‹ Vie de M. de CoursonChapitre 182 sur 336 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

pèlerinages et ses courses à travers les quartiers de la ville éternelle. « Je fais, dit-il, une neuvaine à la confession de Saint-Pierre pour nous tous; je prie bien mal, j'espère cependant beaucoup de la miséricorde de Dieu et de la protection des saints apôtres. Hier, mon voyage au Vatican n'a pas été sans mérite, je l'ai fait par une pluie battante. Je cours beaucoup dans les rues tortueuses de Rome, où j'ai bien de la peine à me reconnaître, surtout à cause de mon mutisme. J'ai vu deux fois le saint-père. Mardi, je l'ai suivi à une procession du saint Sacrement, dans l'église de Saint-Pierre, et mercredi j'ai reçu les cendres de sa main. Le P. Vaures, que je n'avais pas encore vu, mais que la police avait instruit de mon arrivée, m'a procuré cet honneur. »

Dans cette lettre, adressée à un de ses confrères de Nantes, le pieux malade se désolait de l'oisiveté de ses journées : « Vous travaillez tous , lui disait-il , et moi, misérable, je suis à me promener. Cette pensée me revient souvent et me fait rougir. Je me console en me disant que j'obéis et que je puis prier ; mais je prie si mal ! »

Il était loin de mériter le reproche d'oisiveté qu'il s'adresse. On est surpris, au contraire, en voyant tout ce qu'il fît à Rome en si peu de temps et malgré le repos forcé que lui imposa plus d'une fois la maladie ; non seulement il présenta et expliqua aux cardinaux de la congrégation des évêques et réguliers le rapport de M^"" de Hercé sur l'état du diocèse de Nantes, mais il s'occupa très activement de quelques questions importantes que l'archevêque de Tours et l'évêque d'Angers l'avaient chargé de présenter aux

congrégations romaines. En outre, plusieurs ecclésiastiques, et M. Féret, en particulier, lui avaient remis des notes sur lesquelles il devait prendre des renseignements, obtenir des réponses et dresser des suppliques. «Je suis bien paresseux , je vous l'avouerai simplement, disait -il à M. Féret, le !<"■ avril. La longue note de vos recommandations m'aurait presque donné la fièvre. Je profite de la liberté que vous m'avez laissée de la simplifier. Mes journées sont courtes , elles ne commencent pas à quatre heures ni même à cinq. On a peine à rencontrer les cardinaux; et puis, je ne saurais vous dire quel obstacle je trouve dans mon ignorance de la langue italienne. J'ai cependant déjà fait bien des choses, à ma sotte manière; je tâcherai d'avancer. Je demande tous les jours à Dieu de ne pas passer des jours inutiles. »

M. de Courson disait plus tard à un jeune grand vicaire que sa mauvaise santé avait aussi conduit à Rome : « Le bon accueil que vous avez reçu du cardinal Ostini me persuade que vous arriverez à suivre les opérations de la congrégation des évoques et réguliers. Cet exercice pratique vous vaudra mieux que l'étude des livres. Vous avez aussi à gagner en multipliant vos relations avec les hommes instruits et engagés dans les affaires de l'Église. Ils sont ordinairement accessibles, et leurs conversations vous donneront des aperçus précieux et des règles pratiques vraiment utiles. Avec la aouce dévotion, c'est là ce qu'il laut chercher à Rome. »

Ce sage programme, M. de Courson l'avait suivi de point en point. Jusque-là, il ne s'était guère occupé de l'étude du droit canonique, encore moins de

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