CHAPITRE XXV
On l'entendra volontiers sur ce sujet : « Levé dès quatre heures du matin, dit-il, il consacrait ses premières heures à Dieu, puis il descendait à la salle des exercices , où il continuait de prier avec ses élèves jusqu'à l'heure de la messe de communauté, qu'il disait exactement lui-même. Puis, il déjeunait à la hâte et montait à sa chambre, où il recevait jusqu'à onze heures et demie tous ceux qui voulaient l'entretenir. Il recevait également toute la soirée, excepté aux heures des exercices communs, qu'il présidait tous en personne. C'était dans les intervalles de temps libre que lui laissaient ces visites qu'il remplissait ses exercices religieux et qu'il expédiait sa correspondance.
« Si les visites avaient été trop multipliée"., les affaires trop nombreuses pour qu'il eût pu se mettre à jour, il prolongeait ses veilles, et souvent ses élèves, dont les chambres correspondaient à la sienne, l'entendaient sur les minuit, une heure, se promener à grands pas et réciter des prières. Le pieux prêtre, après avoir donné aux affaires en retard les premières heures de la nuit, s'était enfin arraché à son bureau et disait son bréviaire ou son chapelet, en marchant, pour tromper le sommeil sous le poids duquel il s'affaissait.
« Les vacances, qui pour les autres étaient un temps de repos, lui apportaient, à lui, un nouveau surcroît d'occupations. C'était alors, en effet, qu'il s'agissait de remplir les cadres du professorat de toutes les maisons ecclésiastiques, en tenant compte des observations et des vœux de chacun, ainsi que des changements de personnel que nécessitaient par
ailleurs les besoins du diocèse. Il avait aussi à s'occuper de la rentrée des élèves et de les diriger vers les maisons qui semblaient leur mieux convenir. Pour l'ordinaire, il n'en recevait aucun qu'il ne l'eût vu et apprécié par lui-même. C'était un concours continuel de ces enfants et de leurs parents à la maison de philosophie*. »
Les occupations dont parle ici M. l'abbé Cahour n'étaient pas seules à se disputer le temps des vacances de M. de Courson. On a vu ailleurs avec quelle fidélité et au prix de quelles fatigues il assistait aux examens et aux distributions de prix qui se faisaient successivement dans les petits séminaires et les écoles cléricales du diocèse. Les trois premières semaines de ses vacances étaient employées à ce pénible labeur. Venait ensuite, du moins ordinairement, la retraite pastorale, pendant laquelle il n'avait pas un instant de repos, la plupart des prêtres qui y prenaient part voulant, sinon se confesser à lui, du moins le voir et le consulter sur leurs affaires. M. de Courson devait aussi chaque année prendre sur les vacances huit ou dix jours durant lesquels il vaquait pour son propre compte aux exercices de la retraite spirituelle. C'est un point des règles de sa compagnie auquel il avait grandement à cœur d'être fidèle.
Avec des vacances si occupées, M. de Courson ne pouvait prendre le soulagement dont après neuf mois de fatigues incessantes il aurait eu besoin. Il ne s'en plaignait pas, il rangeait cette privation parmi les devoirs de sa place : « Voyez -vous, mon cher con-
1 Biographie, p. 16, 36, 37.