‹ Vie de M. de CoursonChapitre 25 sur 336 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

sieurs fois depuis l'ordination ; 'c'est un plaisir de l'entendre. »

Le pieux ami qui rendait cet honorable témoignage était M. Louis Richard, ancien condisciple de M. de Gourson au petit séminaire de Nantes et dont nous aurons bientôt à faire connaître la sainte mort. Ce jeune ecclésiastique, ainsi qu'on le voit dans la vie de M. Mollevaut, avait été prévenu dès l'enfance de grâces extraordinaires; au séminaire de Nantes, où il fit sa première préparation au sacerdoce, il goûta un bonheur si pur qu'il aurait désiré n'en jamais sortir. Étant arrivé à Issy pour s'y disposer à entrer dans la compagnie de Saint-Sulpice peu de mois avant que M. de Gourson reçût la tonsure, il s'était promptement lié avec un compatriote dont la ferveur actuelle était si parfaitement en harmonie avec la sienne. Dans ses fréquentes lettres à M. Morel, il avait toujours quelque chose à dire à la louange de son fervent et vertueux ami.

Les vacances de 1819 ramenèrent M. de Gourson dans son pays natal, et il reparut dans sa famille avec l'habit ecclésiastique pour lequel il avait déjà un respect et un amour qu'il ne craignait pas de manifester en toute rencontre. Quelques jours après son arrivée sa respectable aïeule lui ayant dit d'un ton assez sec qu'il s'était bien pressé de prendre la soutane, il lui répondit respectueusement : « Gomptez-vous pour peu le bonheur de porter quelques années plus tôt l'habit ecclésiastique. »

« Mais, ajoute M. Bahuaud , qui en ce temps le voyait tous les jours et à qui nous devons ces particularités édifiantes, en prenant l'habit de l'état ec-

clésiastique, il en prit parfaitement l'esprit. Il est bien rare de trouver dans un jeune homme de cet âge tant de sagesse, tant de gravité et une si parfaite modestie. 11 n'y avait rien de séculier dans ses entretiens, rien qui ressentît la vanité. On était touché en le voyant à l'église ; il avait alors un air de piété et de saint recueillement qui attestait sensiblement combien sa foi était vive. »

II est d'usage à Vallet que, pendant les vacances, les séminaristes qui ont l'habit ecclésiastique remplacent les vicaires pour la récitation du chapelet, à l'issue des vêpres. Aujourd'hui encore, après plus d'un demi- siècle, les vieillards, dans cette localité, se souviennent de la consolation qu'ils éprouvaient en voyant M. de Courson monter en chaire pour remplir cette modeste fonction , tant étaient grandes la modestie et la piété qu'il y laissait paraître.

Le pieux jeune homme n'était pas un sujet d'édification seulement pour sa famille et pour les paroissiens de Vallet , les ecclésiastiques qui le fréquentaient se sentaient ranimés dans la ferveur par ses exemples. Ils étaient surtout frappes de sa fidélité à ses exercices de piété, que rien ne pouvait lui faire omettre. Un prêtre qui l'accompagna dans un pèlerinage assez long raconte qu'étant partis de grand matin et n'ayant pu faire oraison avant le départ, M. de Courson, une fois en route, proposa de vaquer à cet exercice de piété. On cessa donc la conversation et, tout en chevauchant, on fit oraison pendant une bonne demi-heure.

Entre les pèlerinages qu'il aimait à faire pendant les vacances on peut bien placer les fréquentes visites

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