‹ Vie de Louise d'Orléans reine des BelgesChapitre 25 sur 28 · MANDEMENT DE MONSEIGNEUR L'ÉVÊQUE DE NAMUR · texte numérisé non relu

MANDEMENT DE MONSEIGNEUR L'ÉVÊQUE DE NAMUR

Nos irès-chers frères.

Lorsque tout récemment nous vous demandions des prières pour obtenir du Ciel la guérison de notre Reine bien-aimée, nous nourrissions l'espoir que le Seigneur, touché par nos vœux, nous conserverait encore longtemps celle qui, pendant sa vie, fut pour la Belgique comme un ange tutélaire. Hélas! le Ciel, dans ses décrets impénétrables, en a disposé autrement : notre bonne Reine n'est plus! C'est le 11 du présent mois d'octobre, à huit heures du matin, que S. M. LouiSE-MARiE-THÉRfesE-CiiARLOTTE Isabelle, Reine des Belges, a rendu sa belle âme à son Créateur, âgée seulement de trente-huit ans.

Nous n'essaierons pas, N. T.-C. F., de vous retracer en détailles nobles qualités, les éminentes vertus, les bonnes œuvres dont cette auguste princesse nous a donné l'exemple pendant sa Irop courte carrière Pour cela, il faudrait compter tous les jours et même toutes les heures de sa vie. Qu'il nous suffise de dire qu'elle

fut un modèle accompli et comme épouse, et comme mère, et comme chrétienne!

Quel respect! quel attachement! quelles attentions pour son royal époux! Quelle vigilance! quels soins pour l'éducation de ses enfants! Quel zèle pour leur inspirer l'esprit de religion et de piélé! Quelle charité pour les malheureux! Jamais âme souffrante n'eut recours à elle sans en être soulagée, et plus d'une fois ses ressources, quoique considérables, se trouvèrent dépassées, par la générosité de son cœur. Comment dépeindre sa tendre piété, sa fidélité à ses devoirs religieux! Au milieu d'une cour brillante, obligée aux devoirs de bienséance qu'exigeait d'elle sa haute position, elle savait se ménager des moments pour se recueillir et pour prier. A toutes ces rares vertus, à toutes ces belles qualités elle en ajoutait une autre qui les rehaussait infiniment : elle était d'une modestie qui lui dérobait à elle-même ses propres mérites. Tout le monde les admirait; elle seule les ignorait. Quelle délicatesse de sentiment ! Quelle scrupuleuse attention pour ne blesser personne! Quelle reconnaissance pour des actes que le devoir imposait et qu'elle regardait comme des services rendus! Aussi jamais personne n'osa proférer contre elle la moindre parole de blâme. Tous au contraire n'ont cessé de rendre hommage à sa prudence, à sa sagesse et h toutes ses autres vertus, et elle emporte les regrets universels.

Les Belges catholiques aiment encore à raconter les exemples de piélé et de charité de leurs anciens souverains. Li-s nomsdes Albert, des Isabelle, des Charles de Lorraine leur sont encore chers. Ehbien 1 la Princesse qui vient de leur être ravie occupera aussi une place ineffaçable dans leurs cœurs, et sa mémoire sera toujours en bénédiction.

Maintenant, N. T. C. F., il nous reste un dernier devoir à remplir envers celle que pleurent tous les Belges. Après l'avoir aimée |)endantsa vie, notre amour et notre reconnaissance doivent raccompagner au-delà du tombeau, et nous devons unir nos vœux et nos prières pour que, s'il lui reste encore quelque chose de la fragilité humaine à expier, elle puisse au plus tôt jouir du repos éternel.

A ces causes, nous ordonnons ce qui suit :

1" Le jeudi 17 du présent mois d'octobre, il sera chanté, à onze heures, un service solennel en notre église cathédrale, auquel seront invitées les autorités civiles et militaires. Tout le clergé de la ville y assistera ;

2" La même cérémonie aura lieu dans toutes les paroisses de notre diocèse (la ville de Namur exceptée) aux jour et heure à fixer par MM. les curés après s'être entendus avec les autorités locales qui seront priées d'y assister ;

Pendant un mois, à dater de la réception du présent mandement, tous les prêtres ajouteront à la messe {salvis rubricis) \di collecte pro defuncla.

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