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RELATIONS DE M. DE COURSON AVEC SES ELEVES ETABLIS DANS LE MONDE

Quelque grande que fût la joie de M. de Courson en voyant ses anciens élèves quitter le siècle et entrer dans le clergé ou dans l'état religieux, néanmoins ce n'était jamais qu'en parfaite connaissance de cause qu'il prononçait sur un point si important. Tant qu'il restait quelque doute, il se contentait de faire prier et attendre : « Rion ne presse dans la question de votre vocation, disait-il à un jeune homme qui plus lard s'est décidé pour le monde ; une seule chose serait dangereuse et redoutable, ce serait la résistance passive. J'ai l'expérience que la résistance de ce genre, qui provient de la paresse et de l'insensibilité , est celle qui étouffe le plus complètement la voix de Dieu ; tout de même que la conversion des hommes indifférents en matière de religion est plus difficile et plus rare que celle des hommes vicieux et même impies, »

Mais que les élèves de ce bon supérieur s'établissent

dans le monde ou prissent le chemin du sanctuaire, aucun n'était oublié de lui ; sa sollicitude paternelle les suivait tous et les accompagnait en tout lieu. Avec quel bonheur il les revoyait quand ils revenaient à Nantes! Écoutons-le répondre à l'un d'eux qui lui avait annoncé sa visite : « Vous me consolez en me disant que vous projetez un petit voyage à Nantes. Venez donc, cher enfant, venez, je me reposerai avec vous dans quelques intimes entretiens. Là sera ma petite fête de famille. Je vous défends de toute mon autorité de supérieur, de tout mon cœur de père, de porter votre valise ailleurs que dans notre maison. Notre maison est la vôtre ; c'est évident à mes yeux et aux yeux de tous ceux qui voient autre chose que l'habit. »

On se rendait avec bien de la joie à des invitations si cordiales ; mais on n'attendait pas d'y être convié pour aller visiter le charitable supérieur. Dès que parmi ces jeunes gens, élevés à la maison de philosophie, quelqu'un avait une peine, un embarras, un parti à prendre, il ne manquait pas de recourir à M. de Gourson. « Ses anciens élèves, dit un respectable-ecclésiastique de Nantes, n'auraient pas voulu faire la moindre démarche, prendre une détermination, sans en prévenir le bon supérieur et avoir son approbation. »

M. de Gourson se prêtait volontiers à ces communications et ne refusait jamais de s'occuper des ■affaires de ses chers enfants. Geux qui habitaient la ville de Nantes ou que leurs intérêts y amenaient souvent, l'ayant prié de continuer à les entendre en confession, il ne crut pas devoir leur refuser ce ser-

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