DiHenius , on apprend à aimer davantage Linné , qui sait conserva le ton le plus respectueux avec un vieillard OMiroBe, toujours prêt à le morigéner. Cette cor-* reqpondanre, qui se termina en 174^9 ne roule absQlviment que sur la botanique. Dillenius écrivait en Ifitin^ et ses lettres renferment un foule d'ob* «ovations, critiques qui portent presque toutes sui: le. système sexuel , et sur la nouvelle nomenclature botanique; très-peu de ces observations ont pa être utiles à Linné , et le professeur d'Oxford 9k pmvaais souvent, dans ses lettres, des fautes plus l^aves que celles qu'il voulait relever.
Doimons quelques échantillons du style des lettres de Dillenius à Linné. « Vous avez accompli de grandes choses 9 et c'est ce qui m'engage à vous dir^ ipi'il. faut étudier déplus en plus les espèces. Je n0 4^uie pas ^e vouê-fnefne ne haulevertiex jff#é^ii#. jour voire propre syeiime. Vous voyez <P^ }9jijm Jl^i^v^ :#^ ouvertement ma fi^a
i3o côùiSFOiiDÀHec M tiSmÈ,
de penser , coitiptant bien 9ùt votre bonne disposition à recevoir farorabl^nent mes criti^des. n
a Les différences sexneUes sont , stûrant iiuli ^ fHroles , sonnes , et même nuisibles ; eUes né peuvent servir de caractère. Qael est Fobjet dé tont cet étalage ; ce sont de véritableé puérUUiê^ c'est bien assez qu'elles aient fait tourner la tête d'un botaniste , celle de Vaillant. >» ( Lettre dit 16 Mai 1737. )• • ••••
u Autant votre Flore de Laponie m'a été agréable y autant votre Crkiea hotanioa m'a détiln f pourquoi me l'avoir dédiée, je n'ai point désbê cet bonneur? Ife deviez-vous pas me faire edtt* naitre que vous aviez ce projet ? Ignorez-^voui combien je déteste ces sortes de politesses ? J'espère que vous n'avez chargé de cette dédieaeé que bien peu d'exemplaires ; peut-être même ne se trouve-tnelle qu'en tète de celui que rém m'avez envoyé ; s'il en était autrement , je dérirerais que vous fissiez disparaître ces phrases de parade que je prendrais en mauvaise part. 1» • •
• • • • • « Je sais , dit-il encore , que la
nomenclature botanique est semblable aux écH* ries d'Augias , que Gessner et C. Hoffinahn n'ont pas été capables de nettoyer ; il faudrait poâr cela une érudition qui ne s'acquiert que par de longues et opiniâtres études] ; et ce ne sera ni des mains négligentes 9 ni des mains pressées qui pourront j parvenir. Vous vous jetez inconsidérément à travers tont cela , et bouleversez la science sans résultat. J'ai bien peur de rem avcrfr déjplu en- me montrant en oppcirition âvee