‹ Vie de M. de CoursonChapitre 20 sur 336 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

çonner que dans la démarche qu'il venait de faire il y avait plus qu'un simple rapprochement de ses amis et un changement de lieu , que Dieu pouvait bien avoir sur sa personne d'autres desseins que ceux qu'il formait lui-même dans son esprit. « Des pensées plus sérieuses, dit M. l'abbé Cahour, commencèrent à se faire jour dans son âme. La vue de tant de jeunes gens qui se destinaient à la carrière ecclésiastique, leurs conversations et leurs exemples, le calme et le bonheur de la solitude, l'amenèrent à comprendre qu'il y avait quelque chose de mieux à faire que de se laisser entraîner, insouciant, au cours du temps et des circonstances. Il était d'un âge à songer à son avenir. Devant cette pensée son esprit s'éclaira soudain, son âm.e s'agrandit; il comprit qu'aucun but plus noble que la mission du prêtre ne pouvait s'offrir à lui , et il n'hésita pas de répondre à la voix de Dieu, qui l'appelait à la remplir '. »

Des vocations aussi inattendues que celle de M. de Gourson sont moins rares à Issy et au séminaire de Saint-Sulpice que partout ailleurs. « C'est une grâce et un privilège particuliers à ces maisons, dit un écrivain récent, que de réunir chaque année dans le plus fraternel accord des âmes attirées de Dieu des quartiers les plus divers. — Le séjour d'Issy , dit-il encore, a des charmes que n'oublient pas ceux qui les ont goûtés. Aux jeunes hommes surtout que l'appel de Dieu a tirés du monde pour les amener dans cette heureuse retraite, il semble souvent qu'en y entrant ils s'éveillent à une nouvelle vie et que pour la pre-

1 Biographie, p. 6, 7.

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mière fois leur âme respire dans son élément véritable. On y goûte dans leur première fraîcheur les délices de cette charité, fraternelle entre toutes, qui ne fait qu'un cœur et qu'une âme de ceux qu'une même vocation rassemble dans une même demeure K »

M. de Gourson, pendant les quatre ans qu'il passa au séminaire d'Issy, ne fut privé d'aucun de ces précieux avantages. Aussi quelle tendresse il conserva toute sa vie pour ce lieu qu'il appelait le berceau de sa vie sacerdotale ! Quelle reconnaissance il eut toujours pour Notre-Dame de Lorette, dont les grâces pénétrantes l'avaient si fortement attiré à Dieu ! Quelle affection pour les pieux confrères dont les exemples l'avaient édifié et encouragé - ! »

Mais rien dans ce genre n'égalait l'affection respectueuse et reconnaissante que M. de Gourson éprouva toujours pour M. Duclaux et pour les prêtres de Saint-Sulpice qui le reçurent au séminaire d'Issy. Il se plaisait à dire humblement qu'il leur devait sa conversion et sa vocation. 11 est vrai que, sous leur

1 M. Léon Hubert, p. 58 et 98.

* En parcourant la liste de ceux qui furent à Issy les condisciples de M. de Gourson, nous en voyons plusieurs qui avaient quitté de belles positions dans le monde pour se consacrer au service des autels; il y en a un plus grand nombre encore qui, par leurs talents et leurs vertus, méritèrent plus tard d'être élevés aux honneurs de l'Eglise. Mais, chose digne de remarque, c'est la piété surtout qui, dès lors, gagnait le cœur du fervent séminariste. On en trouve une peuve dans la note que, devenu prêtre, il rédigea pour se rappeler tous ceux dont il voulait porter le souvenir à l'autel. Parmi les amis de séminaire qu'il y a inscrits on ne voit guère que des hommes qui furent à Issy et plus tard, dans le saint ministère ou dans la religion, des modèles de vertus.

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