CHAPITRE XXII
VOUS , est le fruit , l'effet du tendre attachement que je vous porte. Quand saurez-vous donc vous abandonner à la Providence et marcher devant vous en toute simplicité ? »
Rien n'était affectueux et tendre comme les relations du bon supérieur avec les ecclésiastiques appliqués au pénible labeur de l'éducation des enfants. « Il semblait se multiplier, dit M. Aurélien de Courson, pour leur venir en aide dans toutes les circonstances où ils faisaient appel à son concours ^. » Souvent même il n'attendait pas qu'on l'en priât; il lui suffisait de savoir qu'ils étaient dans le besoin ou qu'un danger les menaçait pour voler à leur secours. « Durant l'hiver de 1842, dit un ancien professeur de la Bonnetière, une terrible inondation nous avait réduits, dans notre petit collège, à l'état le plus triste. En ce moment, le bon cœur de M. de Courson pensa à nous. Il prit un compagnon de voyage, et, traversant la Loire, malgré son débordement, il vint à nous comme un père au milieu de ses enfants, passa dans chaque classe pour donner à tous quelques mots d'encouragement et de consolation, s'informa avec le plus vif intérêt de chacun en particulier, et nous laissa joyeux, malgré la détresse où nous étions plongés. »
Cette affection vraiment paternelle qu'il avait pour ceux qui travaillaient dans les collèges ecclésiastiques lui inspirait mille industries pour leur faire plaisir. Ainsi dans l'un de ces établissements les professeurs ayant demandé que la maison les abonnât à un journal qui paraissait à Nantes, et le supérieur, qui ne
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pensait pas que celte dépense regardât la maison , en ayant référé à M. de Courson, les professeurs furent bien surpris, deux jours après qu'on leur eut notifié le rejet définitif de leur demande, de voir arriver à leur adresse le journal qu'ils désiraient. Le bon supérieur, en les abonnant sur sa propre cassette, avait tourné la difficulté et trouvé le moyen, sans grever l'établissement, de faire plaisir à de bons prêtres, dont le dévouement à l'œuvre de Dieu lui était connu.
Mais il ne leur témoignait jamais mieux sa tendresse que lorsqu'il les voyait exposés au découragement dans leur emploi. « Je suis toujours de cœur et souvent d'esprit dans votre petit séminaire , disait-il en une occasion , dans cette maison où sont concentrés tant d'intérêts qui me sont mille fois plus chers que la vie. Que Dieu comble de bénédictions votre nouvelle année ! Vous aurez encore à gémir de bien des misères, flélas! mon bon ami, où n'en trouve-t-on pas? Soyez-en sûr, on en trouve partout. Ces misères sont l'inséparable compagne de l'humanité, et il entre dans les desseins de la Providence qu'elles se glissent même dans l'amour de Dieu sur cette terre. Sachons nous y résigner, les voir et les supporter avec calme et patience. »
Dans toutes ses relations avec les prêtres employés dans les écoles cléricales et les petits séminaires, M. de Courson ne cessait de recommander la bienveillance, l'indulgence et le calme à l'égard des enfants, la cordialité et la charité pour les confrères, le respect et la confiance envers les supérieurs. S'adressait-il à un supérieur ou à quelque professeur ancien, il lui recommandait ses jeunes collègues: