‹ Vie de M. de CoursonChapitre 109 sur 336 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

vice, et, après en avoir obtenu la permission du supérieur de Saint- Sulpice, il commença à exercer ce ministère de zèle et le continua jusqu'à son départ de Nantes.

Mais le nombre de ceux qui prenaient sa direction par lettres était bien plus considérable ; il en est plusieurs qui n'ont cessé de lui écrire et de recourir à ses conseils que lorsque la mort les a privés de cet excellent guide. On est profondément touché en voyant les réponses si sages et si affectueuses que le bon supérieur trouvait le temps de faire à tant de lettres venues de tous côtés. Avec quel intérêt il entre dans les plus petits détails, parle à chacun selon ses besoins , promet sa protection à ceux qui la réclament et témoigne à tous la plus sincère amitié ! C'est vraiment un père qui parle à des enfants tendrement aimés. Et d'autre part, quelle sagesse, quelle prudence dans ses conseils, quelle connaissance des hommes ! Il refuse quelquefois de dire son avis, parce qu'il est insuffisamment renseigné, mais quand il le donne, c'est toujours avec un tact, une perspicacité et un à-propos remarquables. « L'admirable bon sens dont Dieu l'avait pourvu, dit encore le digne ecclésiastique cité plus haut, lui faisait apercevoir de suite le conseil qu'il y avait à donner, la marche qu'il convenait de suivre. Tous n'ont eu qu'à se louer des lumières de sa'haute sagesse et de sa profonde pénétration. On le trouvait apte à tout, prêt à j uger sur tout , éclairé sur toutes les questions. »

Mais de tous les services que M. de Gourson rendit à ses anciens élèves établis dans le monde, le plus inappréciable fut de les aider à vivre en bons chré-

tiens. Voici en quelques mots la direction qu'il leur donnait.

D'abord il ne pouvait consentir qu'ils fussent sans un règlement de vie et des pratiques chréliennes. « Un fond de religion , un sentiment intime mais trop vague de Dieu, ne vous suffisent pas, leur disait-il, pour mettre votre salut à couvert. Ces dispositions se rencontrent trop souvent dans des hommes qui oublient leurs devoirs les plus sacrés et qui vivent dans la plus coupable indolence ; elles sont sûrement très précieuses, elles fondent de bonnes espérances pour l'avenir; mais l'avenir n'est pas à nous, et celui qui remet le soin de son salut à l'avenir, s'expose à périr misérablement. Des pratiques sont nécessaires pour alimenter et féconder la foi et la crainte de Dieu. »

Dans le règlement de vie que M. de Courson prescrivait à tous, entraient non seulement la prière du matin et du soir, l'assistance aux offices du dimanche, mais encore, imnïédiatement après le lever, qui devait être matinal, une petite lecture de piété pour donner du nerf et de l'aplomb à l'âme, l'audition de la messe, au moins de temps en temps, quelques dizaines de chapelet, avant de se mettre au lit ; enfin la confession au plus tard tous les mois, et la communion aussi souvent que le permettrait le confesseur.

Un pareil règlement, accepté et suivi avec fidélité, devait mettre les élèves de M. de Courson à l'abri de bien des dangers et en état de surmonter de grandes difficultés; si cependant, comme on devait s'y attendre, quelque défaillance leur arrivait, ils

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