SON REFUS. — TENTATION QUI EN EST LA SUITE
Lorsque, en 1832, eurent lieu à Nantes les perquisitions dont on a parlé plus haut, M. de Gourson s'étonnait beaucoup du déploiement de forces qui avait eu lieu. « Il paraît, disait-il en riant, que l'on me prend pour un homme important et redoutable. » Les concitoyens de ce doux et humble prêtre ne le regardaient pas comme redoutable, mais il était seul à ignorer que tout le monde, à Nantes, le considérait comme un homme important.
Saris doute la place qu'il occupait ne pouvait, par elle-même, lui donner de l'éclat et du crédit; mais son mérite, sa capacité pour les affaires, les services qu'il rendait de toute part, la confiance que l'évêque de Nantes et tout le clergé du diocèse avaient en ses lumières et en sa prudence, lui conciliaient une considération qui ne pouvait être méconnue et qui allait croissant chaque jour. Depuis quelque temps déjà ce n'étaient pas les ecclésiastiques seuls qui recou-
raient à ses conseils, les laïques eux-mêmes le visitaient en .grand nombre et lui demandaient volontiers la solution de leurs difficultés. Ils se retiraient charme's de cette manière simple, franche, tout à la fois surnaturelle et cordiale avec laquelle il les accueillait et répondait à leurs questions. Plus on le connaissait, plus on prenait confiance en ses décisions. Il devint ainsi peu à peu, à Nantes, le conseil d'un grand nombre de familles respectables. On tenait d'autant plus à avoir son avis qu'on savait qu'il ne reculait jamais devant la vérité. Cette franchise donnait une grande autorité à ses conseils et beaucoup de force à ses encouragements.
La sûreté de son coup d'œil, surtout quand il s'agissait des jeunes gens, ajoutait encore à la confiance qu'on avait en lui. Plus d'une mère, attristée à la vue des premiers écarts de son fils, ayant confié ses craintes au bon supérieur, se retira consolée et avec des espérances qui furent pleinement justifiées par l'avenir. « Vous serez, dit-il un jour à une dame qui lui exprimait de pareilles inquiétudes, vous serez plus consolée par celui-là que par tous les autres. » La pieuse mère emporta cette bonne parole comme un trésor; elle l'a bien des fois répétée depuis, admirant la sagesse qui l'avait dictée, car la prévision s'est parfaitement réalisée.
Une autre dame, non moins distinguée par sa piété que par sa haute position, trouva aussi auprès de M. d& Courson les lumières et les encouragements dont elle avait besoin pour élever et placer chrétiennement sa nombreuse famille. Elle le consulta à différentes reprises et sur chacun de ses enfants dont elle