CHAPITRE XXXV
à Notre -Seigneur, à sa sainte Mère et aux saints anges. Je serai gardé par ces esprits célestes, et j'emmène avec moi un de nos jeunes prêtres, qui sera mon ange gardien visible'. »
Une douce consolation pour le pieux supérieur, pendant ces longs et pénibles voyages, fut de rencontrer, dans presque toutes les villes où il s'arrêta, des sanctuaires consacrés au culte de la très sainte Vierge ou des saints et célèbres par la dévotion des peuples. Il était Adèle, malgré les occupations que lui donnait la visite , à y aller prier ; c'est là surtout qu'il reposait son âme fatiguée par la continuité des affaires, qu'il sollicitait la lumière d'en haut et puisait de nouvelles forces pour le travail. Au Puy, en particulier, où le séminaire est à côté de la cathédrale, on le vit souvent prosterné aux pieds de la statue miraculeuse de Marie que possède cette antique et vénérable église. Il ne manqua pas de renouveler dans ce saint lieu la consécration que M. Olier y fît autrefois de sa Compagnie; nous voyons aussi par sa correspondance qu'il n'oublia personne, dans les humbles recommandations qu'il y fît à la Reine du ciel , et qu'il eut
1 M. de Courson prit toujours avec lui un compagnon de voyage. M. de Sinéty, mort directeur au séminaire de Lyon , et M. Malet, aujourd'hui supérieur du séminaire de Rodez, l'accompagnèrent successivement dans ses premières tournées. Plus tard, M. Caduc eut ordinairement cette consolation. C'en était une, en effet, de jouir pendant si longtemps de la présence et de la conversation de cet excellent supérieur. « Il me donna alors, dit M. Malet, une multitude d'excellents conseils sur la direction des séminaires, sur les exigences de la vie de communauté et sur l'esprit de Saint -Sulpice. La conversation de ce bon père était pleine de douceur, d'édification et d'intérêt ; elle m'a été fort utile. I)
même la dévotion d'y faire brûler des cierges , pour quelques-uns de ses amis de Nantes dont la santé lui donnait des inquiétudes.
Au Puy, M. de Courson visita aussi avec respect et amour la maison où naquit la Vénérable mère Agnès de Jésus ; il se rendit ensuite à Langeac , à huit lieues du Puy, pour y vénérer les précieux restes de cette grande servante de Dieu, si chère, encore aujourd'hui, aux enfants de M. Olier. Il avouait dans une de ses lettres qu'au milieu des préoccupations de la visite, ce pieux pèlerinage, ainsi que celui qu'il fit à Toulouse, au tombeau de saint Thomas d'Aquin, lui avait fait un grand bien. « Je porte ma croix de bourg en ville, disait-il, et quelquefois elle est bien pesante. Dieu me soutient et veut que je mette en lui toute ma confiance. Notre-Dame du Puy, la Vénérable mère Agnès, saint Thomas d'Aquin m'ont encouragé. J'ai fait ces dévotions avec bonheur. C'est au ciel, auprès de Notre-Seigneur, de sa sainte Mère et des saints qu'il faut chercher sa force et sa consolation. »
Plein de ces pensées, M. de Courson continua de visiter tous les lieux de dévotion qu'il rencontra sur son chemin, en sorte que de tous ses voyages, entrepris pour faire la Visite, il n'y en eut pas un qui ne méritât d'être considéré comme une suite de pieux pèlerinages. Nous ne connaissons pas tous les sanctuaires où il se rendit, mais nous savons que jamais il ne passa à Lyon sans monter à Fourvières , jamais il ne quitta Bayeux sans être allé se prosterner dans l'église de Notre-Dame de la Délivrande; à Clermont, il fit le pèlerinage de Notre-Dame du Port, en grand honneur dans tout le diocèse ; la visite du séminaire