‹ Vie de M. de CoursonChapitre 184 sur 336 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

tout, en visitant les innombrables établissements de Rome, et profitait des moindres détails pour améliorer ce qui se faisait à Nantes. « Je me suis déjà bien occupé du petit séminaire, écrivait-il à M. Martel, je m'en occuperai encore; dites-le bien au bon supérieur. J'ai réuni des collections de programmes sur les études du collège romain. Je ferai de mon mieux, mais que le temps est court, surtout quand on est obligé de s'observer du côté de la santé ! »

Les faveurs spirituelles que l'on peut obtenir à Rome ne furent pas négligées par M. de Courson. Nous avons sous les yeux le projet de supplique qu'il rédigea en vue d'obtenir pour le diocèse de Nantes, pour les séminaires et pour quelques congrégations particulières, de nombreuses indulgences; il obtint en outre des reliques pour plusieurs paroisses qui lui étaient particulièrement chères, mais surtout il se procura un nombre considérable d'objets de piété, tels que chapelets, crucifix, médailles qu'il fît bénir par le souverain pontife et distribua, à son retour, avec une sainte prodigalité, toujours cependant avec l'attention pieuse de les faire apprécier comme ils méritent de l'être.

Mais, quoique M. de Courson ne négligeât aucun moyen de rendre sa présence dans la ville sainte profitable à ses amis et à son diocèse natal, il .eut toujours principalement à cœur de la faire tourner au profit de son âme. Dans sa pensée, on l'a vu , la douce dévotion était la première chose qu'il fallait chercher à Rome : aussi, pendant les quelques mois qu'il y demeura, profita -t-il de tous les moyens propres à l'accroître en. lui. On sait qu'il n'existe pas de ville

au monde où il y ait autant de sanctuaires à visiter, de pèlerinages à faire. Nous croyons que le pieux supérieur ne négligea aucune de ces sanctifiantes pratiques. Recommandant en 1846 à M. l'abbé Richard, alors à Rome, un prêtre de Saint-Sulpice qui s'y rendait aussi, il lui disait : « Apprenez-lui à honorer les saints apôtres, les saints martyrs, les saints confesseurs et les saintes vierges , surtout à honorer la Reine des apôtres et de tous les saints, à Sainte- Marie -Majeure, à Sainte-Marie, in Transievere, in Via laia, ad Martyres et dans tous les autres sanctuaires ou oratoires de Marie. — Le P. de Villefort et la pieuse église du Jésus, lui disait-il une autre fois, seront d'une grande ressource à votre âme ; il fait bon causer avec ce saint religieux, encore meilleur prier dans cette église, auprès de saint Ignace, de saint François Xavier, etc. — Je n'ai point eu le bonheur, lui écrivait- il encore le 5 janvier 1847, de jouir à Rome de ces douces solennités de Noël ; ce que vous m'en dites me rend jaloux. Allez, cher ami, mettez mon cœur aux pieds du Bambino miraculeux de VAra cœli. Je l'ai vénéré au temps de Pâques, par la faveur d'un bon religieux observantin. »

S'il fut privé des consolations que les fêles de Noël font goûter à ceux qui les célèbrent à Rome, il eut celles qu'y donnent les belles cérémonies de la semaine sainte et de la solennité de Pâques; et, quoique son âme recueillie et silencieuse goûlât surtout les colloques intérieurs avec Jésus , il sut tirer parti pour sa dévotion de ce qu'il y a de ravissant dans les splendeurs du culte catholique, quand on a le bonheur de les contempler à Saint- Pierre de Rome. Dès le di-

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