CHAPITRE XXIV
principe de cet heureux événement. Aussi est-ce avec grand bonheur que je lui offris, à l'époque de sa visite au grand séminaire de Nantes, en 1849, une parcelle de ces saintes reliques qu'il reçut avec joie ^ » La glorieuse sainte Anne, sous le patronage de laquelle toute la Bretagne se glorifie d'être placée , fut toujours, pour M. de Gourson, l'objet d'une dévotion spéciale. Il vit avec beaucoup de joie sa ville natale construire une belle église et élever une statue colossale en l'honneur de celle qui donna la Vierge Marie au monde et eut ainsi l'honneur d'être l'aïeule de Jésus-Christ. Non content d'avoir contribué avec sa générosité ordinaire à l'érection de ces deux monuments , il fut un des premiers à faire inscrire son nom sur le registre de la confrérie de Sainte-Anne, établie canoniquement à Nantes, en 1846, et que le souverain pontife enrichit immédiatement de plusieurs indulgences. On lit dans une notice sur cette confrérie : « Nous nous rappellerons toujours avec bonheur la lettre touchante que nous adressa de Paris le vénérable supérieur de Saint-Sulpice, M. de Courson : « Je vous prie, monsieur le curé, de « m'inscrire parmi les enfants dévoués de sainte « Anne. J'ai toujours eu recours à cette bonne et
1 La translation des reliques de saint Hermeland, à laquelle on vient de faire allusion, eut lieu en 1848 et s'accomplit avec beaucoup de solennité. Le corps du saint abbé d'Indre qui, au temps de l'invasion normande, avait élé transporté au monastère de Loches, en Touraine, fut rendu au diocèse de Nantes et placé dans l'église paroissiale de Saint-Herblain, sauf un os du bras que Msff Jaquemet accorda à sa cathédrale. {Lect. vi offlcii proprii.)
« auguste Mère, dans mes doutes et dans toutes mes « peines, et elle m'est toujours venue en aide ^ »
Après l'auguste patronne de la Bretagne, le pieux supérieur aimait surtout à honorer et à invoquer les saints martyrs Donatien et Rogatien, dont la protection, depuis seize siècles, couvre la ville de Nantes. Dès le bas âge, on lui avait appris à honorer deux saints si populaires dans tout le diocèse ; mais sa dévotion envers eux prit un nouveau degré de ferveur lorsque, devenu supérieur du séminaire de philosophie, il eut la consolation d'habiter à quelques pas seulement du lieu où ces deux généreux frères, que le peuple désigne encore sous le nom d'Enfants Nantais, furent décapités. Il les invoquait souvent et témoignait en toute occasion la particulière dévotion qu'ils lui inspiraient. Pendant son séjour à Rome , il obtint une précieuse indulgence pour l'église de Nantes qui porte leur nom et possède leurs reliques. Depuis longtemps il avait conçu le dessein d'y établir une œuvre dont nous ne connaissons pas la nature, mais qui tendait à rendre plus solennel le culte des deux jeunes martyrs. C'est ce que nous apprend une lettre qu'il adressait de Rome, en 1844, à un des vicaires de cette paroisse : « L'indulgence que j'ai obtenue pour votre église, lui disait-il, pourrait amener la réalisation d'une idée dont je me suis entretenu autrefois avec monsieur le curé, idée qui irait à l'honneur denos saints patrons et aussi , je crois, à l'édification de toute notre bonne ville de Nantes. En attendant, je vous charge de me repré-
1 Notice SW7' la neuvaine, p. 9.