‹ Vie de M. de CoursonChapitre 226 sur 336 · CHAPITRE XXXIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIl

lunettes. Je ne leur ai poilrtant encore rien dit, quoiqu'il y eût bien à dire ^ »

Cependant, vers la fin de ces pénibles vacances, M. de Courson fit une sortie ; la charité et le zèle l'y déterminèrent. « J'ai l'intention, écrivait-il au bon curé de la Boissière, de faire une petite absence de congé qui durera vingt-quatre ou quarante-huit heures, pour aller à Fontainebleau voir M. de la Ville-Vallio, mon vieux parent et ami. Il est sur le bord de la tombe, il me désire et me demande '. Le

1 Malgré ce défaut de vigilance qui tenait à ses infirmités, M. Telles de la Poterie, dont il est ici question, jouissait pleinement de l'estime et de l'afîection de M. de Courson. Pendant les vacances qu'il passa cette année en Normandie, le bon supérieur se faisait un plaisir de lui écrire et de le mettre au courant de mille petits détails capables de l'intéresser et de l'égayer. Il y a lieu d'admirer la tendre charité qui l'arrachait à ses occupations graves et pressantes pour plaisanter agréablement avec ce vénérable confrère. « Mes promenade-s journalières, lui disait-il dans les premiers jours d'octobre, me mettraient à même de vous rendre bon compte de l'état de la végétation dans le parc d'Issy. Pour u'ètre pas trop long je me contenterai de vous dire que les navets sont fort beaux et profitent à vue d'œil, que le trèfle incarnat est sorti de terre dans de belles conditions. Je crains qu'il ne soit étouffé et dévoré par le mouron et par l'avoine qui lui disputent le terrain; mais votre œil de maître en imposera au mouron et à l'avoine. Le cèdre n'a éprouvé aucun accident; il est bien protégé et s'élève modestement, en attendant qu'il devienne superbe. Jusqu'ici, il ressemble assez à l'humble hysope ; mais l'ombre de Lorelle favorisera son progrès. A son second siècle, il couvrira admirablement nos neveux. Tout le monde respectera vos pommiers et vos poiriers, et Pierre suivra fidèlement vos instructions. On laboure et on prépare les terres à la semence. Ainsi, cher bon frère, ne vous hâtez pas : il vous restera toujours assez de temps à souffrir de mes contrariétés et de mes défauts. Priez et offrez pour nous votre maladie : qui souffre prie. »

' Le général de Courson de la Ville-Vallio, qui vivait alors

10 octobre, ajoutait-il, il faudra rentrer à Paris, au milieu d'une légion de deux cent trente séminaristes.» Ainsi finirent les vacances de 1845 ; elles avaient été bien laborieuses pour le nouveau supérieur, mais l'année qui allait commencer ne devait pas l'être moins.

retiré à Fontainebleau , avait commandé le cinquième régiment de la garde royale.

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