‹ Vie de M. de CoursonChapitre 171 sur 336 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

à Nantes, lui écrivirent au commencement des vacances de 1840 de venir à Paris. Ce n'était pas tout ce qu'il aurait désiré ; il souhaitait une solitude plus profonde, la Chartreuse lui revenait à l'esprit. « On me presse, disait-il à un de ses amis, d'aller me reposer à Paris; je n'incline guère à ce voyage. Mon repos sur la terre serait à la Chartreuse, sinon au ciel. »

Cependant il prit ses mesures pour se conformer ponctuellement aux désirs de ses supérieurs. « Je vais partir, écrivait-il à M. Louis, le 19 juillet. J'éprouve un très grand besoin de repos et je ne puis en prendre sans quitter Nantes. En trouverai-je au loin? je ne sais : le repos est en Dieu, et si j'étais sage je trouverais Dieu à Nantes comme ailleurs. Je crains bien de ne pas me reposer mieux à Paris que je ne ferais ici, car je me suivrai; mais on veut que je parte, je pars. »

M. de Courson passa un mois à Paris et ne fut occupé durant ce temps que d'exercices pieux, de saints pèlerinages, de conversations édifiantes. C'était son délassement et son repos. 11 vit surtout avec beaucoup de consolation une de ses parentes, religieuse de la Visitation au troisième monastère de Paris* : nous voulons parler de la révérende mère Marie-Dosithée de Courson, qui, après avoir gouverné avec beaucoup de sagesse, pendant deux triennats, le

1 Les religieuses du troisième couvent de la Visitation, situé rue des Postes , quittèrent Paris en 1830 et se retirèrent à Annecy, au berceau de l'ordre. En 1834, cette communauté revint à Paris et y demeura jusqu'en 1841. A celte date elle fut transférée à Boulogne.

couvent de Boulogne, fut élue supérieure de celui d'Orléans, où elle est morte très saintement, le 17 août 1869. M^ Dupanloup en a fait cet éloge : « La mère Dosilhée de Gourson est une femme d'une vertu et d'une bonté éminentes, d'une droiture parfaite, d'un jugement très solide et d'une humilité si saine qu'il est difficile d'en trouver de semblable. » La circulaire nécrologique consacrée à la mémoire de cette très honorée supérieure dit que jeune encore elle était par son caractère la vivante image de son noble père, qui l'aimait d'un amour de prédilection : nous osons ajouter que par les vertus et les dons surnaturels dont Dieu orna son cœur elle ressemblait d'une manière frappante à M. l'abbé de Gourson, et que ces deux belles âmes étaient bien plus étroitement unies par les liens de la grâce que par ceux de la nature. Leurs rapports, il est vrai, n'ont pas été fréquents, mais ils ont suffi pour cimenter une très sainte union. C'est le témoignage qu'en rend la supérieure actuelle du couvent de la Visitation de Boulogne, dans une lettre qu'elle a bien voulu nous écrire : « Nous nous rappelons, dit-elle, toute l'estime que notre très honorée mère Dosilhée portait à M. l'abbé de Gourson. Personnellement je puis vous dire combien elle se sentait heureuse et honorée de ses rapports avec ce vrai serviteur de Dieu ; mais ces rapports étaient rares. L'un et l'autre, pleins d'abnégation , savaient, malgré la pieuse jouissance que ces relations leur procuraient, s'en imposer le sacrifice, afin de satisfaire au devoir de leur vocation *. »

1 Nous pourrions, sans nous écarter de notre sujet, citer quelques-uns des traits de ressemblance que la circulaire nous a

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