‹ Vie de M. de CoursonChapitre 227 sur 336 · DE COURSON DANS LE GOUVERNEMENT DU SEMINAIRE DE SAINT-SULPICE · texte numérisé non relu

DE COURSON DANS LE GOUVERNEMENT DU SEMINAIRE DE SAINT-SULPICE

Le séminaire de Saint -Sulpice n'étant ouvert qu'aux élèves qui ont déjà suivi, à Issy ou ailleurs, le cours de philosophie, atteint assez rarement le nombre assigné d'avance par M. de Courson , nombre qui fut encore dépassé au moment de la rentrée. Le gouvernement d'une communauté aussi considérable offre toujours d'assez grandes difficultés : il faut plus d'effort pour lui donner l'impulsion dont elle a besoin et la pénétrer tout entière de l'esprit qui doit l'animer.

Le nouveau supérieur savait cela mieux que personne ; il sentait d'ailleurs qu'en débutant il devait avant tout ménager les esprits, faire très peu de changements, et que, s'il était nécessaire d'opérer des réformes , de supprimer quelques abus introduits pendant la longue maladie de M. Garnier, il fallait y procéder avec tant de douceur et de patience que personne n'en pût être blessé. Toutefois, les diffi-

cultes de sa position ne l'intimidèrent pas, car sa force d'âme, comme on l'a vu ailleurs, n'était jamais diminuée par le bas sentiment qu'il avait de luimême. La communauté lui eût-elle été aussi peu sympathique qu'elle parut l'être au moment de sa nomination, il ne s'en serait pas ému. Mais les choses n'en étaient pas là : les deux derniers mois de l'année précédente joints au temps des vacances, pendant lequel un assez grand nombre de séminaristes s'étaient trouvés en rapports journaliers avec lui, avaient été suffisants pour faire tomber bien des appréhensions. L'entrée d'une quarantaine de nouveaux, venant d'Issy, et tous heureux de retrouver leur bon supérieur, acheva de lui concilier les esprits.

Mais, hâtons-nous de le dire, M. de Courson ne faisait pas ces calculs. Sa grande, son unique confiance était dans la prière. Non content d'adresser lui-même à Notre- Seigneur et à sa sainte Mère de ferventes supplications, il faisait prier à cet effet toutes les communautés religieuses de sa connaissance et n'écrivait à aucun de ses amis sans lui demander le môme service. « Donnez-moi quelque part à vos souffrances, disait-il à M. l'abbé Richard , alors malade à Nantes, pour qu'elles m'aident à bien soutenir celles que Dieu impose à ma pauvre âme. Pensez aussi au séminaire de Saint- Sulpice et à ses deux cent cinquante commensaux. « Une de ses pratiques, à l'égard des nouveaux, était de les envoyer à la chapelle de Lorctte, demander à la sainte Vierge la grâce de faire un bon séminaire. « Votre neveu est arrivé, écrivait-il à M. Martel, je l'ai envoyé dire des Ave Maria à Lorette. Il m'a paru bien disposé à le

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