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CHAPITRE XXXIV

ans, au moment des nominations, il ne s'écarta jamais de la règle suivie par ses prédécesseurs, qui ne faisaient rien pour en attirer et qui auraient plutôt craint d'en avoir trop que d'en manquer'. Conformément à ce principe, dès qu'on hésitait sur les qualités et dispositions de ceux qui se présentaient dans les séminaires de province, il demandait un délai et une plus longue épreuve, avant de les recevoir à Paris. Il appréciait beaucoup la pratique de les faire passer une année au séminaire de Saint-Sulpice. « Je suis plus résolu que jamais, écrivait-il en 1848, à ne pas m'écarter de la règle qui demande une première épreuve au séminaire de Paris, avant l'admission à la Solitude. » C'était pour lui un moyen de connaître plus parfaitement les jeunes aspirants et de commencer à leur inspirer l'esprit de Saint-Sulpice.

Si les relations qu'il avait fréquemment avec eux lui en faisaient découvrir quelqu'un n'ayant pas les qualités requises pour travailler utilement à Saint- Sulpice, il l'engageait avec douceur à rentrer dans son diocèse et pourvoyait à ce que la démarche qu'il avait faite ne lui fût pas dommageable. Quant à ceux qui lui paraissaient bien appelés, ils devenaient l'objet de sa prédilection ; il veillait avec une bonté de père sur tout ce qui les intéressait, les aidait à s'ac-

1 « Ceux qui disent, écrivait M. Tronson, qu'il n'y a pas assez de sujets dans Saint-Sulpice ne me paraissent pas bien connaître l'esprit de M. Olier. Il a jugé qu'il n'en fallait pas beaucoup, et il a cru que, lorsqu'on en aurait besoin, il fallait avoir recours à Dieu plutôt qu'aux inventions humaines, pour n'en avoir que de bien appelés. Nous en avons toujours eu, par sa miséricorde, suffisamment pour le besoin; prions-le que nous n'en ayons jamais de superflus. » ( Vie de M. Émery, 1. 1 , p. 49.)

coutumer, écoutait volontiers les communications qu'ils désiraient lui faire et leur témoignait en toute occasion que déjà il les regardait comme ses enfants. Ces attentions paternelles touchaient sensiblement ceux qui s'en voyaient l'objet; elles gagnaient entièrement leur cœur et contribuaient beaucoup à les affermir dans le dessein de se donner à une compagnie dont un si excellent supérieur avait la conduite. M. Paillon avait bien remarqué cette heureuse influence que M. de Courson exerçait au séminaire de Paris sur les jeunes gens qui se destinaient à l'œuvre de Saint- Sulpice. Parlant d'une année de Solitude dont on eut beaucoup à se louer, il disait : « Cette excellente recrue est l'effet du zèle doux et sage de notre très honoré père, M. de Courson, qui avait préparé les choses de loin. »

Dieu mit plus d'une fois la tendresse du bon supérieur à de pénibles épreuves, au sujet de ses chers disciples, l'espérance de sa Compagnie. Quelques-uns des plus accomplis moururent sous ses yeux; d'autres contractèrent des infirmités qui les rendirent incapables de suivre leur pieux dessein. Non content de redoubler d'attentions et de soins pour eux, au début de la maladie, il allait, dès que leur état devenait inquiétant, se prosterner aux pieds de la très sainte Vierge dans quelqu'un des sanctuaires célèbres qu'elle a dans la capitale, et là il exhalait sa douleur et conjurait Marie de ne pas permettre que la société de Saint-Sulpice fût privée des services que ces pieux jeunes gens pouvaient lui rendre *.

1 C'était la pratique ordinaire de M. de Courson en de semblables rencontres. » Je suis allé dans ma peine, disait -il à un

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