CHAPITRE XVII
pressé que le bon supérieur à faire parvenir des félicitations et des souhaits , accompagnés des exhortations les plus chrétiennes. « Dieu soit loué , disaitil à un jeune avocat, de la bénédiction qu'il répand sur votre mariage! Vous êtes père, et je m'en réjouis cordialement, parce que j'ai la confiance que vous remplirez tous les devoirs d'un père chrétien. Vous êtes heureux d'avoir ce petit enfant , et ce petit enfant est encore plus heureux de vous avoir pour guide et pour soutien. Que Dieu le comble de ses dons, que son âme soit imbue, dès le berceau, des douces et salutaires impressions de la piété ; que l'âge consolide et développe ce sentiment ! Qu'il soit sur la terre la consolation de ses parents, qu'il soit leur gloire dans le ciel ! »
« Remercions Dieu, disait-il à un autre, du don qu'il vous a fait ; car c'est un pur don. Cet enfant est à Dieu , il est créé pour aimer et servir Dieu. Ce n'est point un joujou que le Ciel vous a donné, c'est un talent qu'il vous a confié ; vous devez le faire valoir, et dans l'intérêt de Dieu. Vous voulez, ajoutait-il, que je bénisse ce cher petit enfant. Je le bénis de tout mon cœur. Que son âme se conserve innocente, qu'elle reçoive le germe des vertus , et que ce germe se développe heureusement sous l'influence de la foi ! »
« Mille louanges à Dieu, écrivait -il encore une autre fois ; mille vœux pour ce petit ange, mille félicitations pour ses parents. Vous voilà père. Ah ! devenez meilleur, car vous avez en cette qualité de grandes obligations à remplir. Les pères et les mères, dans la pensée des saintes Écritures, sont sur la terre les représentants et les images de Dieu auprès
de leurs enfants. Il faut donc que vous ayez la tendresse de Dieu dans le cœur, la sagesse, la prévoyance et providence de Dieu. Voyez, méditez le détail. » Il lui disait encore plus tard : « Je vous félicite de votre nouvelle paternité et de ses heureuses circonstances. Que Dieu, qui vous rend père, augmente, en proportion du nombre de vos enfants et des devoirs qui en résultent, votre sagesse et votre vertu 1 Que cette chère famille soit un modèle de piété et de douce union ! Je m'empare de ce second fils : qu'il soit plus spécialement à Dieu et que Dieu lui inspire l'amour de sa gloire et le dévouement à son service ! qu'il lui conserve la précieuse innocence et qu'il le bénisse de sa spéciale bénédiction, comme Louis de Gonzague et Stanislas Kostka. »
Les souhaits du saint prêtre ne sont pas montés vers Dieu sans succès : l'enfant qui en fut particulièrement l'objet est aujourd'hui religieux de la compagnie de Jésus, et puise à la même source de grâces et de vertus que les deux jeunes saints invoqués si pieusement sur son berceau.
Mais celui qui portait un si vif intérêt aux enfants de ses anciens élèves ne pouvait manquer d'en éprouver de même un très grand pour leurs parents. Lorsque M. de Courson sera supérieur général de Saint-Sulpice, nous l'entendrons répéter qu'il considérait les parents de tous ses confrères comme étant aussi ses parents; il ne pensait et ne parlait pas autrement à l'égard des parents de ceux que la Providence lui avait donnés pour enfants au séminaire des philosophes de Nantes : « Madame, disait- il à la mère de deux d'entre eux, ne craignez jamais, je vous en