‹ Vie de M. de CoursonChapitre 172 sur 336 · CHAPITRE XXV 31S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV 31S

Pendant son séjour à Paris, le bon supérieur n'oubliait pas les chers enfants qu'il avait laissés à Nantes ou dans les environs, et l'on voit, par quelques lettres qu'il leur écrivit alors , combien le souvenir de ceux que Notre- Seigneur lui avait mis dans les mains était profondément gravé dans son âme. « Tous les jours à l'autel et même à chaque instant, disait-il à l'un d'eux, vous m'êtes présent ; je vous rencontre partout. »

M. de Courson quitta Paris dans les derniers jours du mois d'août ; ces quelques semaines de repos l'avaient soulagé. « Je sens que ma tête est plus libre, disait-il, je voudrais pouvoir me rendre le témoignage que mon cœur est plus à Dieu. » Cependant, ne le croyant pas en état de reprendre encore ses occupalions, ses supérieurs l'engagèrent à faire un autre voyage. Il fut question d'aller jusqu'à Bordeaux; mais ce plan ayant élé rompu, il revint volontiers à l'idée qu'il avait eue déjà de visiter quelques-uns de ses chers disciples d'autrefois à qui sa présence

fait remarquer entre la mère Dosithée et M. de Courson ; la discrétion nous le défend. Un mot seulement: <i II nous paraît impossible, disent les sœurs assistantes d'Orléans, d'allier une plus grande fermeté à maintenir l'auloriLé à une plus gracieuse condescendance; une plus humble défiance de soi-même à un jugement plus prompt et plus sûr, à une sagesse plus éclairée. Nos joies étaient ses joies et nos douleurs ses douleurs. Les malheurs mêmes qui venaient frapper nos familles trouvaient un écho dans son cœur. On se disait en la voyant : 11 faut que le bon Dieu soit bien bon puisqu'il a fait notre mère si bonne. La droiture, la simplicité de son âme lui gagnaient l'estime de tous: la rondeur de son caractère breton ouvrait les cœurs : avec un à-propos charmant elle vous disait bien ce qu'elle pensait; mais son aimable franchise ne pouvait jamais blesser personne. »

pouvait être utile, « Dans quelques jours je vous embrasserai et saluerai vos bons parents, disait -il, le 23 août, à M. l'abbé Léopold Sebaux ; je me rendrai de Rennes à Laval et de Laval à Angers; je me promène; il est permis d'être capricieux dans ses promenades. Je verrai les bons Dufougerais ; je verrai aussi l'abbé du Port- du- Salut ^ Je ne sais encore comment tous ces petits voyages se disposeront ; il faudra que j'arrive à Nantes le 1" septembre après un séjour à Angers. »

Rien ne reposait M. de Courson comme ces entrevues avec ses anciens élèves. Aussi, quoique faite très rapidement, cette tournée eut un excellent effet. Non seulement il put suffire pendant l'année aux devoirs de sa place, mais, aux vacances, il reprit la visite des établissements ecclésiastiques et la fit avec le même zèle et les mêmes détails qu'autrefois. Il en fut de même l'année suivante; cependant il avouait que ces voyages sur tous les points du diocèse et les séances d'examen ou de distribution de prix qu'il devait présider en tant d'endroits différents lui devenaient bien pénibles. « Je suis tout harassé de mes courses, écrivait-il le 13 août 1842 ; elles m'ont mis bien en retard avec mes amis ; vous le savez, ma pauvre vie est tiraillée en mille sens divers. La fin de mes vacances sera moins agitée à l'extérieur, mais hérissée de difficultés que je n'envisage qu'en tremblant. »

En parlant ainsi M. de Courson ne prévoyait pas

1 C'était le R. P. Couturier, que M. de Courson avait connu au séminaire d'Issy et pour lequel toute sa vie il conserva une particulière estime et une très étroite amitié.

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