CHAPITRE XXVII
la jurisprudence suivie par les congrégations romaines ; mais il n'eut pas de peine à comprendre qu'il ne devait rien négliger à Rome pour combler cette lacune. Son titre de vicaire général et d'envoyé de M^ de Nantes, les recommandations dont il était porteur, son air distingué, ses manières polies, la sagesse et la modestie de ses entretiens, le firent bien accueillir partout el lui donnèrent un accès facile auprès des plus grands personnages.
« Le pape Grégoire XVI , dit l'auteur de la Notice, reçut M. de Courson plusieurs fois en audience et lui fît don d'un crucifix qu'il a conservé avec un pieux respect jusqu'à la fm de sa vie. Plusieurs cardinaux l'accueillirent avec la plus grande bienveillance. M^'" Garibaldi , qui l'avait en grande estime, voulut bien le conduire lui-même dans la visite qu'il désirait faire des communautés religieuses. Son but, dans ces visites comme dans toutes ses excursions en Italie, était de s'instruire et de nourrir sa piété. Son attachement profond pour les ordres religieux, le désir de recueillir toutes les observations dont il pourrait tirer parti en France, lorsqu'il serait consulté au sujet des congrégations, ces auxiliaires si précieux pour l'Église, tout cela le portait à faire de ces institutions une étude approfondie et toute spéciale. Il ne s'appliquait pas avec moins d'ardeur à connaître tout ce qui avait rapport au clergé séculier, dont il avait tant à s'occuper en France.
« Toutes les personnes, dit encore le mênne écrivain, qui ont eu occasion de s'entretenir avec M. de Courson, depuis son retour d'Italie, sur les affaires de ce pays, sur l'état général du clergé, les obser-
vances monastiques, la situation des esprits et les événements qui se préparaient, ont été surprises que, en si peu de temps et au milieu de toutes les distractions inséparables d'un tel voyage, M. de Gourson ait pu si bien observer les choses et connaître si bien le caractère des hommes les plus marquants. A l'en-, tendre parler des affaires de Rome, des membres du sacré collège, des tendances politiques de certains personnages , on aurait cru qu'il les avait longtemps fréquentés ^ »
Parmi les cardinaux qui témoignèrent un intérêt plus marqué à M. de Gourson, il est juste de placer le cardinal Ostini, préfet de la congrégation des évêques et réguliers, dont on a déjà prononcé le nom. Auprès de ce savant cardinal, qui l'admit volontiers à lui proposer plusieurs questions sur les Églises de France, sur les rapports des évoques avec leurs chapitres et avec les réguliers établis dans leurs diocèses, il eut occasion d'admirer la prudente réserve avec laquelle on procédait à Rome dans ces sortes de difficultés. « Rome tremble avec raison, quand il s'agit de toucher aux affaires de France, disait-il plus tard, en parlant des réponses que lui avait faites le cardinal Ostini ; le terrain sur lequel nous sommes ne lui est pas encore entièrement connu; c'est un terrain qui n'est pas solide, stable et pour lequel il faudrait un droit particulier et tout nouveau , ce qui ne s'improvise pas. »
Ces hautes questions de jurisprudence canonique n'absorbaient pas entièrement ses loisirs. Il pensait à
1 Notice, p. 8.