M. DE COURSON AU PETIT SEMINAIRE DE NANTES
Les soins de la famille ne pouvant plus suffire au jeune Louis de Courson, qui venait d'entrer dans sa onzième année, son père s'occupa de trouver un établissement où il pût commencer et poursuivre ses études. Son choix s'arrêta sur la maison qui offrait le plus de garantie du côté de l'éducation, où, par conséquent, la vertu du jeune adolescent devait être moins exposée à s'affaiblir et à se perdre. A la rentrée de 1810, il le plaça au petit séminaire de Nantes.
Cette communauté qui, dans l'origine, faisait en quelque sorte un même établissement avec le gr^nd séminaire, avait commencé en 1807 par les soins de MM. Joubert et Chevalier, deux prêtres de Saint-Sulpice, nés l'un et l'autre dans le diocèse de Nantes *.
1 Salomon Joubert, de la ville d'Ancenis, était directeur au grand séminaire de Nantes quand le refus du serment schismatique l'obligea de passer en Espagne. A peine revenu de l'émigration, il s'occupa très activement de la restauration du grand séminaire de Nantes et de la fondation d'une école ecclésiaftique pour les cufisnts qui se destinaient au sacerdoce. M^^ Duvoisin
Dans la pensée de ses fondateurs , elle était uniquement destinée à préparer de loin des sujets pour le sacerdoce; mais, à peine ouverte, on se vit pressé d'y admettre des élèves destinés au monde et que leurs parents ne voulaient pas confier au lycée. Car, dans ce pays de foi, plus qu'ailleurs encore, on se défiait de l'enseignement universitaire, et les familles chrétiennes consentaient difficilement à placer leurs enfants dans les maisons où il se donnait.
Les prêtres respectables qui avaient alors la direction du petit séminaire de Nantes n'ignoraient pas que la réception de ces élèves laïques pouvait avoir des inconvénients pour ceux qui se destinaient au service des autels; ils y donnèrent cependant les mains en vue des avantages précieux qui en reviendraient à la société où plusieurs de ces enfants seraient probablement appelés un jour à remplir des fonctions importantes.
l'ayant nommé à la cure d'Ancenis, il supplia Sa Grandeur de ne pas l'obliger à en prendre possession, à cause de l'impossibilité où il serait alors de continuer ses démarches en faveur du double établissement qu'il avait en vue. L'évêque de Nantes se rendit à ses raisons, et M. Joubert, après bien des délais et des contrariétés, acheta enfin le couvent de Saint- Charles, dans la rue Saint -Clément, et s'occupa de le mettre en état de recevoir des élèves. Il fut puissamment aidé dans cette œuvre de zèle par M. Guillaume Chevalier, originaire du Croisic, qui était directeur au séminaire d'Orléans avant la révolution. Ce saint prêtre passa aussi en Espagne le temps de la persécution; mais il se hâta de reprendre sa première vocation dès qu'il en vit la possibilité. A cet effet, il fit d'abord des quêtes dans la ville de Nantes et réussit à se procurer les fonds nécessaires pour réparer et meubler la maison acquise par M. Joubert. Ces vertueu.x ecclésiastiques moururent saintement au séminaire de Nantes, l'un en 1808, et l'autre en 1811.