CHAPITRE XXVIII
rendre à Metz, où je verrai M^"^ Dupont des Loges et plusieurs autres connaissances. De là je me dirigerai sur Strasbourg, où je m'embarquerai sur le Rhin, pour revenir à Paris par la Belgique. Je tâche d'utiliser mes courses en multipliant mes observations. Je suis moins timide que je ne l'étais en Italie , et j'entre plus facilement en rapport avec les hommes. Puissent tous ces voyages , qui consomment tant d'argent et tant d'heures, n'être pas perdus pour le service de Dieu! »
Complétons ces détails au moyen d'une lettre adressée à M. Lenormand, curé de la Boissière, au diocèse de Nantes, avec lequel M. de Gourson était particulièrement lié' : « Mon second voyage, lui disait-il, dans les premiers jours de septembre, est donc terminé. J'ai vu beaucoup de pays pendant ces deux mois, et j'espère que ce ne sera pas sans fruit pour mon instruction et mon édification. Partout des sujets de consolation pour un prêtre, mais partout aussi de grands sujets de tristesse. Partout l'Église combat et gémit dans la lutte contre le monde et l'enfer, mais partout aussi elle enfante et conduit au ciel
mourir dans cette solitude, connu de Dieu seul, quand ses supérieurs le désignèrent, en 1835, pour aider à rétablir la chartreuse de Bosserville, dont l'Ordre venait de racheter les bàiiments. Il en fut élu prieur en 1843. Après avoir très sagement gouverné cette maison, il fut envoyé, par le chapitre général, à Saint-Pierre de la Bastide, près Montauban, pour fonder la grande chartreuse des Sacrés-Cœurs-des-Moniales. Il y mourut enl8S2. Il avait été quelque temps prieur de la maison de Piome et procureur général de l'Ordre.
1 Ce respectable ecclésiastique, dont il sera encore parlé, rendit de grands services à M. de Courson, en s'occupant de ses affaires, à Vallet et aux environs.
les élus de Dieu. Ce spectacle de tant de combats soutenus avec courage excite le zèle, engage au dévouement et à la patience. J'ai trouvé dans l'Allemagne catholique un admirable fonds de foi et de piété. En somme, cependant, nous ne sommes pas les plus malheureux, et, si nous persévérons dans la patience et la prière , notre France continuera à marcher au premier rang de l'armée du Seigneur. »
On le voit, ces voyages que lui imposait l'obéissance et pour lesquels il avait si- peu d'attrait, n'étaient pas sans consolation pour le pieux convalescent. Il lui était bien doux , en particulier, lorsque sur le chemin il visitait les maisons d'éducation, les communautés de religieux, les noviciats, etc., d'y trouver des amis qui l'accueillaient avec la plus cordiale affection, quelquefois même d'anciens élèves du séminaire de philosophie de Nantes, qui venaient se jeter dans ses bras en versant des larmes d'attendrissement. C'était là pour son cœur si paternel de grands sujets de consolation, et, comme on l'a dit déjà, rien ne le reposait dans ses voyages à l'égal de ces entrevues avec ses chers enfants.
Rentré à Paris au commencement de septembre, M. de Courson dut s'occuper immédiatement de l'époque où il reprendrait le chemin de Nantes. Tant qu'avait duré son voyage, il s'était abstenu de tout projet à cet égard : « Je n'ose plus la fixer, disait -il le 11 août, j'ai été si bien déçu dans mes espérances ! Ce sera quand Dieu voudra. » Il croyait cependant que son départ de Paris ne pouvait être différé bien au delà des premiers jours de septembre, mais il fut encore une lois trompé dans ses conjectures, et désor-