‹ Vie de M. de CoursonChapitre 150 sur 336 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

rédiger le règlement qu'on y devait suivre. Jusqu'en 1827, M. Bascher et ses collaborateurs n'avaient eu que des règlements provisoires fort incomplets et qui demandaient un remaniement. L'évêque de Nantes chargea de cette rédaction son jeune grand vicaire, qu'il croyait très capable d'y réussir. M. de Courson ne négligea rien pour répondre à la confiance de M^'' de Guérines, et, dès le 6 juillet 1827, il lui adressa avec humilité le résultat de son travail. « Monseigneur, lui disait- il, j'ai l'honneur de vous envoyer les papiers que vous m'aviez confiés , dans le dessein que je fisse un projet de règlement pour messieurs les missionnaires. Je n'aurais jamais osé mettre mes idées par écrit sur un sujet si grave si elles n'avaient dû être soumises à votre sagesse, vos lumières et voire expérience'. »

Tant qu'il fut à Nantes, M. de Courson eut de fréquentes occasions de témoigner l'intérêt qu'il portait aux prêtres de Saint-François. Ceux-ci, de leur côté, l'aimaient comme un père et le consultaient dans tous leurs embarras. Ces liens si doux ne furent pas complètement brisés par la séparation. De Nantes on

la nouvelle communauté, qui prit le nom de Saint-François-de- Sales, et se mit ainsi sous la protection de l'apôtre du Chablais. En 1827, M. Jean-Pierre Bizet succéda à M. Bascher et fut remplacé, en 1853, par M. Jubineau. Ce dernier étant supérieur, les missionnaires quittèrent leur première maison et se fixèrent près de l'église de l'Immaculée -Conception, où ils sont encore aujourd'hui.

^ Le projet de règlement avait trois chapitres. Le premier, sous le nom de dispositions générales, faisait connaître la fin et l'organisation de la société; le second contenait les règles à suivre quand on était en communauté; le troisième , que M. de Courson ne traita pas, les règles à suivre pendant les missions.

écrivait à Paris , et le bon supérieur n'avait rien de plus agréable que de répondre à ses chers disciples, de les encourager dans l'œuvre des missions et de les exhorter à ne pas négliger l'œuvre de leur sanctification personnelle. « Pour vous, cher enfant, écrivait-il à l'un d'eux, êtes-vous homme de communauté? C'est à le devenir que vous devez tendre, parce que c'est là que se trouvent pour vous les plus excellentes vertus : charité , humilité , tendre patience, morlification de toute sorte. Hâtez -vous donc de parvenir à la sainteté par la vie de communauté. Je me place au milieu de tous ces chers et bons missionnaires de Saint-François, je les embrasse en frère et je me recommande à leurs prières. »

M. de Courson s'intéressait de grand cœur à des œuvres si utiles à l'Église, et on le trouvait toujours prêt à s'imposer des sacrifices pour les établir ou les faire prospérer dans le diocèse de Nantes. C'est ce qu'il fit d'une manière très particulière pour les pères de la compagnie de Jésus. Quoiqu'il n'eût pas été élevé par ces religieux, personne ne les estimait plus que lui et ne désirait davantage l'extension et la prospérité de leurs établissements. Avec de telles dispositions il ne pouvait négliger de faire tous ses efforts pour en procurer une maison à Nantes. Plus ce pays lui était cher, plus il avait à cœur qu'il fût évangélisé par des hommes si apostoliques. Aussi fut-il le principal instigateur des démarches faites en 1836 pour arriver à ce résultat, et, lorsque, le 4 février 1837, le R. P. Delvaux et les religieux qui l'accompagnaient vinrent commencer la nouvelle fondation, le public n'hésita pas à faire surtout honneur de cet établisse-

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