P. ASCANIUS
Du 7 Avril 1755, au 4 Octobre 1767.
Pierre Ascanius , était un Danois , savant zoologiste et minéralogiste habile , qui devint sous-intendant des mines dans la Norwège septentrionale^ Il correspondit avec Linné pendant environ douze ans , et les lettres qu'il lui adressa ne sont pas dépourvues d'intérêt ^ la première est datée de Londres ( 7 Avril 1760), et renferme diverses nouvelles scientifiques. Cest en Angleterre, écrit Ascanius, que son compatriote
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Pontopidan va publier une histoire naturelle de Norwège; ily d(?crit coname réel un animal fabuleux connu sous le nom de KrakeUy ( sive ormen ou microscorne) ^ monstre marin dont les dimensions sont énormes , et qui n'ayant été vu de personne effraie tout le monde. Ascanius annonce la prochaine publication de l'histoire naturelle de la Jamaïque, de Browne , qui y a demeuré neuf ans 5 elle laissera bien loin derrière elle le travail de Sloane. Browne suit pour le règne végétal, le système sexuel. Les planches ont été faites par le célèbre Ehret , aussi bon dessinateur que botaniste habile. Si l'on en croit Pierre Ascanius , les Anglais ne pouvaient pardonner à Linné d'avoir rayé de la liste de ses genres le Meadia de Miller. Le docteur Mead fut un très-habile médecin , qui laissa deux cents dessins de plantes rares, achetées par Ehret, au prix de 400 guinées (10,000 francs) ; Ascanius semble partager la prévention des Anglais.. Il blâme son correspondant et attribue à cette négligence ou à ce caprice, les attaques que le système sexuel a essuyées en Angleterre, et notamment la critique que vient d'en faire le pharmacien Watson , membre de la société royale , dans une revue du Species plantarum^ Dillenius a laissé le reste du manuscrit de Shérard dans un si mauvais état qu'on doute qu'il soit désormais possible d'en tirer parti. L'opinion de Bernard de Jussieu sur la formation des coralines n'a pas , écrit encore Ascanius , prévalu en Angleterre •, Beker vient de confirmer l'opinion de Linné sur la formation d«8 cristaux. Le juif Dacosta a beaucoup travaillé sur les fossiles en Angletere, ilconnaît très-bien la minéralogie , et sa collection renferme plus d'espèces qu'oa n'en trouve dans les ouvrages publiés •, quant au doc-
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leur Hill, personne n'est satisfait de lui; il unit à une profonde ignorance une très-grande dose d'impudence.
Dans sa lettre, en date du 24 Avril 1761 , écrite de Charlottenbourg , Ascanius apprend à Linné qu^il se livre tout entier à l'étude de la minéralogie, mais qu'il va la suspendre pour rédiger les notes de son voyage en Italie. Il fait remarquer que les productions minéralogiques de l'Europe australe ne sont que peu ou point connues. Il affirme que l'Italie tout entière ne fut autrefois qu'un inunense volcan : il a, dit-il, trouvé des laves et des ponces presque partout ; elles abondent principalement dans le voisinage de Rome. Ascanius fait à Linné (4 Octobre 1767), l'bommage d'un livre inûtulé: Figures enluminées (f histoire naturelle; Copenhague l'j&'j^inrfolio^ dont le texte est écrit en français. Il apprend qu'il vient de parcourir le Danemarck pour y faire des découvertes minéralogiques, et trouver de nouveaux procédés pour l'agriculture et l'économie domestique. Niébuhr est de retour; la fameuse expédition danoise en Arabie est dissoute ; elle n'a pas entièrement atteint le but qu'on se proposait; la plus faible partie des collections est parvenue à Copenbague ; une fièvre maligne a attaqué toutes les personnes qui composaient la commission , et la jplupart d'entr'elles ont succombé. On attend cependant beaucoup des travaux deNiébubr pour les sciences mathématiques. Tout ce que Forskhall a fait en botanique est très-bien traité et Kramer a dignement terminé ce travail. La conchyliologie est riche en nouvelles espèces ; Ascanius promet à Linné quelques productions de la mer rouge et du golfe persique ; il lui adresse le premijer fascicule de la Flore danoise et lui
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annonce le départ de Kœnig pour l'Inde, en qualité de médecin des frères Moraves à Tanjore ; il quittait alors l'Islande où il était missionnaire.
John £llis.
De l'année 1756 ou 1767, au 1 5 Août 1772^
John EUis naquit en Irlande vers Tannée 1710, «t mourut à Londres le i5 Octobre 1776. C'était un négociant estimé qui s'adonna à l'étude des zoophytes et qui^ pour mieux être en état d'en tracer l'histoire , entreprit, à grands frais y plusieurs voyages sur les côtes d'Angleterre et dans les îles qui l'environnent , notanmient dans celle d'Anglesey. Peu de temps après son retour il lut à l'académie ifoyale de Londres plusieurs mémoires importans qui le firent admettre en qualité de membre résidant. Ellis justifia bientôt cette distinction en publiant un corps d'ouvrage intitulé Essay toward a natural hisiory ofcoraUines ^ Londres 17 54 9 y^'^'^j Avec de belles planches; il marqua, mieux qu'on ne l'avait fait avant lui, les limites des règnes végétal et animal. La correspondance de ce savant était fort étendue, ce qui lui permit d'étudier une foule d'objets curieux provenant des Indes, de la Chine et surtout de la Floride occidentale et de la Dominique, dont il avait été nommé agent par le gouvernement anglais. On lui doit la fondation de plusieurs genres de plantes que Linné s'empressa d'adopter, notamment celle des genres hor lesta y gardénia y gordonia et dionœa. C'est lui qui fournit les premiers renseignemens précis sur la préparation du 9el amp(ioniac en Egypte , sur celle du
1^0 CORRESPONDANCE DE LIlTllé.
vernis de la Chine et sur la culture et le commerce du café. Il eut pour amis Banks et Solander qui y de concert , publièrent j après sa mort , un grand pUTrage auquel il n'avait pu mettre la dernière main^ The natural history of corallines , Londres 1754? in-4*> et qui a été traduit dans les principales langues de l'Europe.
La correspondance d'EUis avec Linné commença en 1756 et finit en 1772; les lettres qui la composent sont nombreuses. Le style des deux savans est toujours grave , mais il n'exclut pas certaines expressions amicales qui témoignent de l'estime qu'ils avaient l'un pour l'autre. Les sujets qu'on y traite sont purement scientifiques. Ellis consulte Linné sur ses travaux botaniques et zoologiques et montre une grande déférence pour les décisions de son illustre maître. Cette correspondance , qui eut une haute importance à l'époque où elle commença , était souvent communiquée à la société royale de Londres 5 elle s'ouvre par une lettre d'Ellis qui demande la faveur de correspondre avec Linné (1756). Cette faveur lui est accordée (1757), et il écrivait plus de huit années après (1765) : «la distinction quia le plus honoré ma vie est celle à laquelle j'ai dû de pouvoir correspondre avec vous, qui avez si complètement éclairé les sciences, surtout celles qui se rattachent à l'histoire naturelle que j'aime par dessus tout. » Dans la première lettre écrite à Linné , Ellis s'excuse d'être forcé de se servir de sa langue maternelle faute de savoir suffisamment écrire en latin. Il se montre fort disposé à favoriser en Angleterre l'établissement du système sexuel, et propose divers moyens pour faire jouir les Anglais d'une traduction du Systema sexualis ^ du