‹ Vie de M. de CoursonChapitre 16 sur 336 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

science. Nous en trouvons une preuve touchante dans la lettre que M. Berthault écrivit en 1848 pour démentir le bruit qui courait que dans sa jeunesse M. de Courson avait été éconduit du petit séminaire de Nantes. « Je connais mieux que personne les faits, disait le vénérable supérieur', et je crois, après avoir bien rappelé mes souvenirs, devoir réfuter cette calomnie. »

M. Berthault dit ensuite qu'il a beaucoup connu le jeune de Courson pendant son séjour au petit séminaire et que, l'ayant eu quelque temps dans le catéchisme auquel il présidait , ses bonnes qualités lui inspirèrent beaucoup d'intérêt. « Un peu plus tard, ajoute-t-il , M. de Courson ayant quinze ou seize ans, quelques écoliers manquèrent de subordination à l'égard d'un maître d'étude, et, quoique cette insubordination fût peu grave, les professeurs et les maîtres d'étude, croyant leur autorité compromise, demandèrent le renvoi de plusieurs jeunes gens parmi lesquels était M. de Courson. Le supérieur du petit séminaire fut très affligé de cette demande des professeurs, et, pour les calmer, il se détermina à tenir un conseil, où M. Morel et moi fûmes priés d'assister. M. Morel, M, Delsart et moi fîmes tous nos efforts pour faire changer de détermination les professeurs et les maîtres d'étude ; mais ces messieurs , encore

1 Marie-Philémon Berthault, originaire du diocèse de Nantes, fut pendant neuf ans directeur au grand séminaire de cette ville. Plus tard il devint supérieur du séminaire d'Autun et y donna de si grands exemples de vertu rpie =a mémoire y est encore en bénédiclion. 11 mourut au séminaire de Saiut-Sulpicc, le il avril IS'i'J, à l'âge de 79 ans.

jeunes, croyaient que leur autorité ne pouvait se soutenir si l'on ne faisait des exemples frappants. »

« Au sortir du conseil, ajoute M. Berthault, je fis venir M. de Gourson dans ma chambre et je lui dis qu'il s'agissait pour lui d'un acte héroïque et qu'il avait besoin d'implorer le secours de Dieu. Nous nous mîmes l'un et l'autre à genoux devant une statue delà très sainte Vierge, et, après avoir récité ensemble quelques prières, je lui dis qu'il fallait mettre son amour-propre sous les pieds et aller, sans délibérer, dans la chambre du maître d'étude pour lui faire ses excuses. M. de Gourson s'y rendit, fît ses excuses, et aussitôt les professeurs furent calmés et l'affaire arrangée. On no parla plus ni de sortie ni d'aucune autre punition. »

Goncluons que si M. de Gourson laissa voir quelques défauts dans les dernières années de son pelit séminaire, il y montra constamment des qualités qui furent un heureux présage de celles qu'on devait un jour admirer en lui. Gette grande influence qu'il prenait sur ses condisciples, sans la rechercher et comme naturellement, était elle-même, bien qu'il en ait plusieurs fois mal usé, un don de Dieu, qui deviendra, avec l'aide de la grâce , la principale source du bien qu'il a fait plus tard, non seulement à ses disciples proprement dits, mais à tous ceux qui entrèrent en rapport avec lui.

Parmi les heureuses dispositions qu'on remarqua encore au petit séminaire dans M. de Gourson, nous devons signaleravec ses premiers biographes» sa discrétion dans le choix de ses amis ». Il contracta dès lors plusieurs de ces liaisons précieuses qui , fondées

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