‹ Vie de Linné, rédigée sur les documens autographes, et suivie de l'analyse de sa correspondanceChapitre 9 sur 50 · A. HALLER. I737 I766. II · texte numérisé non relu

A. HALLER. I737 I766. II

TOUS voir dans quelques mois , je me rendrai à votre invitation , en supposant , toutefois , que vous consentiez à me recevoir avec ma chère femme. S'il pouvait arriver un jour que vous voulussiez visiter Hambourg^ je m'y rendrais uniquement à cause de vous, et quoique j'en sois séparé par une grande distance , je la franchirais sans peine. Plaise à Dieu qu'avant de mourir , je puisse vous voir et vous parler ! Adieu , vivez long-temps heureux ! vous qui êtes Fastire tutélaire des sciences naturelles. )>

Dans les lettres qui suivent , Haller annonce la continuation de son synopsis et l'apparition d'un petit nombre d'écrits botaniques , notamment celle de VHistoria muscorum de Dillenius ^ et la publication de l'herbier iconographique de lady Blackwell. Il apprend à Linné qu'il vient de faire un voyage dans le Jura; la Flore helvétique sera terminée dans le courant de l'année (1740). Haller reproche aux Français de ne rien publier, quoique riches en matériaux inédits 5 etc. Sa troisième lettre est terminée par cette phrase religieuse et morale. « Je ne puis vous en écrire plus long à présent ; j'ai perdu, il y a près de deux mois , une femme qui m'était chère par seé manières , ses qualités personnelles et les rapports de famille que je lui devais ; puissiez-vous,. long-temps heureux avec votre Morœa * , jouir de votre réputation si justement métitée î et puisse le suprême régulateur de toutes choses, ne pas vous faire connaître avec autant de sévérité qu'à m^oi, qu'il

* Linné avait dédié à sa femme, née Moraeus, un genre nommé par lui morœa. Nous avons conservé en français cette expression toute botanique.

Il8 G0A&BSP05DAKGE DE LIlTirÉ.

n'est rien ici bas qui puisse nous rassurer eontre les terreurs d'une inévitable et menaçante éternité 5 réputation, richesses, attachemens les plus chers ^ ne sont rien 5 la faveur divine est tout. »

linné ( i5 Septembre 1740 ) apprend à Haller qu'il vient d'échouer dans ses tentatives pour succéder i Rudbeck. Il r^ette que Joseph de Jussieu, qui revenait du Pérou , ait été tué d'un boulet de canon, dans un combat entre na vaisseau anglais et celui qui le ramenait en France. Cette nouvelle était fausse : Joseph de Jussieu revint plus tard et mourut à Paris. Linné écrit à Haller , qu'il vient de lui dédier les Funda^menta hotanioa, collectivement avec plusieurs autres botanistes, qu'il énumère dans l'ordre d'estime qu'il a pour eux ; cet ordre est ainsi établi : Dillenius f Haller, Van-Royen, Gronovius, les Jussieu, Butmann et Amman. La postérité a été plus équitable envers Bernard de Jussieu : quoiqu'il n'ait écrit que peu d'ouvrages , il fut en Europe le promoteur de la méthode naturelle. Haller annonce de grands travaux sur les champignons , dont il a fait figmrer un nombre considérable , et communique diverses remarques sur les genres blasia , equisetum et pyrola. La réponse de Linné est consacrée à l'examen d'un sedum ^ que Haller avait déclaré nouveau 5 il est aussi question de VIsopyrum/umarioides , de Yandrosace , de quelques delphiniufn rares, etc. Linné a, dit-il, envoyé un élève en Laponie pour récolter des plantes destinées au jardin d'Upsal. HaUer adresse peu après, à son correspondant, quelques dissertations qui donnent lieu, de la part de Linné, à plusieurs observations critiques (18 Juillet 1743) ; la lettre qui les renferme est terminée comme il suit : « pendant que j'écaris cette

Page 1