‹ Vie de M. de CoursonChapitre 244 sur 336 · CHAPITRE XXXV /i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV /i

dans la sienne. Il éprouvait de son côté un grand désir de leur témoigner combien il les aimait et souhaitait ardemment leur bonheur. C'était là , pour cet excellent supérieur, le côté consolant des visites ; faire connaissance avec de bons confrères qu'il n'avait pas encore vus, en retrouver qu'il connaissait déjà et s'entretenir, à cœur ouvert, avec les uns et les autres de l'importance de l'œuvre des séminaires et des moyens de lui faire porter tous les fruits que l'Église en attend.

Plus que bien d'autres, M. de Courson aimait ces relations de tendre charité, mais le plaisir qu'il s'en promettait ne lui faisait pas perdre de vue le but de ces visites et la responsabilité qu'elles entraînent. De plus en plus effrayé de ce qu'il appelait son incroyable incapacité, il n'envisageait qu'en tremblant la première tournée qu'il allait entreprendre. Aussi, quand approcha le moment de se mettre en route, il demanda de tout côté des prières afin d'obîenir les lumières qui lui étaient indispensables pour y réussir. « Priez pour moi, pendant le long voyage que je vais commencer, disait-il le 25 janvier 1846 à un de ses plus fervents disciples ; qu'il ne me procure aucune consolation, je n'en suis pas digne ; mais qu'il tourne au service et à la gloire de Dieu. Que Noire-Dame et les saints me soient en aide; j'ai grand besoin de leur secours 1 »

Ne pouvant visiter dans un an , encore moins dans un seul voyage, tous les séminaires que la compagnie de Saint -Sulpice dirige dans les provinces %

1 Au moment où M. de Courson fut élu supérieur général , la compagnie de Saint- Sulpice dirigeait, en France, outre le

M. de Gourson se détermina à voir d'abord ceux du Puy, de Rodez, Toulouse, Bordeaux et Angers. Il fit quatre voyages cette première année et actieva l'année suivante cette tournée générale , qui fut bénie de Dieu et dont il disait, malgré les fatigues de tout genre qui l'accompagnèrent : « Dieu m'a donné dans ces voyages des consolations que je ne méritais pas. » Par un effet de sa grande dévotion envers la Mère de Dieu et des sentiments de vénération dont il était pénétré pour M. Olier, il mit le séminaire du Puy en tête de ceux qu'il voulait visiter dans sa première tournée. Il espérait attirer plus efficacement la bénédiction du Ciel sur son entreprise en la mettant sous la protection de Marie , dans un lieu où le fondateur de Saint -Sulpice se rendit souvent en pèlerinage et chaque fois reçut de son incomparable bienfaitrice des faveurs très privilégiées'. Ce plan l'exposait bien à quelques fatigues de plus : les voyages dans ces contrées montagneuses n'étaient pas faciles pendant l'hiver, à une époque où les voies ferrées n'existaient pas encore, mais il ne s'en effraya pas. « On me menace, disait -il, de rencontrer beaucoup de neige, dans mon passage du Puy à Rodez ; je me confie

séminaire de Paris, les séminaires diocésains d'Aix, Angers, Aulun, Avignon, Bayeux, Bordeaux, Bourges, Clermont, Limoges, Lyon, Nantes, Orléans, le Puy, Reims, Rodez, Toulouse, Tulle et Viviers.

1 L'église de Notre-Dame du Puy, dit M. Falllon, était, de tous les lieux de piété que M. Olier avait visités, en France, celui pour lequel il témoignait le plus d'attrait, « parce que, disait-il, je n'en connais pas où Dieu se communique si intimement et où il répande ses grâces avec plus de libéralité » ( Vie de M. Olier, t. III, p. 460.)

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