‹ Vie de M. de CoursonChapitre 162 sur 336 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

et en approcher des linges qu'on faisait ensuite toucher aux malades.

Dès que la France put respirer, les carmélites des Couëts qui vivaient encore, rentrèrent en possession des reliques de leur mère et les placèrent avec honneur dans la maison où elles s'efforçaient de reconstituer leur communauté. Cet essai n'ayant pas réussi, M"»^ de la Salmonière, qui en avait spécialement la garde, les porta au monastère de la Grande - Providence, à Nantes, où elle se retira elle-même. La mort vint l'y surprendre en 1829; mais, quelques mois auparavant, elle avait écrit et signé de sa main une relation très circonstanciée relativement aux reliques de la bienheureuse Françoise , précaution fort heureuse, car les anciennes religieuses des Couëts, dépositaires comme elle de la tradition sur ces reliques, allaient la suivre de près, et dix ans plus tard elles ne restaient plus que deux pour en rendre témoignage. « L'une et l'autre de ces pieuses femmes , dit M^"" Richard, à qui nous empruntons toutes ces particularités, fut témoin, avant de mourir, des premiers efforts tentés pour rétablir ou plutôt perpétuer le culte non interrompu de la sainte duchesse. M. l'abbé de Courson, alors vicaire général de Nantes et supérieur du séminaire de philosophie, se fit un devoir de recueillir tous les documents qui se rattachaient à cette cause. Sous son inspiration, MM. Cadoret et Lusson , chanoines honoraires de la cathédrale de Nantes, se transportèrent au village des Couëts, le 16 novembre 1838, et y commencèrent l'enquête sur le culte rendu à la sainte duchesse.

« Quatre ans plus tard, M. l'abbé de Courson,

qui était chargé de la direction des établissements d'éducation du diocèse, acquérait l'ancien monastère des Gouëts pour y créer une maison destinée à recevoir une partie des élèves ecclésiastiques. Sa piété lui avait rendu chères et vénérées les pierres de la maison sainte, et il conserva avec grand soin, à l'édifice que la Providence allait rajeunir, le patronage séculaire de la duchesse. Comme pour attester que l'amour et la vénération de la Bienheureuse se perpétuaient dans la maison des Couëts, il voulut que la maxime de prédilection de la sainte devînt la devise du nouveau collège : Faites sur toutes choses que Dieu soit le mieux aimé '. »

Jusqu'à la fin de sa vie, M. de Courson continua à s'intéresser à la glorification de la bienheureuse Françoise d'Amboise et à la prospérité de l'établissement des Gouëts. Fixé à Paris par ses nouvelles fonctions , il correspondait activement avec ceux qui l'avaient aidé dans cette entreprise et ne cessait de les encourager à la poursuivre. « Je me réjouis, disait-il à M. La Grange, du zèle que vous avez pour l'honneur de la vénérable Françoise d'Amboise ; j'y vois un gage du zèle et du dévouement que vous aurez pour les enfants qu'elle a logés dans sa maison. Je voudrais de tout mon cœur vous aider dans vos édifiantes recherches, malheureusement mes devoirs ne m'en laissent pas le loisir. G'est à mon grand regret que la procédure commencée pour la reconnaissance des reliques de la Bienheureuse n'a pas été suivie avec activité : le bon M. Gadoret

1 On sait que Me^ de Larisse, coadjutcur de Paris, a luimême celle pieuse devise dans ses armes.

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