SALCT ET BÉNÉDICTION EN NOTRE-SEIGNEUR
No» Irès-chers diocésains,
Un grand malheur vient de frapper S. .M., notre auguste Souverain, ses chers enfants, sa famille et la Belgique entière. S. M. Louise-Marie-Therèse- Charlotte-Isabelle d'Orléans, notre reine vénérée, est morteàOstende, le 11 de ce mois, à l'âge de 38 ans.
Dès que vous avez appris que cette auguste Princesse était atteinte d'une maladie grave, vous avez adressé à Dieu les plus ferventes prières pour sa gué-
rison. Vous avez fait éclater vos sentiments d'amour et de vénération en vous portant en foule dans nos temples, et vous avez supplié Dieu de conserver une vie si précieuse ; car vous désiriez avec raison qu'elle fût aussi longue qu'elle a été remplie de vertus et de bonnes œuvres.
Cet élan spontané a si vivement touché le cœur afiQigé de notre auguste Souverain, que Sa Majesté nous en a exprimé sa reconnaissance par une lettre qu'EIle a daigné Nous écrire de sa propre main, et dont le copie est jointe à notre présent mandement.
Cependant le suprême Arbitre de la vie et de la mort n'a pas jugé bon d'exaucer nos vœux, et nous devons nous soumettre avec résignation.
Si nos prières n'ont pas eu tout lofTet désiré, si elles n'ont pu sauver une vie qui nous était chère à tant de titres, nous avons du moins donné une preuve publique de notre attachement à la digne compagne de noire sage Monarque; nous avons rendu un juste hommage aux cmincntes qualités dune Reine qui était l'exemple de toutes les vertus; nous l'avons aidée à supporter avec courage les peines de sa maladie et les angoisses du trépas; nous avons contribué à la rendre plus digne de la récompense des justes.
Nous venons aujourd'hui, N. T. C. D., vous demander une nouvelle preuve d'amour, un nouveau témoignage d'attachement pour votre Reine bien-aimée. C'est que, non contents de voir rendre à ses restes mortels les honneurs de la sépulture, vous contribuiez aussi à son âme la jouissance du bonheur céleste. En effet, malgré sa vie exemplaire, malgré sa grande résignation à la volonté de Dieu, malgré la fermeté et la patience qu'elle a montrées pendant sa maladie, malgré la vertu surnaturelle des saints sacrements qu'elle a reçus avec une si tendre dévotion, il est possible qu'elle n'eût pas encore entièrement satisfait à la Justice divine qui nous demandera compte de loulc parole oiseuse. (Matth. 12.)
Réunissez-vous donc de nouveau dans nos temples, N. T. C. D.; assistez avec piété aux odîces funèbres qui y seront célébrés pour le repos de son âme. Ajoutez-y des prières particulières, des communions, des aumônes et autres bonnes œuvres; car, si c'est une sainte et salutaire pensée, comme il est dit dans le livre des Machahccs, de prier pour les trépassés, aOn qu'ils soient délivrés des peines dues pour leurs péchés; si la charité nous fait même une obligation de prier pour les morts, comment pourrions-nous refuser le secours de nos prières à une Princesse qui a tant de titres à notre reconnaissance?
A ces causes nous ordonnons ce qui suit :
1. Il sera célébré, le premier jour libre, dans toutes les églises de notre diocèse, un service solennel pour le repos de l'âme de feu Sa Majesté Louisc- Marie-Thérèse-Charlotle-Isabcllc d'Orléans, Reine des Belges.
Dans les villes, le clergé de toutes les églises ainsi que les autorités civiles sont invités à assister au service qui sera célébré à l'église principale. Nous célébrerons nous-mêmes ce service dans notre église métropolitaine.
II. Nous recommandons à lous les prêtres de célébrer une messe, ou de réciter l'office des morts pour l'illustre défunte, et de faire souvent sa mémoire dans leurs saints sacrifices.
III. Nous exhortons les communautés religieuses à faire célébrer une messe ou à faire une communion générale à la même fin.
IV. Sera notre présent mandement lu en chaire le dimanche qui précédera le service.
Donné à Malines, sous notre seing, noire sceau et le contre-seing de notre secrétaire, le 13 octobre 1850.