VOYAGEUR
veut dire ceci,m'écriai-je? — Que chaque note, d^m \ votre livJce, indique ungentefauXé — Je soutiens qu'il n'd^'estpas ainsi, répliquai-je^ et si , contre mon attenta j. je me troinpais,on doit cfaereher à me prouver mon 'eI^ reur et je ne ferai aucune difficulté de changer ces. ^;^^ res^^-^Prenonsâonc l'une des pcemiëros plantes vçnu^. du jardin; et il allachercher un £/îirim,qu'ilavait,^uipâj que d'aujtros auteurs 9 indiqué comme ayant trcHs éta:^« mines. J'ouvris la âeur, et je lui prouvai qu'A n'y ear avait qu'ime. C'est sans doute une anomalie v dit^iU; Noos en ouvrîmes plusieurs qui^ toutes, étaient daiMf le même isas. Nous passâmes de ce genre à d'autres^ et. ils se trouvèrent conformes à mes descriptions. Dille*" nius étonné dit : Vous, ne piotirez plus. Il me retint un mois, e\^. me donna toutes les plantes vivantes que^ je désirais paur Qiffôrt, qui, à mon retour, m'^aoeueiltit:. avec une graoïâé joie.
» Ce fut ainsi que je vécus jusqu'au moment o&.jefus attaqué d'ime nostalgie qui me força de quitter! Qiffort pour retourner dans mon pa^s par lit France»: Je me rendis à Leyde , où Van-RDyen m'offirit huit' cents florins pour ranger , d'après le système sexuel , le jardin classé d'après la méthode de Bôerhaave* Celui-ci avait quitté la chaire de professeur -de botani» que, et Van-Royen était vivement irrité de ce qtfil lui avait refusé sa JiUe. Je devais trop à B^>erhaavé pour accepter une pareille proposition. Mais Van-Royen voulait absolument que le jardin fut changée Faisons donc, lui dis-je, une méthode qui ne soit ni celle de Boerhaave ni la mienne, et d'après laquelle nous das^ serons les plantes. Il y consentit , et ce ftit là l'oi^gine de la méthode de Van-Royen^ quirest de moi et noi^' de lui ^maîif je ne veuXrpas que celM^it dirulgu^ëj^
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QijBTort, irrite de ce que, au lieu de partir, je restais à Leyde , s'y rendit pour me demander si c'était l'or des Belges qui me retenait, et me dire que, s'il en ëtait ain^i , il m'offiirait les mêmes avantages qu'eux. Je Tenais d'avoir une fièvre intermittente , et , à peine convalescent, j'avais accepté imprudemment l'invitation que m'avaient faite quelques Anglais d'aller manger des huîtres avec eux. Je me laissai séduire : j'en avalai une et pris un verre de vin généreux. Le lendemain , je fus attaqué d'un affireux choiera. Boerhaave me donna du laudanum, que je n'eusse jamais osé prendre si je n'avais été en danger de la vie. Dans l'espace de vingt-quatre heures , j'en pris quelques drachmes, et je fus rétabli. Mais U me resta une si grande faiblesse , que je fus obligé de prendre chaque jour une goutte d'huile essentielle de cannelle pour me soutenir. Ce lut dans cet état que Qififort me trouva. Il me ramena aussitôt à Hammarb7,où il me donna lé logement , la table , et un ducat par jour d'honoraires. Au bout de deux mois , ma nostalgie me reprit , et je me remis en route pour retourner en Suède en passant par la France. Le jour même de mon arrivée dans le Hainaut , je me sentis pour ainsi dire renaître ; le poids qui m'oppressait se dissipa tout-àcoup , et je n'eus plus besoin de faire usage d'huile de cannelle. Après un court séjour à Paris , je m'embarquai à Rouen pour Helsingborg où j'arrivai après cinqjours de traversée. »
17. La réputation de Sloane et le riche musée qu'il possédait attirèrent Linné en Angleterre. Il désirait aussi connaître Dillenius , pour lequel il professait une haute estime, et consulter le Pinas de Shérard. Linné a peint quelque part la joie naïve qu'il ressentit ei^
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TOjant dans les riches campagnes de la Grande-Bretagne plusieurs plantes qui ne croissent pas spontanément en Suède; il parle surtout des haies d'aubépina eu fleur, qu'il ne pouvait se lasser de voir et d'admirer.Sloane et Dilleniuslui firent une réception froide et presque impolie. Pourtant ces deux honunes ne tarder rent pas à lui rendre la justice qui lui était due ; mais seulement lorsqu'il eut quitté PÂngleterre. A cette époque y le système sexuel était plutôt esquissé que développé, et les autres ouvrage^ de Linné n'avaient pas encore pénétré en Angleterre. La promulgation de sa méthode sexuelle excita vivement la curiosité , mais elle ne Ait goûtée que fort lentement par les naturalistes à réputation. Le Gênera parut et opéra presque aussitôt une révolution complète parmi les botaniste» anglais. La simplicité des caractères adoptés comme base de genres , la préférence accordée aux parties de la fructification, enfin l'extrême précision du langage nouveau , enlevèrent tous les suflârages , et réunirent soudain sous une même bannière , les hommes qui d'abord avaient montré le plus d'hésitation.
18. Linné avait été vivement recommandé à Han$ Sloane par Boerhaave , dont la lettre , conservée dans le Musée de Londres, était conçue en ces terines : Idnnceus qui lias tibi dahit HUeras^ est unice digntu U videre, uniee dignus a te videri^ qui vos videhitsi-f mut y videbi^haminumpary eui simile vix dabit orbiêf Hans Sloane placé sur la même ligne que Linné est une véritable politesse épistolaire.
19. On se rend facilement compte de la froideur avec laquelle les hommes qui tenaient çn Angleterre 1^ «ceptre de la botanique • aqcueilljre&t; Unaé. dont los
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ouvrages tendaient à renverser les systèmes qu'ils avalent fondes , suivis dii d^endus, et A détruire l'ordre ^ëtftbli dans les jardins qu'ils avaient plantes ; enfin une foule d'hypothèses séduisantes disparaissaient "devant ce législateur sévère , qui, quoique j^ttae 9 se trouvait déjà vieux de gloire; que de-naisons po«ur^ tenir sur la réserve, et pour accabler un grand homme du poids d'une vieille célébrité, qu'on voyait déjà éclipsée par une naissante renommée.
20.1> réforme botaniquefut plus long-temps à s'qpé- .reràParisqu'ailleiu?s.On conçoit facilement qu'il était difficile de sacrifier, sans un long examen , la classffîcation de Tournefort, qui tint , avant Linné, le scep- .trede la botanique. Personne ne pouvait croire à toute l'étendue du mérite de Linné , qui embrassait avec im égal succès toutes les branches de la science. Plus ces idées nouvelles avaient d'étendue^ plus elles inspiraient de défiance, et chacun rëpëtait avec le botai^ste Guettard : « Linné est un jeune enthousiaste qiii brouille tout et livre la botanique à la plus complète anarchie. »
21. Linné prenait un grand plaisir à parcourir la belle foret de St-Germain; il la disait riche en productions naturelles, et ne pouvait se lasser du magnifique coup d'œil qui s'of&e aux regards du voyageur arrêté <sur la terrasse qui borne cette résidence dti cfôté de la Seine. On eut, en 1790,^16 projet d'y élever un monument en son honneur j la révolution n'en permit pas l'exécution.
2îr. Linné regrettait vivement de ne pas avoir Visité la Provence ; il en disait quelque chose dans une lettre adressée à Gouan (^0 Janvier i;^^), en Itd ftitant
cette phrase aimable : Dtimpercurrotuamjlaramydaleo totieê quod senex nequeatn te adiré y ette&uM' légère pulcherritnas plantât monspelienseg quibus superbU iuum natale, pro reliquis oris europœis.
23. Oq raconte qae Linnë, en arrivant à Paris, se rendit d'abord au Jardin des Plantes, puis dans l'une des serres où Jussieu faisait en latin l'analyse de diverses plantes exotiques. Il en était une que Bernard n'avait pas encore déterminée, et qui paraissait l'embarrasser. Linné ^ spectateur, gardait le silence; mais, voyant l'hésitation du docte professeur , il s'écria : Hœc planta Jactem americanam habet, Bernard, surpris^ se retourna brusquement, et dit à son interrupteur : 7V es Linnœus. — Ita, domine, répondit Linné. Aussitôt la leçon fut interrompue, et Bernard fit au savant étranger l'accueil le plus enipressé. Cette anec- .dote me semble douteuse ; car on a raconté pareille chose , en termes différens, de divers honimes célèbres.
Linné a conservé toute sa vie pour Bernard de Jussieu un attachement vraiment sincère , et Jussieu , qui le payait de retour, ne parlait jamais de Linné sans lui donner T^ithète de son bon ami.
\avwA .mtvscjm.
04* ^ réception de iMmé , en quaUté de 'doctew^en médeoBe, a été ^powr ^université de Hârdei^ck «in -évéaement qui lui a valuipidique eëldbfité. £Ue«a été -^primée deptâs long^teinjp»; BoseniRosen^tein^mât obtenu ses grades quelques années ac^soriirflAit'^ftias -c^Me4xléigae >iiniv^si4jé , jet-fillustre jBœrhaiiVe ^y ttYdàl 'V«çu4tt4iiMiidttf6 docteur 4e iio»j4iffli0t 4^5.
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25. Voici comment Linné raconte à Giseke ses débuts dans la carrière de la médecine :
« Â mon retour de France , je me fixai à Stockholm; j'y guéris d'abord en quatorze jours , d'une blennorrhagie,unami que son médecin n'avait pu guérir en un an; et ensuite plusieurs jeunes gens qui, prétextant une faiblesse de poitrine , ne prenaient point de vin à leurs repas ; je leur donnai des soins et peu après ils buvaient en héros. Leurs camarades é'en étonnèrent , et ceux-ci les assurèrent que je guérissais parfaitement les maladies de poitrine les plus invétérées. L'épouse d'un sénateur , attaquée d'une toux violente , me fit appeler. Voyant que le mal provenait d'une irritation , je lui donnai des trochjsqaes de gomme adragante , dont elle devait toujours avoir une boite. Elle se trouva bien de ce remède , et en fit usage un jour, en jouant aux cartes avec la- reine ITliique-Éléonore , qui lui demanda pourquoi elle prenait ce médicament. Elle le lui dit , et me recommanda à cette princesse , qui toussait aussi. Je lui prescrivis la même chose , et elle se sentit soulagée. Cette circonstance me fit connaître du comte de Tessin, qui voulut savoir si je ne désirais rien des États , qui tenaient alors leur session. Non, lui dis-je d'abord; et, comme 11 promettait de s'employer activement pour moi , il y a bien , repris-je, une place de médecin de l'amirauté , mais je ne l'obtiendrais probablement pas; elle est peut-être même déjà donnée à un autre ; le bruit s'en était répandu. JVul ne l'aura que vous , répondit le comte ; et , quelques semaines^ après , j'en reçus le diplôme.
» Dans cet emploi , j'eus pendant cinq ans l'occasion de connaître les maladies et leurs remèdes par
MÉDSQIlf. 2ji
Pobsery ation et ; rexpërience , ce qui me permit de publier un Gênera morbarum , dont tout le monde se moqua ^ et notamment Rosen , qui , peu d'années après j s'en servit dans ses leçons.
)> Les substances qui ne dissolvent pas le tartre des dents , ne peuvent pas dissoudre les calculs , car le tartre .des dents ^ les concrétions arthritiques et les calculs ne sont qu'une seule et même matière. Les maladies calculeuses sont plus fréquentes en Suède aujourd'hui qu'autrefois. Il y a nécessairement dans la manière actuelle de vivre quelque modification nouvelle et défavorable^ quelle est-elle? c'est ce qu'on ne^ peut savoir. Peut-être en raffinant le sucre y met-on de la chaux, qui donnerait naissance à ces concrétions. Cela ne peut être , lui dis-je , car toute l'eau de Gottingue en est saturée, au point même d'en déposer, et cependant dans cette ville on ne connaît pas la pierre, contre laquelle, Teau de chaux est un remède; je le sais , dit Linné , mais je croi» que cela s'explique par une propriété particulière à l'eau de Gottingue. Dès mon jeune âge , j'ai beaucoup étudié les maladies des dents , et pourtant j'en ai bien peu guéri. En 1750, j'étais tellement tourmenté par des douleurs de goutte scia tique, que je pouvais à peiue marcher. Ce mal devint tellement insupportable , que le septième jour, privé de sommeil , je voulais me mettre à l'usage de l'opium; mais j'en fus empêché par un de mes anUsqw,. vint me voir dans la soirée. Ma femme me demanda si je voulais manger des fraises. —?- Volontiers, lui dis-je. Cétait au commencement de la saison et elles avaient beaucoup de saveur. Une heure après je m'endormis, et ne m'éveillai qu'à deux heures du matin ; je m'éton* lud que la douleur eût cédé aussi promptement. Ai-je
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dionc dormi long-temps , dèmandaî-je ? On me répondit affirmativement. Je m'inibmai s^il y avait encore des firaisés , et Ton me donna ce qui restait ; je les mangeai, après quoi je m'endormis jusqu'au matin. La douleur s'ëtàit fixëe vers les malléoles ; je mangeai le lendemain autant de û'aises que je le pus; et le joxÈt suivant la douleur avait totalement disparu. Je craignais d'abord qu'il n'y eut sphacèle ; mais la partie était saine. Quoique faible i je pus me lever. La maladie revint l'année suivante et même une troisième atinée ; niaîs toujours plus faiblement , et les jfràises mé réussirent toujours. Malheùreuseme^t je ne puis garder ces fruits pendant l'hiver , et c'est en vain que j'ai essayé de les conserver. » ( Extrait du Journal de Crueke»)
26. Linné n'écrivit que fort tard sur les sciences médicales; il était pénétré de la vérité de cet adage devenu trivial à forcp d'être vrai , ars longa. Il avait porté, dans la classi^cation des maladies, cette méthode employée par lui avec tant de succès pour les diverses branches de l'histoire naturelle.
27. Linné s'efforçait toujours de substituer, dans sa pratique, les plantes indigènes aux plantes exotiques.
28. Il regardait Sauvages comme le premier des médecins de son temps, et le qualifiait toujours de prince des médecins. Linné félicitait Gouan de vivre auprès de ce grand homme, et l'assurait qu'à Upsal on plaçait ce médecin au-dessus même de Boerhàave.
Lihké pbofesseub.
29. Linné ayant remplacé Rudbeck daijs la chaire de botanique à TJpsai 9 se persuada qu^il pouvait don-
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net aussi des leçons de miiiëralogie. Rosen s'y opposa , «t cette rësistance loi est imputée à crime par presque tous les biographes. Ou peut néanmoins expliquer ^ sa conduite et la justifier. En Allemagne et dans le nord de l'Europe, les professeurs reçoivent de chaque élève qui suit leurs cours une somme déterminée pour leurs honoraires. On conçoit que, si Ton permettait à tout individu étranger à l'université, de donner des leçons particulières, il n'y aurait bientôt plus d'université. Il fallait donc que des réglemens intérieurs eml^échassent cet abus. Doit-on nommer persécution la Juste application des mesures conservatrices de la pro* priété. Linné, jeune homme, se plaignit amèrement' et cria à l'injustice; Linné, professeur, eût peut-être provoqué l'ordre que Rosen obtint à son préjudice. L'opposition de Rosen éclate bien plus vivement dans ^e foule d'autres circonstances, et surtout dans sa correspondance privée.
. 3o. Linné parlait s^vec entrai^ement, et faisait paraître, sur des choses peu importantes en apparence , im profond savoir. Aussi fixait-il au plus haut point l'attention de ses auditeurs. Ses élèves l'admiraient 9 mais leur admiration était accompagnée de l'affection la plus vive. Linné était leur maître , leur ami , leur père. Il remettait aux pauvres étudians ce qui lui était dû pour ses honoraires , et souvent uu bienfait anonyme allait soulager leurs besoins les fbis pressans«
Lorsque le docteur Gisdke prit congé de Linné, pendant le cours de l'année 177 1 , il lui présenta un billet de banque pour reconnaître les soins quil avait pris de son instruction; mais le vénérable professeur refiisa de l'accq^iter. Giseke ayant réitéré ses tnstances, Linné lui dit alon : if, jfe vou» priede me tlittiiraiioheflAeiit
«i TOUS êtes riche ou si vous ne l'êtes pas , et si cet a^ gent TOUS est nécessaire pour retourner en Allemagne. {^ TOUS pouTéz TOUS en passer, donnez le 1)illét à ma femme; si tous étiez pauTre, Dieu sait si je Toudrab prendre de T^ms seulement tme obole* d
3i, « Qué&e que soit Totre confiance dans le maître cjui TOUS instruit , gardez-TOUs de le croire sur parole, disait Onné à ses disciples ^ Ters les dernières années de sa Tie, car tout homme est sujet à Terreur : 11 peut st tromper et même chercher à tro mper les autres. » Et alors l'illustre professeur racontait l'anecdote du serpent à sept têtfô de la collection de Sprekelsen, si complaisamment figuré par Seba. Il ajoutait parfois ce qui va suivre : « Une dame de la cour Tisitait un jour les collections dllpsal, sume d'un chien-lion , dont les poils soyeux traînaient jusqu'à terre. Linné accompagnait cette dame , et lui faisait les honneurs de 4'étabUssement. Ses questions à la Tue d'une foule d'ammauxyinconnus ou nouTeaux pour elle^ étaient si naï- Tes, que le professeur aTait peine â retenir le rire qui Tenait à chaque instant expirer sur ses lèTres. Enfin, -pour faire diversion, il se mit à regarder attentÎTement le chien-lion,et parut admirer l'art avec lequel la peau de l'animal avait ^ été appliquée , art si parfait que les sutures étaient pr^queiuTisibles. L'ouvrier qui donna à cet animal délicat une si épaisse fourrure a montré ime grande prévoyance , dit l'illustre vieillard. — Que dites-TOUs , M. Linné , eh quoi ! une peau appliquée... -des coutures... un ouTrier qui applique une fourrure 5 mais c'est «donc un petit monstre pelé recou- Tert d'un vêtement qui n'est pas le sien. On m'a borrîblement trompée. » Et la dame, écartant les beaux p'oik de son<îluen , x:rut Toir en effet sur le dos de l'an-
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mal une ligne qui se dessinait légèrement sur le dos t e'ëtait l'endroit où les poils , diyersement implantes ,■ changeaient de direction. La pauvre béte fut repoussëe avec horreur , et peut-être eût-elle éprouvé une disgrâce complète , si Linné n'eût ajouté, en souriant , ces mots : « Tranquillisez- vous. Madame : cette peau a été appliquée parla nature ; les coutures ont été faites par elle , et c'est la providence qui donna à cette firélë et délicate créature une toison avec laquelle elle peut braver la rigueur de nos hivers. » La dame se mit à sourire, et le chien-lion rentra^ en grâce.
52. La réception que Linné faisait a\ix personnes qui lui rendaient visite i Upsal^attiréies par l'éclat de sa renommée, était pleine de cordialité et de bienveillance. Quelques savans ont consigné dans leurs écrits les témoignages d^intérét qu'ils en ont reçus. Murray, qui le visita en 1772 , en parle en ces termes : « Je trouvai dans ce grand homme la même chaleur et la même vivacité cPesprit; ce zèle empressé de reculer les bornes des sciences naturelles , que j'avais admiré en lui, lorsqu'il était plus Jeune et que je suivais ses Ie«- ,çons, était aussi actif qu''autrefois. Quant aux critiques qui s'efibrçaient de diminuer sa célébrité, Linné con<» servait à leur égard les sentimens de conciliation qu'il eut toujours, et ses opinions sur le mérite des autres hommes étaient pleines d'éiquité. Je suis certain que si ses plus injustes et ses plus rigoureux adversaires l'auraient entendu , ils n'auraient pu lui refuser leinr e&^ lime et leur afiGection» yh
278 hnmê'
Linné NATtlRALISTE*
53. L'adage ordinaire de Linné ëtait : Famam extendere faetis.
34. «Dans le règne animal, dit CuTier^Linnë ayalt^ indépendamment de Fayantage de la nouyelle langue scientifique qu'il avait créée, des mérites particulieis qui auraient pu lui donner^ dès le commencement, tme prééminence non moins grande que celle dont il jouit en botaûique. Ses divisions de tous les oirdim étaient beaucoup plus conformes au^ rs^j^rts naturels ; il classait pour la première fois un grand nombre d'espèces , et , pour les insectes surtout, il était le premier qui fut descendu jusqu'à caractériser et i nommer les espèces particulières. »
35. Linné a laissé di^ns ses papiers uot mimuscril^ non encore publié , intitulé de Perlarutn oriu. H e^ eu entier écrit de sa main. Ce naturaliste obtenait Ic^ .perles de la Myo> margaril^era ^ mollusque fort cc|mr mun dans les eaux douces des pays septentrionaux JPour mettre cette coquille dans les conditions patbor logiques nécessaires , il se contentait de la perforer ejt de l'abandonner ensuite à elle-même. Le manuscrit 1^ Perlarutn oriu est en Angleterre^ dans les papiers de Smith.
La Suède retira, dit-on, de grosses sompiçs du commerce des perles de la Mya ?ruirffari(ifer0.\Q}Mir ques biographes de Linné assurent qu'il dut ses lettres de noblesse à cette découverte.
36. Linné, en herborisant dans la Scanie , pays humide et malsain , fut atteint d'un ictère dont il attribua la cause à la furie infernale, Furia infemalu (Soland., Nov. acL Up8.^ vol. i, p. 44? 58),. espèce