‹ Vie de M. de CoursonChapitre 149 sur 336 · CHAPITRE XXH · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXH

sèment rencontre tant de difficultés. Que Dieu vous soit toujours en aide et vous conserve ce courage, cette constance dans vos efforts, dont je connais tant de preuves. »

A mesure que ce noyau prenait de l'importance et que le collège de Redon, où M. Louis commençait à appliquer les siens à l'enseignement de la jeunesse, devenait prospère, M. de Courson réitérait ses félicitations et ses encouragements. Volontiers il envoyait des sujets pour la nouvelle société , et plus volontiers encore il lui aurait fait confier la direction de quelqu'un des établissements ecclésiastiques du diocèse de Nantes. « J'ai un projet en tête, écrivait -il à M. Louis, en 1837, je veux vous en rendre confident : si ma volonté travaillait aussi vite que ma tête, je ferais des merveilles. Écoutez donc mon projet. Je voudrais que notre petit séminaire de Guérande fût confié à la direction des Eudistes. Je crois que l'exécution de ce plan tournerait à la fois à l'intérêt du diocèse et à celui de votre pieuse congrégation. »

Ce projet , qui dans la pensée de son auteur devait donner à M. Louis le moyen de recruter des sujets, et de les former aux bonnes études par l'exercice de l'enseignement, eut un commencement d'exécution, et, si l'entreprise n'arriva pas à un plein et durable succès, cela ne tint pas au bon vouloir de M. de Courson , mais aux circonstances qui arrêtèrent le développement de la congrégation elle-même et ne lui permirent de prendre d'abord que d'assez lents accroissements. C'était une épreuve comme Dieu en ménage souvent aux œuvres les plus saintes. M. de Courson, qui le comprenait, ne se lassait pas d'exhorter et

d'encourager. Après la mort de M. Louis, arrivée en 1849, il reporta sur M. l'abbé Gaudaire, son successeur, l'affection et l'intérêt qu'il lui avait toujours témoignés à lui-même : « Ce matin, lui écrivait-il le l^ï" février, j'offrais le très saint sacrifice pour M. Louis et pour vous; ce vrai prêtre est au ciel, et là, de concert avec M. Blanchard et tous les dignes enfants du P. Eudes, il vous regarde et vou3 protège. Je vous conjure, au nom de Notre- Seigneur et de sa très sainte Mère, de ne pas vous décourager. Soutenez l'œuvre commencée. Que ce petit noyau d'hommes dévoués ne se sépare pas; qu'il se resserre, au contraire , dans la charité et l'obéissance. Ayez confiance et marchez : ne fussiez -vous que trois, marchez. Votre personnel s'accroîtra par une sage et forte direction. La Providence ne vous abandonnera pas, et le petit grain de sénevé que vous avez recueilli, croîtra et se développera. »

Cette prédilection pour les congrégations qui s'occupent de l'éducation de la jeunesse ne rendait pas M. de Gourson indifférent pour celles qui avaient un autre objet ; il les estimait toutes, et, dans l'occasion, il les favorisait avec beaucoup de zèle. Celle des missionnaires de l'Immaculée- Conception en particulier fut constamment l'objet de son affection et de ses bontés*. Le premier service qu'il leur rendit fut de

* Commencée en 1«20, dans la maison occupée aujourd'hui par VExlernal des Enfants -Nantais, la communauté des missionnaires de rimmaculée- Conception peut être considérée comme une restauration de l'ancienne communauté de Saint-Clément, que M. René Lévcque, prêtre de sainte mémoire, fonda à Nantes au xvii« siècle. M. François Bascher fut le premier supérieur de

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