‹ Vie de M. de CoursonChapitre 177 sur 336 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

. rite affectueuse qu'il ne perdra plus désormais et dont nous le verrons bientôt user de la manière la plus absolue et en même temps la plus heureuse'.^

Sa première préoccupation fut d'être fixé sur la gravité du mal qui obligeait M. de Gourson à s'éloigner de Nantes ; il se hâta donc d'appeler en consultation plusieurs médecins distingués de la capitale : ils jugèrent, comme ceux de Nantes, qu'un repos d'esprit absolu était nécessaire et prescrivirent des

* Jean -Baptiste Houssard, né en 1783, dans l'ancien diocèse d'Avranches, mourut le 27 octobre 1854, au séminaire de Saint- Sulpice, où il avait passé, en qualité d'économe, les vingt-neuf dernières années de sa vie. M. Garnier, qui l'y avait appelé en 182S, disait que cette nomination et celle de M. Carbon, qu'il y fit venir vers le même temps en qualité de premier directeur, étaient les deux meilleurs actes de son administration. ( Vie de M. Hamon, p. 90.) M. Houssard, en effet, par sa douceur, son amabilité, son calme inaltérable, sa patience, son empressement à rendre service, son d-évouement aux intérêts du séminaire et de la compagnie, mérita que M. Carrière, après sa mort, le proposât pour modèle à tous ceux qui sont chargés du soin des affaires temporelles. Homme d'un excellent conseil, d'un tact parfait, d'une charité sans bornes, il était impossible de le connaître sans l'estimer et sans l'aimer. Sa seule vue faisait une heureuse impression. On ne pouvait l'entretenir, même d'affaires temporelles, sans se sentir ramené à des pensées vertueuses. Des hommes hostiles à la religion ont avoué qu'en conversant avec lui, ils avaient senti tomber bien des préjugés qu'ils nourrissaient contre les prêtres.

Malgré sa rare habileté pour les affaires , il attendait de Dieu seul le succès de ses entreprises et la réussite des sollicitations qu'il faisait auprès des administrations civiles , en faveur du séminaire. Non content de prier lui-même à cette fin, il recourait aux prières de ses confrères, des séminaristes et des personnes pieuses qu'il connaissait. Par la vivacité de sa foi il semblait tout-puissant sur le cœur de Dieu, comme par sa bienveillance et sa charité il prenait sur ceux qu'il obligeait une autorité à laquelle il était difficile de résister.

voyages dont ils laissaient au malade à déterminer le but. « Souvent, dit le biographe, M. l'abbé de Courson dans ses entretiens familiers se plaisait à dire qu'après sa ville natale, Rome et Jérusalem étaient les deux seuls lieux dû la terre qui lui présentaient quelque intérêt et qu'il eût aimé à visiter. Volontiers, ajoutait-il en souriant, je m'acheminerais vers eux, à pied, le bâton d'une main, un chapelet de l'autre, comme les pèlerins du moyen âge. L'occasion s'offrait naturellement d'accomplir au moins une partie de ces pieux désirs. Du consentement de ses supérieurs et d'après l'avis des médecins, il fut décidé qu'il irait à Rome '. »

Les sentiments divers que M. de Gourson éprouva à cette nouvelle sont bien exprimés dans une lettre adressée à M. Léopold Sebaux, alors secrétaire de l'évêque du Mans : « Mon voyage , lui disait- il, s'est heureusement achevé sous l'aile des bons Anges. Il m'a été salutaire et je m'en trouve fort bien. Cependant la Faculté veut me tenir éloigné de Nantes, elle me condamne aux voyages. Je vais donc partir vers la fin de la semaine prochaine pour le midi de la France et pour l'Italie. Si je pouvais , pendant mon séjour à Rome, rendre quelques services à Monseigneur du Mans, ce serait pour moi un véritable bonheur. Je me serais reproché de partir sans lui offrir mes humbles services. Et vous, cher enfant, priez pour le pauvre exilé qui va commencer, un peu vieux, cette vie de grands chemins, bien contraire à mes goûts et à mes habitudes. Cependant, je l'avoue,

1 Biographie , p. 16, 17.

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