CHAPITRE XXVII
manche des Rameaux , il commença à jouir de ce magnifique spectacle. Grâce sans doute à la bienveillance du P. Vaures, son ancien élève, il eut l'honneur de recevoir la palme des mains du souverain pontife. « Je vous ai tous présentés à saint Pierre et à saint Paul , à tous les saints et au pape, écrivait -il le lendemain à un de ses confrères de Nantes. Hier, la cérémonie des palmes a été très imposante. Nous allons avoir une semaine superbe, le temps est très beau. Cependant je préfère à tout ce magnifique éclat de cérémonies le silence et le recueillement de nos séminaires. Je cherche pourtant à m'édifierun peu et je suis édifié du Pape, qui est très pieux, des cardinaux, de la foi du peuple romain. Rome me laisse des impressions bien différentes de celles que remportent plusieurs Français. Je vois beaucoup de bien: que Notre-Seigneur en soit à jamais loué et adoré.» Au milieu de ces belles fêtes et des pieux pèlerinages qui remplissaient ses journées, M. de Courson ne perdait rien de l'attrait qui le portait vers les jeunes gens et il ne laissait passer aucune occasion d'établir avec eux des rapports qui rarement demeuraient stériles. Un très digne curé de Paris en donne un témoignage touchant dans une intéressante lettre qu'il a bien voulu nous écrire : « J'ai rencontré pour la première fois, nous dit-il, le vénéré M. de Courson durant l'hiver de 1844. Le R. P. Marchi avait bien voulu m'admetlre à visiter avec lui les catacombes de Sainte-Agnès. Je m'y rendis, conduit par M. l'abbé de Lézcleuc, mort évêque d'Autun. Nous trouvâmes M. de Courson avec le R. P. Marchi. Bien que je ne le connusse en aucune façon, il fut bon et
bienveillant pour moi, ainsi qu'il l'était volontiers pour la jeunesse. J'étais laïque et je voyageais après avoir terminé mon droit; il pensait sans doute que témoigner de l'intérêt à un jeune homme était toujours un moyen de le porter à Dieu, en lui laissant bonne opinion d'un prêtre. Vous le savez, il était toujours prêtre et en même temps, par ses manières, homme du meilleur monde. Je me rappelle comme petit détail que mon cerino (petit cierge) étant consumé avant la fin de la visite des catacombes, que je fis presque toujours près de lui , il s'empressa de me donner très gracieusement une partie du sien. Je le rencontrai depuis à Florence, je crois, en revenant en France. La Providence, qui dirige tout, avait bien voulu par cette sorte de recherche, par ces quelques rapports, préparer mon entrée au séminaire et en adoucir l'épreuve. Lorsque je m'y présentai au mois d'octobre 1844, pour y faire une retraite décisive, je fus très encouragé en y trouvant pour supérieur mon compagnon des catacombes. 11 me reconnut à son tour, et je me sentis ainsi tout disposé à la confiance en lui pour prendre une décision à la fois pénible et bénie. »
Tant de pieux pèlerinages, de belles et consolantes cérémonies ne faisaient pas oublier Nantes à M. de Courson. Il nourrissait toujours l'espoir d'y rentrer au mois de juin, afin d'avoir le plaisir d'embrasser et d'entretenir ses chers philosophes avant leur départ pour les vacances. Quoique très consolé de les voir entre les mains de M. Féret, son digne ami, il ne laissait pas d'éprouver à leur sujet une paternelle sollicitude. Constamment ils étaient présents à son