‹ Vie de M. de CoursonChapitre 11 sur 336 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

pour l'enfant, à se contenter du nécessaire; il l'accoutuma, malgré la condition de sa naissance, à des habitudes simples et très éloignées de toute espèce de superfluilé. M. de Courson se félicita toute sa vie de ce qu'il y avait eu d'un peu dur dans cette première éducation : « Mes ressources, disait-il en 1849 à une personne de sa famille, sont dans l'économie à laquelle je me suis accoutumé dès l'enfance. Si mes parents et moi nous avons fait quelque bien, c'est en nous imposant des privations. Vous le savez, vous nous avez vus de près. »

Il eut encore, pendant le temps de son séjour dans la maison paternelle, l'avantage de n'avoir presque aucun rapport avec les personnes étrangères à sa famille. On demandait dernièrement à des vieillards de Vallet quelques détails sur les premières années de leur vénéré compatriote. Ils ne purent donner que cette réponse : « Nous l'avons bien connu ; il était à peu près de notre âge; mais, pour vous dire ce que vous désirez , il faudrait avoir vécu avec lui dans l'intimité, et il n'était point de notre rang. Ses parents ne lui permettaient pas de courir avec nous dans les rues. »

Il y avait cependant quelques enfants de choix qu'on admettait à partager ses amusements. De ce nombre fut M. l'abbé Fleurance, qui, dans une note que nous avons sous les yeux, fait l'éloge de son bon naturel : « La douceur de son caractère, dit-il, et la bonté de son cœur se manifestaient dès lors, et je ne me souviens pas qu'il y ait eu jamais entre nous quelque altercation. »

L'impression que faisaient sur le cœur du jeune

Ludovic les leçons et les exemples de ses vertueux parents n'était donc point affaiblie par des relations périlleuses avec le dehors , et tout donne lieu de croire que dans un milieu si favorable rien ne ternit la parfaite pureté de son âme.

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